‹ Les diners du baron d'Holbach, dans lesquels de trouvent rassemblés, sous leurs noms, une partie des gens de la cour et des littérateurs les plus remarquables du 18e siécleChapitre 5 sur 41 · DU CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

DU CHAPITRE PREMIER

(i) t)*ALEXBEftT, abandonné en naissant par sa mère, aToit été exposé sur les marches de Téglise de Saint-Roch : recueilli par des prêtres , élevé par la charité ecclésiastiqae , ce qui donne le caractère le plus odieux d'ingratitude à la haine constante et envenimée qu'il a depuis montrée contre tous les prêtres, et à son impiété. Rien n'égala le cynisme et la duplicité de sa correspondance avec Voltaire : aussi acharné que le chef contre la Religion , il lui recommande sans cesse des ménagemens, des précautions, des tournures et de la dissimulation , et c'est ce qu'il a constamment pratiqué dans ses écrits. L'abbé Morellet lui reproche la mauvaise habitude de jurer continuellement dans ses entretiens familiers et philosophiques , et dans ses lettres à ses amis ; c^est ce qu'on trouve en effet dans ses lettres à Voltaire, qui lui répond sur le même ton. Tels étbient les sages qui ont excité tant d'enthousiasme. Il n'y a dans les lettres de d'Alembert à Voltaire , qu*ime bonne chose ; ce sont les conseils qu'il lui donne relativement aux commentaires sur Corneille ; ces conseils sont remplis d'esprit et de raison : il est dommage, pour, l'intérêt de Tart dramatique et de la littérature » que là plus basse jalousie ailt empêché Voltaire

d'en profiter. D'ailleurs, les calomnies sur tous les défenseurs delà Religion, les expressions grossières en tous genre» ^ et l'esprit haineux et persécuteur , souillent à chaque page cette correspondance , et la rendent aussi dégoûtante qu'elle est scandaleuse. D'Alembert a soutenu toute sa vie son animosité contre les ecclésiastiques , et son acharnement contre la Religion ; cependant il pairoit certain qu'au lit de la mort il eut quelques mouvemens de repentir , puisque M. de Condorcet dit dans ses ouvrages, qu'il arriva à temps ^ et que sans lui d'Alembert eût /ait le plongeon.

L'abbé Morellet assure nettement dans ses Mémoires que Diderot et le baron d'Holbach étoient ouvertement athées , la plus grande partie des antres étoient déistes; ce qui revient au même quant au résultat, puisque le dieu des déistes ne ve;ut ni culte ni prière , et qû*il est si bon qu'il ne s'offense jamais et pardonne toujours. Diderot aussi fîit tenté, avant de mourir , de se jeter, dans les bras de la Religion ; le .même M. de Condorcet, pour prévenir ce scandale ^ l'emxnena sur le champ à sa maison de campagne , où il mourut le lendemain. Quelle a été la mort de celui qui empêcha ces deux conversions? Victime des principes philosophiques et des disciples.de la philosophie, pour se soustraire à l'échafaud , il s'empoisonna ! . . ..

L'abbé Morellet recevoit de l'Eglise un bon prieuré, et sous le yoile de l'anonyme déclàmoit contre l'Eglise et la Religion: on sait, et il l'avoue lui-même dans ses Mémoires, qu'il outragea, daps un iiffâme pamplijet, madame la princesse de JR*** , parce qu'elle nrotégeoit Palissot^ auteuf' de la pièce des Philosophes 'f maid^me de.R*** étoit malade, et cette insulte hâta sa ^n et,)a fit mourir subitement; elle avoit déjà ,^t^i insultée et pl^s , grossièrement encore (mais ellel'avoit .ignoré ), dans un écrit de d'Alembert i il faut avouer que ces

procédés philosophiques ne sont ni philantropiqnes , ni ch»* videresques.

DamilaTilIe et Thiriot éloient les personnages snbaltemes ^ emplojés surtout à colporter et répandre les libelles, à cabaler en tons genres , et à faire de temps en temps q[aelqnes artides et quelques petits écrits.

(2) Yoiâ des vers que M. de Voltaire ne rougit pas d'adresser à madame de Pompadour , après la prise de Bergop-Zoom; et qu'on ne rapporte que pour citer la réponse remarquable qu'on y- fit :

Les espritt et les conin et les iSèttiparts terribles , T<mt cède à votre amant , tout fléelût sons sa loi , £tBerg-op-Zoom et toos, tous êtes invincibles;

Vous n^aret céda qn'à mon soi n Tola dans vos bras du sein de la Tictoiie ;1 Le prix de ses lauriers n'est qae dans yotre cœar ;

Rien ne pent augmenter sa gloire , ' Et vous augmentez son bonbenr.

Quelle bassesse! quelle révoltante, et grossière indécence! On fit à cette honteuse flatterie la réponse suivante, au nom de madame de Pompadour, et en employant les mêmes rimes et dans les mêmes mesures :

• En célébrant Louis et les remparts terribles, . Qui, malgré leurs effi>rts, ont flécbi sous sa loi, Cest à toi de cbanter ses annes invincibles^

Non les fbiblesses de ton roi :

Mon amour ne fut point le prix de sa victoire , Il fut ^ sans ses travaux , le maître de mon cœur ,

Et cVst kial célébrer sa gloire,

Que de parler dé mon bonheur.

Je vais transcrire ici le jugement qa'k porté stfr M. de Voltaire, un homme de génie, et Tun des premiers écrivains de ce siècle , M. le comte de Maistre.

« L'admiration effrénée dont trop de gens entourent Yol- » taire, est le signe infaillible d'une âme corrompue. Qu'on » ne se fasse point illusion ; si quelqu'un , en parcourant sa » bibliothèque , se sent attiré vers les Œuvres de Femey , 9 DEév aerâîiMH y ¥«llMn a prononcé contre lui-même , » sans s'en apercevoir , un arrêt tcrr ibfe^ <■» c'est lui qui a » dit : ii/t esprit corrompu ne fut jamais sublime, f&a^Êl^st. » plus vrai, et voilà pourquoi Voltaire, avec ses cent volumes, V ne fîit jamais que joli; j'excepte la tragédie où la nature j» de Touvrage le forçoit d'exprimer de nobles sentknens » étrangers à son caractère ; et même encore sur la scène , y* qui est son triomphe , il ne trompe pas des yeux exercés. » -Dans se» meilleures pièces , il ressemble à ses deux grands > rivaux, comme le plus habile hypocrite ressemble à un » saint. Je n'entends point d'ailleurs contester son mérite » dramatique , je m'en tiens à ma première observation ; dès » que Voltaire parle en son nom , il n'est queyo/i; rien ne » peut l'échauffer , pas même la bataille de Fontenoy. Du » reste , je ne puis soufirir l'exagération qui le nomme uni-^ 9 verseL Certes , je vois de belles exceptions à cette univer- » salité. Il est nul dans Tode ; et qui pourroit s'en étonner? » L'impiété réfléchie avoit tué chez lui la flamme divine de » l'enthousiasme \ il est encore nul , et même jusqu'au ridi- » cule , dans le drame lyrique, son oreille ayant été absoluto ment fermée aux beautés harmoniques, comme ses yeux » l'étoient à celles de l'art. Dans les genres qui paroissent )> les plus analogues à son talent naturel , il se tra^e ; ainsi 9 il es% médiocre , froid , et souvent (qui 1^ croirait?) lourd » et grossier dans la comédie \ car le méchant n'est» jamais

comique. Par la même raison , il n'a pas ' sn' faire ime épigramme , la moindre gorgée de son fiel né pouvant couvrir moins de cent vers ; s'il essaie la satire y il glisse dans le libelle; il est insupportable dans l'histoire, en dépit de son art, de son élégance et des grâces de son style; aucune qualité ne pouvant remplacer eelles qui lui manquent et qui sont la vie de l'histoire, la gravité , la bonne foi et la dignité. Quant k son poème épique, je n'ai pas droit d'en parler; car pour juger un livre , il faut l'avoir lu, et pour le lire, il faut être éveillé. Une monotMMriw seupissante plane sur la fdupart de sea éerhi, qui n'ont que deux sujets , la Bible et ses^eaMOix» : il bfaùsphème ou il insulte. Sa plaisanterai d vantée , n'est cependant pas irréprochable; le lire qu'elle excite n'est pas légitime; c'est une grimaeè. Seiûblable à cet insecte, le fléau des jar^ dins^ qaà n'adresse sa morsure qu*à la racine des plantes les plus précieuses , Voltaire, avec son aiguillon , ne cesse de piquer les deux racines de la société , les femmes et les jeunes gens ; il les imbibe de ses poisons qu'ail transmet ainsi d'une génération à une autre. Cest en vain que, pour voiler d'inexprimables attentats , ses stupides admirateurs nous assourdissent de tiiàdes sonores où il a parlé supérieuronent des objets les plus vénérés. Ces aveugles volontaires ne voient pas qu'ils achèvent ainsi la condamnation de ce coupable écrivain. Si Fénélon , après avoir écrit Télémaque, eût fait le livre du Prince, il seroit mille fois plus vil et plus coupable que Machiavel. Voltaire ne sauroit alléguer, comme tant diautres, la jeunesse, l'inconsidération , Tentrainement des passions , et pour terminer enfin, la triste foiblesse de notre nature. Rien ne Tabsout; sa corruption est d'un genre qui n'appartient qu'à lui; elle s'enracine daiis les dernières fibres de son coeur et se

fortifie de tovites les (oices de son entendement. Toujoi^ alUée au ^açr^ége y die brave Dieu en perdant le&hûnotmes* Atcq une fureur qui i^'a pas d'exemple ^ cet insolent lilaspbémateur eu; vient à se dçdarçr 1-enuemî personnel /du Sauveur des hommes.; et.çetle loi adorable qufi r£[<papane- Dieu apporta. iSHr la terre., ill l'appelle VJnf4me^ jMk^ai'^ âoûné de .Dieu ^ 'qui |»unit en se retirant, il, 19e co«iioit plus defirein. Dautres cjniqi^Sf^tonn^rent la vertu» Voltaire étonnç le vice. U se .plonge dans la faiigej^7îZ s'j roide , il s'en abreuve r il ti^e jsoA imagination^ a. Hentbou*siasme de l'enfer qui lui prête, toutes ses forces pour le traîner jusqu'aux limites. du snal*,!! inventé des ptodiges , des monstres qui font pâlir; Paris le c&pronnafy.iSodome Teût banni. « ; . > . ,

(Sbiires de Si.-PétéFtboêftt'i'.Uimé 1*5, pag« 97 x etsuiv.)

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