‹ Les diners du baron d'Holbach, dans lesquels de trouvent rassemblés, sous leurs noms, une partie des gens de la cour et des littérateurs les plus remarquables du 18e siécleChapitre 6 sur 41 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Suite du précédênti

On vient de voir une partie des moyens et des choses qui contribuèrent aux succès des eDH> cyclopédistes; leurs cabales ,. leurs intrigues et leurs complots se trouvent patfaîlement détail-* lés dans leurs lettres , et surtout dans la corres-» pondance que tious possédons complue depuis peu de teinps; où en citera plusieurs fragmens dans cet ouvrage ; mais Voltaire et ses amis durent leurs plus grands triomphes à un mot véritablement magique, par TefFet qu'il produisit sur «a nombre infini de personnes de toutes les classes; ce grand mot de ralliement fut : tolé*^ ranca.On confond volontairement, depuis 60 ans^ jl'iudifférence sur le relâchement de la morale et l'oubli de tous ses principes, -avec la tolérance; il faut être toujours tolérant pour les personnes (^ï),.et ne jamais l'être pour les erreiu's. Ou

(et) A. Moins qa'^és'n'mweni la folw d'utte^er ovitx-

ïie compose point avec la morale , et Ton ne doit pas i pas? éonîé de Câ^i^e^A*^, s'aoconamoder d'un mauvais principe ; il faut au contraire le combattre avec toute rénèFgie^4'uiie juste indignation.

Veut-on voir "des éeh^nn^lofis de la tolérance philosophique^ en voici quelques-uns : Lorsque M. de Voltaire donna ia tragédie de Sémiramis / on en fit une parodie, et on pouvoit la faire ltoimav/>parC6qiiéV V^^^é lemérile^t Téetat de) eette Jsdtte ffiècë^'eUe est rompre d'ittysaisemU^^ncbsI et^qu^c^ièi^jiian eiLJe9t^ xiéfràliiéiiK. ML ite^ Vohaifféifit agilr tous sie&.aB3i& , |Hkur que le 'p(Mav]dir/ijni>itiaire etopéebâ orepcésënlaticnq ) Ae'>Y:ôt(e . vpaBodie; il < éeiwit à - la ^ jdudbes^ç dtt >Li;ic}ïnbftV'p<Ô3iii^i^â^il8t Rieir}e,à:la:failDeidé«^ feiïdve (lkipiè€èL)él;Diti<léâiëeià;ofilteprtQfîe9S&)^ Iidt^lR.éi»6r filirépondsrévpar rnadaiiie deiLiiynes, qise ieà pztnBfiâdSiéfioùsiit.d'iiaage^ et ^>an aamt tNtM^eM-fTixfgde. fijmsile't^ps.bù r^âaae? litià* ràù^ :alf iii t nn . igràud Domhne ' de : spuser îp touri^ H;ide Ï0l)ab^(écBn9iuljà(ses<abii^ ^\,

» rVécrabetiiést .fe^fJ^in; .paai& toutes. les^^p^v»-*

tement la religioi^ , le gouvenxenieqt ou la morale pnblîquef* Il y a chez toutes les nations des lois qid punissent 'des délits si graves ; il faut espérer, pour l'intérêt de la société , que la pliilosopiiîie.ne fâsricndm javMs^ lç$liijff§iAkrq6er.

* sions s>i»éaîïfi|s«i?J; f^vfpt 1^ h^iflq ùorâmU » WPJ« PQTfe à.,rino.p,u4ent (>ç»qr{]VÏ' Ornera*

» hfine peut céàefi à^ I^.iraUoai eif puisque je d0 » puis lui çotjper If çaa^n .dopii U ^ ^fiîàl son in- » famé réquisitoire («), j> ^Jgj^^pnn^ àiBop » ^ypocrisj^ r à, f3,fla4(îtiî«ippjé jd^.pii3^.„«|;,4 ». tpute la Doipcçup (ile som jÇia^aptè^e.; ']!^^ apg$g » (M. (Çt Mad,. 4'Arg«iitj|l),;si j'aj?<aif ç^n* ipillç i^\iSmwi^6i, je gai^ ti^aqt cp qpe je..%ois;;nîai^

«WfflSPe^^je »^4ç*9Jrpas,jeçopa5aWijieï^,àP4l

» cette secte abominable ( les chrétiens. )j» (Z^f ^/w de f^oltairej. « Si mon cher ange ( M. d'Ar- » gççW) pwwnt ^. fe?^ gb^s^fp^te ^ûjipPStre » f ^^ ,:qrtj rt4^^<)|ipj^ Ift liitémfiurÇî dq«« si ? Iqi!^J^«^#t ljB^.>geo> d& içj*r^^.|aiélfivçFftnt

fa) ÔwvTSLse plein de force,, cte raison et à*éloquence. contre des brochures exécrables que Venoit de publier M. dé Voltaire.

(*) Trag^fié <ïtiî ircnoit de tdmber, et que toutes ses in-*

trigues ne purentt relever.

Wiêmey En 1767, il écrivit à Marin, censeur t-byal : « On dît qû-onâ ôté à Ytèton ses feuilles; >} mais quand oii- saisit lés poisons de La Voisin^ » on ne se contenta pàsr de cette cérémonie (a) ». La même année, il dénonce M. de la Beauiïielle au maréchal de Richelieu, parce que la BeaumeUe avôit écrit un ^it contre la famille de Richelieu. Voltaire engage le maréchal à chassei^Uà Beaumelle dé son gouvernement, ce qui eut lieu. Il fit chasser J.-J. Rousseau de Genève, et il écrivoit à la^ maréchale de Luxém^ bôurg : cpt il plaignait beauôéup M. Aousi^uu. Dans te même temps , il attisoit en secret les troubles dé GêiïèVfe,' et il écrivôît aux indifEérens qu'il ne s'eii méioit en aucune manière. Ydici sur ce sujet sa lettre au duc de Choiseul; alors mihistret • - 1 <? • .

« Si j^otoiâ , je VoUs supplierbis d'engager M. de » Hauteville à demeurer , en vertu d^ la garantie^ % le maître de juger de toutes les contést^iûns » qui s'éleverotit toujours à Genève; Vous seriez % en droit d'envoyer un jour à V amiable une » bonne garnison pour maintenir la paix , et de » faire de Genève , à Y amiable^ une bonne place

{a) n Touloit donc qu'on le brûl&t tout TÎf? Daïis son Dictionnaire il dit que M. de la Beanmelle màîte le carcan. *

2> d'annes ; quand yous aurez la guerre en Italie^ » Genève dépendront de vous à V amiable , mais.. »

Cette lettre infâme, finit là , et ainsi ..avec, des points (a). ' . , . . .

U écrivoit au roi de Prusse pour l'engager à persécuter les jésuites qui l'avoient élevé {b). Dans une autre occasion , croyant la ville de Thorn au pouvoir du roi de Prusse , il l'exhorte à venger sur les prêtres de cette ville , un acte de rigueur , compiis cinquante ans auparavant contre des écoliers impies. La réponse du roi fut admirable ; il se refuse à cette vengeance ; il dit iju'il se contente de faire élever un monument

(a) Genève l^ii accordoit Hiospitalité la plus généreuse , et il faisoît en secret tous ses efforts pour la perdre , pour l'asservir. Il fout voir, dans ses Lettres , les détails de cette basse duplicité ; ils sont horribles ^ et trop longs pour les rapporter ici.

{b) Il fut puissamment seconde , dans cette persécution secrète, par d' Alembeirt , qui détestoit aussi les jésuites , et qui, dans toutes ses let^es au roi de Prusse j^ employoit tout son crédit sur l'esprit de ce pvince h tâcher de rengager à repousser de ses États ces malheureux fugitifs. Mais ce fut en vain ; le roi de Prusse eut le bon esprit de les recevoir, de les accueillir, de les établir dans une province catholique delaSilésie , 4^ leur permettre d'y fonder des écoles, des-quelles sont sortis les hommes de l'Aile iiagneJes. plus dis-^ tingués de. et temps.

8ur la totribeâù femetik Gôpèftlic , qni se tThuvoit enterré dans iîbé petite ville delà Varmië, et il ajoute : « Croyez-moi, il vaut mieux, quand i> tin lé peut , Wcômpehfeéi^ ijpàe jiunîr ; rendre » des hommages au génie , que de vèhgèt Ûék ^ àtrodtés dépuis tôiig-itétypii' b(ttcimises. i) Voltaire intrigua vairieinéiit poilt faire enïermet'o^ dû mbins fchàsset rkmi-^hiïbsèpfcie sSàtitïqb CSë-

ment. -

Comme il dl^testoit lés pàrtëmens qui kvbîéril; flétri ées ouvrages, il dit et réjfi^éte dani ses lettres, que lorsqu'ils foht des i^epïësfeiitâtiotis ail Rbi , ils sont des liiÉoténs. Quatid le parlement 'fiit exilé à Grendble , il écrivoit qtife le iKoi mêloit à sa bonté des actions de fermeté , et il applau-» dit fort à cet acte , qù'é daii^' «ëà principes il devoit trouver si tyrànnique , et côriVrè te seul porps qui éutllç droit d'opposer dé Ta résistance à des volontés despotiques. Et quand ^ par une violence inouie , le parlement fut cassé , il approuva entièrement ciettè viôlehcé, et il écrivit âù nouveau chahcelierMeaupéû dtes lctti*çs tetan plies des plus baisses flàttéHés (ia).

(a) n s^est Beaudbup inoqué du ^and Corneille V parce qu'n avoît dëdîé une de ses tràgëdiés au sieiir ]iîdntduroh\ trésoHer lie V épargne, il ajoute qu'oïl est fâc'^é qull ^é '11d[| pas appelé Monseigneur (je le croîs bien); maïs est-il impbslible d aimer un trésorier de Vépar^e? Et ${ ce trésorier èçt

(39) Dans toutes, ses letttas aûl grands seigixeuvi^ il affséte des sentimens pdeins dé doUoekir et de modération ^ et it montré à ses amis une âme haï*neiise jusqu'à la fureur. Il leur écrivoit qo^^ou*droili Toir tous les jansénistes jetés danJ^ ia mer avec un jésuite au <!oi]u Belle pensée tpsd Dnierot a pillée:, lor^u'il a sôtdiaité <|uè le damier roï fûtétran^ tJtvec les bqpuuc da demienpretre{a). • TeDe ëtoît la tolérante des pbilosaphiAés ; aussi telle a éUé oelie des jacobins. Qu'entoodâièbt^iU

im hoUnète homme , cûmme je le suppose û'ict^tttni de Cor^ Mille', iie irattHr-û pas hÂenx lai dofeM;^ eelte mlil^e pQ->hiîqiib d'atladkemeat , que de rendre ce ot^me bomniligv à |> plBs ^and^euae cpncubiAci de. la Fr^^«, cpnuae Ta fsât M. de Voltaire, en dédiant un de ses ouvrages à M">^ de'Pompadoiir ? Et depuis il prodigua les âatteries à M'""" du Barri , qui venoil de Taire câdlër lediïc de Choisctd/blénfaitèùrdëM. de Tôltairei le duc, pont cette bassesse» sel)r6\nlla st^écï^ pXiéo^ tophe. CM sÊQjMilf . de V^Mi^e^él; dSftflr S6tt IHctbitàfiâ^e» tu «ot JveUe {Hpîèred';}; 'eç^tiaçÊaM M; ^SaMie, iieittenanjt de poliee, a Agrippa. Le grand Corneille n'a jamais fai^ ni de telles actions, ni de telles comparaisons.. Au reste ^ -M. de Voltaire a dédié sa tragédie d'Alzire à un, négociant, dont l'état n'est pas supérieur à ^elui de Wio/ier-^'/tera/»

(a) On voit même , aans les Lettres de Voltaire et de d'Aïéiiîbèrt , '^^'te^^^^^nt -tôûs les' ééux fiôrfr ébgager hmpiratrice de Russie à faire chasser honteusement de Pékin un vertii^ttY^v ini^ôfs^iiiai^'e/^. la CUniçô, rç^m Tài^pératticc ne se prêta point à cette étrange animosité^ < .

donc par tolérance} Liberté entière de tout écrire et de tout faire pour eus; et leurs partisans ; mais violences , despotiâone et cruanté contre leurs ennemis. ^

Les détracteurs delà religion ont soutenu que les guerres religieuses n'ont été connues que parmi les chrétiens. Cette assertion répâée dans^ tous leurs ouvrages , et particulièrement dans ceux de M. de Yokaire , est d'autant plus extraordinaire , que l'histoire ancienne et moderne en démontre évidemment la fausseté. La religion musulmane estyde tûutei^ les religions, celle qui a causé le plus de guerres et de sanglans démêlés, parleslopgues divisions des sectes Alide et Omniade; et l'histoire prouve encore que les lois des Grecs 6t des Bomains ont été décidément intolérantes sur le culte. Cependant M. de Voltaire a écrit : que de tous les anciens peuples , aucun na gêné la Uberté de penser s qne^ chez 4es Grecs, il ii*y eut que le seul Socrate i^er^éxxiXé pour ses opinions'; que les Romains permirent tous les cultes , et quHls regardèrent là tolérance comme la loi la plus sacrée du droit des gens, (a)

Je trouve dans le savant auteur des Lettres de quelques Juifs ^ une excellentç récapitulation des

(a) Ttaùé delà iàiéhxncé ; àrûdé'rSi' les Romains ont éfé

traits qui prouvent l'intolérance des anciens ; voici cet extrait rapide et détaillé : ^

a L'intolérance étoit ujn principe de législa- » tion, une maxime de politique reçue chez les » peuples anciens, même les plus vantés. En effet, » quand on voit Abraham persécuté pour sa relij» gion dans la Glialdée, et le célèbre 2k)roastre,le » fer et le feu à lamain^persécutant dans le royaume » de Touran ; quand on voit les Hébreux n*osep » of&ir des sacrifices dans l'Egypte, de peur d'ir- » riter le peuple contre eux; les Perses briser le^ » statues des différens dieux de l'Egypte et de la » Grèce ; et les différens nomes égyptiens s'ar- A mer tantôt contre leurs vainqueurs , tantôt les »uns contre les autres, pour défendre ou ven*- » ger leurs dieux; il me semble qu'on peut bien » ne pas les regarder comme indifférens sur le » culte. ... r Ne citons, point ici les villes du Pélo- 9 ponnèse, et leur sévérité contre l'athéisme , les jf Ëphésiens poursuivant Heraclite comme impie, > les Grecs armés les uns contre les autreâ par le ^ zèle de la religion dans la guerre des Amphic- » tiens. Ne parlons ni des affreuses cruautés que » trois successeurs d'Alexandre exercèrent cou- » tre les juifs, pour les forcer d'abandonner leur acuité; ni d'Antiochus, chassant les philoso- * phes de ses États; ni des Epicuriens bannis de » plusieurs villes grecques , parce qu'ils corrom-

» et des magistrats supérieurs nonmiés pour les » faire observer plus sûrement. Vous y verrez le D culte de Sérapis et, d'Isis interdit, et les ora- » toires de ces nouvelles, divinités démolis par » les consuls, Tan 536; des décrets des pontifes » et des sénatus-consulte$ sans nombre contre » les religions étrangères, citées au sénat Fan 565, » et u^ nouveau culte proscrit Tan 6^3. Cette » intolérance ne discontinua point sous tes em- » pereurs j témoins les conseils de Mécène à Au^ 3> guste (a), non- seulement contre les athées et » les impies , mais contre ceux qtii introduis » soient ou honoroient , dans Rome , d'autres » dieux que ceux de l'empire, témoins les su- » perstitions égyptiennes proscrites. Les dieux

(a) Les Conseils de Mécène à Auguste^ Voyez Dion Cas-sius , lib. XLII. «Nous croyons, dit Tauteur des Lettres de » quelques juifs , devoir rapporter ici en entier le passage î> de cette histoire. Nous le traduirons littéralement,' d'après »lq texte grée. Honorez vous-même , dit Mécène à Auguste, » honorez Soigneusement les dieux selon les usages de nos »pères, et forcez les autres de les honorer. Haïssez ceux » qui innovent dans la religion, non -seulement à caio^ » des dieux; (qui les méprise ne respecte rien) , mais parce »que ceux qui introduisent des dieux nouveaux engagent 3> plusieurs personnes à suivre des lois étrangères, et que de ))là naissent des unions par serment , des ligues,,<;des;<a£(SO<x»ciations, toutes choses dangereuses dans la çionarciiieu r^e » souffrez point les athées, etc. » (Note de V auteur des Lettres. )

j» étrangers ^ que le relâchelnént de la discipdîii^ » avoil introduits , chassés sous Claude ; les jui& D bannis pour leur religion, sous Tibère; mais 0 témoins surtout les chrétiens exilés , dépouillée » de leurs biens, et livrés si long-4:emps ^ et en si » grand nombre, aux plus cruels supplices, uni* » quement poiu* leur religion , sous les Néron , ji les Domitien , les Maximien ^ lés Diociétien , » et même sous les empereurs les plus humains , » sous Trajan ,sous Marc-Aurèle. Les lois ménies, » que les philosophes d'Athènes et de Rome écri- » virent pour des républiques imaginaires , sont » intolérantes. Platon ne laisse pas aux citoyens » la liberté du culte , et Cicéron leur défend ex- » pressément d'avoir d'autres dieux que ceux de » l'État. »

On voit si les anciens peuples n'ont jamais gêné la liberté de penser^ si chez les Grecs So-" craie fut seul persécuté ^ si les Romains permis* rent tous les cultes et regardèrent la tolérance comme un droit sacré. Cbnçoit-bn que l'on puisse faire imprimer , avec cette confiance , des mensonges si grossiers et dont la réfutation étoit si Ëicile à faire ? Cest ainsi que M. de Voltaire a écrit dans tous les genres. C'est encore lui, qui en écrivant du fanatisme dans l'histoire du siècle de Louis XIV, dit: Cette fureur fut inconnue au paganisme; il couvrit lu terré de ténèbres ^

tdisùn j de la ^vélatiori et de la politique, tcî titre seul annonce la conception la pltis morale et le plan le plus étendu; si cet ouvrage eût eu la réputation qu'il de voit, avoir j il eût servi de préservatif contre le système philosophique moderne. Voltaire ief ôes sectateurs le sentirent, le génie du mal leur inspira ce qu'ils dévoient faire dans cette occasion i La géiiéf ation , qui s'éteigùoit j connoissoit l'oUvrage et Testimoit ; les philôso-^ phes tta^aillùient pour la jeunesse, et pat leurâ nombreuses brochures s'étoient emparés de tous ses loisirs. 11 s'agissoit de l'empêcher de lire cet excellent ouvrage de l'abbé de Caveirac : Le critiquer étoit difficile et hasardeux, fet d'ailleurs c'étoit un moyeu sûr de le faire lire. Oii prit un autre parti : les calomnies aiilsi que les délations ne coûtent rien aux chefâ de parti et même k ceux qu'ils font agir. Voltaire et ses sectateurs, n'osant attaquei" le livre de l'abbé dé Caveirac , résolurent de déshonorer l'auteur, et de le rendre un objet de itiépris et d'exécration. L'abbé de Caveirac avoit fait anciennement un Mémoire sur le Mariage des Cahinistes ^ à la suite duquel il avoit ajouté une Dissertation sur les journées delà Saint'Barthélemi. Le titre n'annoiiçoit rien qui dût piquer la curiosité ; on ne lut point cette brochure qui resta à peu près ignorée; l'édition, au bout de douze ou quinze ans, fut dispersée; ou

ne la troùvoit plas dans^' ïe commerce; l'auteur

mourut : alors Voltaire s'eiiipàra'ide Potivrage

pour le travestir, daù^ UtI 'éïtt*ait' calomnieux,

avec la plus impudente fausseté. Il écrivîri' ré^

péta dans tous ses pamphle):sv ^i ât^'répétef' ^r

toute sa secte, que Tabbé de'Cavéii^c étoit ^txn

monstre qiii avo^t fait , dans cet pU'wagè , la plus

infâme apologie de Ih Sàùtt-Barthélethi. Ôni le

crut , et Tauteur et ses ouvrages, npn-^seulemêht

perdirent toute réputation, mais tombèrent idans

un pt*ofond mépris isui^ la parole de tant' d^<oa4

lomniateurs réunis.- Quel triomphe^ pour la' séefe

d'avoir ainsi couvert t d'ignominie Uû* hciinine

plein de talens, qui>étoit piè«ïi fet cjpii étoit prêtre;

et de plonger dans ToUbti des; ouvrages iùmit

neaK contre lef phiiosophismeUJiG^end^nt 4e

temps qui tôt ou tard dévoile là vérilfé^j fit eon*^

mit^t à quelques ^ens de lettres (miis dépiiisliâ

mott de Voltaire) ciet^ouvt^gè^ei'abbé de Ci^^

veirac, et ils virêi^t, âvet autant > d'indignation

qfue^^ dq surprise^, ^^de touffes lé$déciam»ti<!)iis

contre cet ouvrage W^tois^r • qu^l i ^d'attiocës t ca<«

loitinies. Le seul bubjde l'àà^ui^ dans^cetécrit,

a été dè'jproûve^ t^u'il^piépt^moins^de. nitindfi

dans' -ces horribles joqrbées qu'on ne l'^voit arÀ

d'abord. Voici à ce sujet comment il s'exprime ;

m Éloignés < de* idetts fitècles de^cet affreux ^vé^

3f nenieut ^ nous poufvonls en parier, non sapis hov*

» 3««l*.ê(W !l>pt»?»l>§tç»r Meite 4f s ^9$ PH :1e oç^r

»;cjw, tQ«t:§totteieîir^^4lhu»^smrt^ n'est paif.ea-

Hfsi^jthiitemi^ f%te; pftit Jïf audé ^ ^4an§ ^op Uvl?e intitulé ;.5D««ic«a^,i3r^fiife, :<î^^.l§cpietil loue ce

maS3Pci;feW^Qrp«ti«i;d^44:ï>lu5.l\3wïes^^

swia^ Qtt ^fg^Qr. «fi(;^ijl.iïilftuxr%8^ i^f W^^d!^

pi4fe«wài$ilèricf^ïïte*rfp^ ^oiti impie jQt

seor.decitei4^iki^piH$imi>^i9)^lv:: .ui^.

nkfintnr ani/bc Qètiie;iiàp.i^ëfii^ dwfii^ lUl^Uçç et

rècommaiidoit sans oeste^:^ -IVùh'pas timide^ » tnent^ disbit Voltaire j nonpâspfom mt, temps; )» mais hardiment et^t^'ôurs.*. iM^nte^mëis amiSj » mentez , je '^oui lemndMi^iis t^ccésibn (^). >>

. Avec cet esprit- de tflensértgé' fet d'imposture , qui fat parfsiitenieni: «ecOHdé' par • -d^Aleiïibert , on n'est pas étonné dé^ratrckiité éet cùlômhîés qu'as ont publiées Coîritite' tous, ëeux qtn-conibattoient leurs prindi^s; ïa même' dûpKcité Iteè fit reeoarirsaais tinsse à la ^pla^ baissé hypbOi^tsié^ ôaieo; cîteara plttsieurs trak$ dahsfëi diaït^'gnes; iioûs alton^ s^étneilt ici rapporter, ùiï fragment de la pi^é&ce d'Akire et deux lettres cû'îècttses'en ce gebre-i' ' ^ -:..>;: .

-« Oiï. m'a traité dans ^ïigt*lfl)feUés (dit-il)

ifc'd'faiomnie ^nè réligioÀ; où ffeiittUveHe souTeilt 3» pette aceosâtiôii 43r«iellé d*iri*élîgîbh , parce que

*c?est' le detttîeir refuge des càlémriiatéûrsi(;é).

* Je ne fe^a^q^*orie^ute•(|ttéStièrii^jé demande

}» qui a plus de religion , ou du calomniateur qui

y perséiQUtQ » au du cah>iniiiéiq«ii pardonné ? Ces » mêmes libelles më traitent ^d^mme^ èntietdL

des livres $érieua^ 4*Wsf<>ire^ il .répoawJoit\^*qi^^ f»iXqiX.^ ^^yjçsi Français non des histoires, ins<?ff <f^-y{^iVtoWeffw%..^^. j.

(a) Lettre à Thiriot, ai octobre 1730.:"

{b) En effet , il est bi^ c'àloûiiueux dPacci^er !Mt; de Yol^ taire d'impiété !

rti "»' ■

(Bà)

» de la réjHitation d'autrui. Je ne connois l'envie » que par le mal qu'elle m'a yoùlu faire (a). J'ai » défendu à mon esprit d'être satirique (b) et il » est imppssibleàjoûon .dœur d^étre envieux (i). » Ëxapiinpns maintenant $ans partialité , ainsi que sans e^thpusiasaite, s^U est vrai que grâces à là pfiiloSQphie ,.le xyiii*. siècle ait été un siècle de lumi^reS) et que, si les grands auteurs du siècle de Lpyis Xiy.eussenj: connu Ifès* idées lumineuses et les opinions des philosophes modernes, ils n'aurpienjt pas manqué d'adopter' leurs systèmes. Ce siècle phihsophiquen^certiâM^Tneuiproàoit, ni dans la littérature , ni dansJ^s. arts , des oiv vrageà supérieurs à ceux qui oM illustré le siècle de TiOuis Xiy(;('et cependant ce beau siècle nous a la^^^ des/ipodèle^ admirables dans tous les genres , et n'en ; a trouvé aucun dans celui qui l'a pr^pécjé. lia réformé ejfe j^je^ jusqu'à notreAangue; il a tqurçjp^é fittowt^^fectipuné,^ ^.nous,

(aj Qmdief mrïre âaîustiee: ctîante , d*accuser d'ewwV 'Faus- 1^^px,^Çopj^n^a^ffbs éfR^fièoes éeComeîlU y le détracteur de Boileau , de La Fontaine (il a dit qne ce grand fabuliste n'avoit que le seul charme du. naturel) et même de Racine (voyez ïxrck. Dictionnaire phUosophîqUe)^ de.T.-B. Rousseau,, de Gresset, dé C^ébfllon , de Pômptgiian ,' etc. , et lé persécuteur de J.-J. Rouleau. '•.'•! ' ■ •. / • •• , ^ (b) Ici rhypocriqie est poussée jusqu'au ridicule )^ plos ri*sible. . . :

imitateurs heureux quelquefois^ mais toujours imitateurs , et si soiiveht au-'dessous de nos modèles j nous appelons exclusivement notre siècle un siècle de lumières !^...

Malgré toutes ces réflexions, on répète encore par habitude , que la philosophie a répandu des lumières qui manquoient absolument aux au^ teurs du siècle deljouis XIV. Que signifie cette phrase? Personne n^en ignore le véritable sens, le voici : . Les idées hardies ties phiiosophes 'Sur la Divinité^ mit la nature de liJiomme , sur Véga^ Uté, sur la /MàUté y sur le culte. ^ sur la reltgwnnaturelie ^ ont appris à raisonner^ à penser j les auteur^, du' siècle dernier n'ont pu connottre ces opinions : s^ls les eussent connues , ils n'au^ rmnt.pas manqué de les adopter. Mais ^ privés de ces lumières , ils ont été liserés aux préjugés, enfin ils n'âoient point philosophes.

. Il est vrai qu'on ne trouve , dans les écrits des piitô célèbres, aucunes tracés delà philosophie moderne ; il est encore vrai que s'ils en eussent eu les principes , ils auroient composé des ouvrages absolument diflBérens de ceu^ qu'ils nous ont laissés. Cette idée doit-elle faire regretter qu'ils n'aient pas cultivé la philosophie? Par exemple , cet admirable discours de Bossuet sur l'histoire universelle , nous ne l'aurions pas ; la Religion en est la base , et c'est elle seule qui

mmmmmm^i

peul; idonner cette, forc^ na^estïDeasé 9 et cHte;sabtiisie éloqueiîce^^iiia'faâtcUre;^ inéme à un fhir lo^oj^he j, que m discours u^iéném modèles , nï^ imitateurs : son style n\çk tromé ifuè des admi^ rfU^urs (a)* Et ce. :UyiJe ittîmoi^'V T^léipfaijûe , s'il ; e^btQit 9 i ne ' seiroit ^bis qof qn , romand pAilo*sophique ! Au Uèu -ô^ oette < jrarytsfianfte^ pesoiiure! de? rÊtrerSupceliie^ < j^msée 'dâlns/léi: ëdrikiDeâ saisies ^.ônîQous/y cKitiit quel)ieu|)adrdtohe''«odl^ pardoni^v toujours et ne:puiBt\ja]iiais. JËl 6op^ »eUlë et Racine , .tpimti'étoient^kvphîkis^hfea ! Nws n'aurions ni FDlyeiicte^hi.AitjtiatieNi^) ^'^t^ en peut dire vantant de lo^. les. ouirt-ag^^de^oç., siècle, j il est incôj^te^able qiié'^.dvàiitres sentiA m^ns 9 d'autres idées 9 d'a^utre^. opinions ^ eussent produit des ouvr$igè$^absàluteéQtdif£ér6u^.vàiô6i nous serions priyés de tous ces chê&^d'œavFb qui feront à jatnais la gloire de notre littératïire et tdei notre naticiin. Il n'y la guèorés' jdéréfleniiins qui jpilUséqt îtaspirer davanta^.Je-dcgoik) de;l€)

p9i|.qn'M'i 4isc0w^^'ap»t,€u^ffkdt§bi^uf9i.\{x (' ^

et une très-grande connoissance: des écritures saintes pour faire Athaliè; et si jiar hasard, c^s sujets eussent tenté un philosophe , il n'est assurément pas douteux qu'ils anroienî été traités dans tin esprit tout différent , et par conséquent Ùbs chcfs-d'ceuTlv oTexifiteMent pas. i > /

philosophie. l&BËai, lôrâqp'xBi>;^cEétcnd'qae cts gamê&hommtB dn sièiàt .d^nàfr^fè^kimtmLs^ eohe^ cannoiissànbe deiDOB iD|!>i]]ttMii.pbâas»fèii^ cpies, est'-on bien assure dû'céhM ?âoa§[eonft jcfue ks^ lîttéràteùFS de Jœ^leinqpS'^éiqieQÏ^infiiument pliUr iisstf oiU' qufirkfiiiiQiif ei' ; TéU\dtà dés latigHi» Sfttaiil6#]^âxtmd0ik;mloi^iûdi8p9iifi^^ OnBâygài

Qoin^dft jnb&itemeab touk^les ^ysi;èiiiebi>ées' an^' den».philo6ophes ; e^ëtotc àéjk e0DiÂit»'ia|ditô ^nâèapailiit ded'idéœ ét>de9«Dptmoni^4eli'f)hK

losofAm modernes; quant à>rirréligionv'°& con^* noissoît^on .pas'teB^^îkicipe^ du philosophe Hoièésy tté dans- U H:ei". ^ècle (o)! IAm esprits forts ii'akit%LiCi|i^e répéter tout ce^qu'aToit écrit 06' fitmeiK adiée'bontîre là» Provirduice, eont^ la Diviniié / 6t sur te^bonbeiir , >b Tvrtp ;» etc. Hfe ontéocaré miifiXiVBlé'^'apimoas : çu^ tous njos3€Mifêhem^ et nG^^iidéès me/uiefitjits.'sen^j (fue ^ie w^ietle fdux.^iie simt que Jke ùnprè^ sùmsdùtU ¥iotis m pmufiksv&nstate^ la réaièté... ;

^injùéie ouiié Ju^té pat^ koif-même. Hobbes pârssa* b€iatl<3Su|^4e t«^p5 en l^rancè ; il av^t dé grand» talens , et ses opinions nV causèrent que de Tindignatipi]^ ; toi^ les.sayans , (pus leçg^jis de lettres

lurent se& ouvrages , qui furent nïémé tuaduils ^ oni ■• VD0wm (>ses principes) détestables > . eti ses raisotinesnëiis,absui?des; la>cuiiositéiuiiprocura des le£teurs-,:iiiais il^n'^ut^ dans ces ièmps\ d^ igfmr* tance ^ : ini ^ disciples ^ ni j partisans; Spinosai ViaC ensuite^ il attaqua la Religion avec achavu^m^nt ; Âagénieiix aàtsantiquefaardiyce (^i^avec beauisoi^ d'art ;^ d'esp'irit 6t det^ubfUîlé qu'il ccafondit et re«v««at«us les prihcipe» de lamonale, êl.q^'il forma son affîreux sy^tèrm d'athéisme ; »son . si^^ nfétoà pOiSî assez aîfMncé.poui\ bù^ il .ne.iséduisil^ personne j.op se: récria sup ?on mt?€WM«^pce ^ sur . sa mauvaise foi' y ^scjs erreurs parurent égar kfinent odfeusefr et méprisables. Cependa;nt)nous avons vu ceç mêmes lerreurs , après fiiDik>ng. oubli ,* se renoU)Tele^' et s'étendre : on Bcms les a données ipQur dejs / rabonneitiQns aeq&j et profonds , des lum^iècea, uiiks au igenre humain L... Peu de.' temps., après Spinosa , et toujours dans le siècle deo'nier \ parut ce fameux dictionnaire y ouvragiéétonnaut , nond'iiue société nombreuse, msà^ d'un seul homiï>e. Fénélon ^ Bossuet ^ Ra^ cine^ Boileau^ etc., eiiistoient, Iqtsque Bayle pUr blia son dicjlionuaire (a) , et tous ces grands

(a) Fénélon et Boileau ne moururent que près de vingt ans après la publication dé cet 'ouvrage, dont on connoissoit d'ailleurs les mor<ïeaux les plus célèbres long-temps avant qu'il fût imprimé.

hommes ne t<Mnbèrent point dans le septicisme philosophique , devenu si commun de nos joors. Le septicinne de Bayle ne fut pas plus contagieux pour.çux ique ne Fa voit été celui de Montkfgne*^' dont Jes Essais étoient entre les mains de tout le monde , depuis pliis > de cent ans ; quand Bayle doixoia son ouvrage {a). .

Les philosophes mtodernes ont puisé dans ce dictionnaire, comme dans toutes les autres sour-^ ces de cette espèce; et il est exactement vrai qu'on ne trouve pas dans leurs écrits une seule opinion hardie . un seul trait contre la Religion, qui ne se trouve aussi dans les ouvrages ou de Moinlaigne, de Hobbes, de Spinosa, de Bayle, ou de Coîlins , de Tindal , dé Shaftesbury {b) , au- ^urs victorieusement réfutés dans les siècles précédens; Mais ce n'est pas tout : ces philoso* phes des seizième et.dix-septième siècles, copiés par les nôtres , ne faisoient eux-mêmes que renouveler d'anciennes folies , de vieilles erreurs , soutenues déjà par des hérésiarques fameux, qui, eo attaquant les dogmes de la foi, se méloient aussi de moraliser et de foitner des systèmes. Les pères de l'Eglise combattirent ces erreurs ,

{a) Montai^e mourut en 159a.

[b) Auteurs anglais dont M. de Tollaîre a pris toutes les idées , ainsi que celles de BoHngbroke et de plusieurs autres.

et en montrèrent FâbsiU!dité;Bôssa&t^luimiéine, en- a i^éfuté tm très'-grand ndinbr^ (/i)lll^i)'ai donc tenu qu'aux • safvans et aux grands hit)miii^ du siède dernier ,' de devenit*^ philosophie y tmm ib avoient trop d'instruction et>dé9 tdées'trop Jûs^ tes., î>our se Laisser séduire pkr des ;nlensoâ^é& et des citations fausses , et pour ne pasrméptfisdr^ des raisonhemÈons inconséquens, d^s 'bpitiiôns absurdes et des principes pestûcieux. Ils 0tl€>c5iÉ-» serve une.foi vive'ct pui^,iet ik'ontèbândtd^â^ I,iek;vain6:argaiDeii3'qui ki)co«i|bâtt«nit (>i).lli^bfip bfltufle constante dé souce^ir 'de aiaùvais^' ^pi^ nions., rend L^esprit ^ubtâ^ee fau^v^ ^etiécb^ ^saîrenieiif iè ^eût. Quand ot)cbe<^ecche^/ilÉiâ{& la ' .vé^îtë y' onr 'finit par la. mépriser , otv 'ift^k^rùb plus ique les bdautë^iide c<!yiïV€iition y 6ft ne^^ist plus ie charmé del^ gï'lldes^ ingéiixièè eVtmàsàinfi, tes; on s'éloigne idëqjanâlMpe^'^'Poifblte^ êf^ n'ayant plus pour bi^i jt]i^ei>;>tii.r^leeeitàiiiîeç ni Je sentiislênt qui pi&ut suppléé»' erdit: ei^biioissanpesv on dém^* en a)V6â^lev;6t/soa^efit Un basant, ou4'ob ti^st!fra]^t{uede Miqi|i^1g(rcte brillant j/l'ori^ n'admii-e' que des tàeiirrtronip«tt*^ ses et des prodi»btk$bg4^22^rièsr Aùbsi pi^^que

[a) Voyez , dans les notes de ce cnâjpitre , toutes Tés opi-* bionfi, sakiB' eioeption y ûei piiilè^^lffA^s liiodeËft^* ,' tirées du Diciionnéurie dès ^-Hé^iêriéi^^^ l^hîqàéi

•-> ^»Tr^ t'ifw^t

G59) tous leS' écrits philosophiques de ce siècle , sotit^ ils eritJènaïient dépourvus de raison et de goût. Onne trottiné «î^igétiiè dans les plans, rii vérité dans^ks^éintti'ifes et dans les caractères;/ Le style ea^hatiq^ et riégligé, lé ton impérieux et hautain dèsi chels 'de 'la fAiloèJophie rnbderhe , ont eu loi]ig^te]ti^6-d^s'àdkn&*àteur^ qui prenoient de F«ttflu^e:pôla^^de l'élévation , et de l^iiisolence po«r de l'ei^housîaâàbe: Quand Fénëlon, BourdalouevBôssUet, MtassiUoh', donnent atix rois et aux j^èiipites 'de stdjliïaes' leçons, ili ont le ton dû irt?§pécft' et ée là^ modestie, et cette modestie cstsînèèrè;ils iie stîntpoiiit les inventeurs' de la mbïalé^U'iU feiiSeîgtaent ,' ils ne font qu'en déviel^pèl^ lès'priricipesi'inais quand Tautéur des Ptn&es. pKUàsôpMques et ses adKérefn^ instruis ient tït/Hi^è^s j ils UouV déclarent que leurs opinions so lit les seules raisonnables , ' qu'ils ont etifin dëeouvert des -z^/ïe» inconnues avant eux ; 3i hbus.pfto^^seht de mépriser tout ce qui, jus- ^'ÀlbnB;,''tiôus Itvéit •pâi'u le plus digne de notre réwèltkêùii fit -dé notre amour*, 'et chacun d'eux i'édriéf ï: Véilà -j^o/ï ^stëhie ^ voilà mes idées ^ ^'^\>rhë^^éici^'ons , et iquî refôse d'y ct*oire , de led «léptèi^ et dé S'y soumettre, montre autant de siê^èlilë que dept^fugés et d'aveuglement Tel èàt le foiid'de'tbtïtes leurs instructioiis /wo* taies et pkilëséphiques. Il n'est pas étonnant que

tle;^ beauxresprits., qui ont. cette confiaiiée'en Içurs propres lun;iieres , et qui regardez^ leiu^s jugemens comipe ceux d'une suprême sagfesse^ parlent en maitr^, en législateurs et séyisseot rigoureusement contre les réfractaires. Cet inconcevable orgueil a gagné tous les diiH^iples; le plus obscur, comme le plus célébrera joint à la prétention àe propager, les lumières jô^Wi^ d'écrire, apec chaleur, avçc énergm^j lie là ces déclamations sur \e^ préjugés^ ces poinpe.ux éloges de la philosophie , ces exçlam^4\}qn& déplacées, cej5 apostrophes . violente^, ai:ix, .^^verain^, auX;. peuples, aux nations; de l^^)Çe(;.eiithousiftsmCs forcé ^ ce; ton dogmatique Qt,\^U^ Insipide nîonotonie qu'on retrouve dans r le» écrits, de. ce genre. U faut penser apec ^mp^ô/i* deur^ .s'exprimer meè force et ^entir yiypmenU Il faut encore montrer des /?^w^/o»f'2;/u/e»<c;^,, un ardent désir de gloire et le goût des ^irts. Quant au style, on exige qu'il, soit jçM^i^a/i^ et brillanL Du reste , on cpmpte pour rien l?harmonie , la vérité , le naturel , la raison et le mérite si rare de savoir combiner et tracer un bon plan. Autrefois on consultoit son talent^ et ses forces en écrivant, on choisissoit un geni^e , on si^ivoit l'impulsion de son caractère et de son génie ; aujourd'hui on se croit obligé de.mpntrer toutes les qualités que je viens de détailler dans

qae]que genre de composition que ce puisîie être; flans un poème, dans une épitrè, dans une tragédie , dans uri éloge , dans un voyage , dans «n billet ; ii faut de la philosophie, il îzxxX. éclairer le genre humairii II en résulte que tous les genres sont confondus, qtie tous les ouvrages se réssanblent, que toutes les convenances sont négligées; que très-peu d'auteurs sont à la pbace qui leur' convient , et savent profiter des talens réels qu'ils- ont reçus de la nature ; cependant les philosophes nous répètent que leurs ouvrages sont dans les mains de tout le monde, et qu'ils font f instruction et les délices de tous les peuples de lEurope,

Je vois très-clairement le mal. que les prétendus philosophes ont fait; pour le bien , de trèsbonne foi, je l'ignore. Je vois qu'en attaquant la Religion , ils ont détruit les mœurs; je vois que l'audace et la licence de leurs écrits ont fait perdre à leur$ nombreux imitateurs cette délicatesse , ce ton de noblesse et de sithplicité que don&ent la raison , la sagesse , la modestie et la décence. Je vois qu'ils ont ébranlé le respect dû à l'autorité souveraine , préparé tout ée que nous avons vu depuis , et substitué le plus froid égoïsm'e à ces grands sentimens de patriotisme qui distinguoient particulièrement notre nation. Je vois le suicide , fruit de l'irréligion , plus com-

inun parmi nous depuis vingt ans qu'il q?^ Jle^fut jamais chez aucun peupl^. .Je vois uae multitudye de geps d'esprit, des sociétés entières jaidopter et croire des folies dont pi}^^e se^QÎt moNqq^idaas des temps que nous appe^opa barbace^.^ la Bckguette dinnglpire y les Jfiy stères, 4^ hfiÇi^l^h > le Somnambulisme occupent d^,,gr,ai^4§^fi^^^S^nar ges. Tels sont les résultat^ de q^ iifr^i^f r^fihilosophiques si vantées. ; M* cje y pjtatf^ : (a > voulu être universel; tous ses disçiptes.av^iei^ «ai^is&^la prétention d'être à la fois législateurs, , pplifiqu^y littérateurs , savans , amateurs, fies > ^eaw^c^ts et philosophes. Cette manie a gagi|é tput le^ mcmde ; on veut parler des choses qu'on entend .le moins. ^ et à l'aide de quelques mots ççi^nti^iies, retenus par hasard et toujours placés mal k pïopos ^ on croit démontrer des extpavajganceâ psA^ d'excellens,raisp^ue^lens d^phj^sjçu^. <?* di ckùmè. Quand le3)ignpraQs son| d^y^9u$ ]raisis ct,pi:éspmpçuejux ç qu'ils se crpyertt. d«s pbâostophes profon^^,,^ls ne. peuvent; <êti^ éclaîi!é9'>paF' Içs vr^s i$^v^i[)^^ Tpiite . décisif contraire à leubs pr4ju§^ 1^^ rëyplte^et ramour*pit>prerend lèôr obstination ^iirmoD table. 1

NOTES

DU CHAPITRE It:

(i) Voici ce que Voltaire écrivoit au A foumemine^, jésuite.

« L'auteur du libelle pourra m'imputer des sentimens que > je n*ai jamais eus , des livres que je n'ai jamais faits ou qui »6nt été altères indignement par les éditeurs, je lui répon- >drai, comme' le grand Corneille : Je soumets tous mes décrits au jugement de T Église. Je déclare à lui et à se» "Semblables que si jamais on a imprimé sous nion nom une »page qui puisse scandaliser seulement le sacristain de leur

•paroisse , je suis prêt à la déchirer^deyant lui; que je veux » vivre et mourir tranquille dans le sein de TËglise catho- » lique , apostolique et romaine. » ( Voyez les Lettres de Voltaire.)

. J[l>dît eacâEe.(a[UUtt isottiquenieiA)) dans uae autre lettre à M. d'Argie&tsd : « Si Foie m*attribue le Dictionnaire phiio* it sophique , je me hâterai de le désavouer avec mon inno^ » cence ordinaire. .... »

Voici une autre lettre très-curieuse qui se trouve dans ses Lettres inédites, lettre g^* , à M. Févéque de Mirepoix^ « Je sais assez que depuis les Socrate jusqu'aux Descartes ^ vtous ceux qui ont eu v^i^ peu de succès ont eu à combattre •les foreurs de l'envie ; quand an n'a pu attaquer leurs pu*

» vrages ou leurs mœurs , on s'en est vengé en attaquant leur »religiovi. Grâce au Ciel, la mienne m'apprçncl qu'il faut » souf&ir. Le Dieu qui Ta fondée fut , dès qu'il daigna être ohomme, le plus persécuté des hommes. Après un tel «exemple, c'est presque un crime de se plaindre. Corrigeons » nos fautes , et soumettons-nous à la tribulation jusqu'à la » mort. Je puis dil^é devant Dieu qbi m'écoute que je suis un «bon cito]pen et bon catholique. Je le dis uniquement parce » que je l'ai toujours été dans le cçeur. Je n'ai pas écrit une »page qui ne respire l'humanité ; j'en ai écrit beaucoup qui «sont sanctifiées par la Religion. Le poème de laHenriade »n'est , d'un bout à l'autre , que l'éloge de la vertu qui se » soumet à la Providence» J'espère qu'en cela ma vie res- » semblera toujours à mes écrits (a). » ,

(2) Le Dictionnaire, de^ Hérésies va me fournir le tableau

fidèle de tous les systèmes et de toutes les opinions philo-

. • •■•Il '

sophiques qui ont paru à tant de^ gens d'une nouveauté si piquante [b).

(a) Ce poème ;est rempli de choses nop effrontées , mais indirectes eontre la Religion , entre antres dans ces vers coi^Tap^enrs o^ l'on vent jnstifier et même autoriser les égaremens les plus conpables de ramoor.

Êtes-n}ous dans ces lieux faibles et tendres cœurs , etc.

. . On voit dans nne. l«ttre de J. B. HcfimMHaiqiiiB , dans la lecdMiet édition, i}. retrancha. le personaag'e d«..tlos«y,ponr.y substitoer /jn^ni à» Tamiral CQlignjv l^ ba^te-feu dfi la France, , dit; JL^g. Ronaseaa,\et qui par là prêtoit davantage aux déclamations contre Itts- ca,t)ip}mnes et la cour, que ne le ponvoit £iîre le sage etyertqenx Rpsny.

.(^) Je ne puis présenter dans une i^te que le fond. des. opinion^ , mais ces opinions furent soutenues avec beaucoup d'art et de subtilité , comme on peut s^en cdlivaincre en Usant Tonvrage que j'indique et Yffisttfirè ecclésiastique de M. de Fleuri. En retranchant seulement de

Ml ;

Y Histoire des Hérésies totiB \ei systèmes de religion ( car tons ces cbefk

hfiè Âdamistes , dont la secte se forma vers fan 746 , enseigiioieikt apte rame hamaiike est une ^nanation de VvÊt-telëigeace sopréme, etqn'étant iiae poi^km de la DÎTinité, toutes les actions de Tâme , unie au corps , ne dorreiit être regudàes que comjne des moaremens fndififérens en euxméfoes^ et qui ne portoient kUKwae atteÎAfe à h dignité na> torelle de l'homme. Cette secte rejetoit la pi^rfi et le culte. Ses principes l'entraînèrent danfï les çiccès les plus kocrîMes eatout genre (a).

Xes Albanais , secte du viii* siècle , moienl le pédië oth ^nelet le libre-arbitre. Ils cro^ient le monde éterad. Us coadamnoient le mariage.

Amauri , sectaire du xs;s!^ siècle, eu^i^qiHl que Dieu n'étoit point différent de la matière première.

Hutter et Gabriel enseignoient que tous les biens doivent être en commun ; qu'on doit regarder comme impies les sociétés où cette égalité ne se trouve pas ; que le culte doit être dans le coç^ir seulement (p),

de parti yonloîent conseryer nne religion ) et ne snppnmoit d'aiUenrs

ni les détails ni les raisonnemens , on fbrmeroit une longue suite de vo-

lames qtii n'oftiroient qu'une répétition exacte et fidèle de tout ce que

nos Hyres pfailosopliiques contiennent. Si Ton ajoutoit à cela plusieurs

passages tirés des philosoplies païens, et quelques morceaux choisis

tirés de Mioatiâgne , dtetHdbWs, à» Sp^Misà^ et de Ba^rle , nos prétendus

philosophes modernes se trouveraiBBt 'abtdkiment et en^rement <Af-

pouillés. Cet ouvrage sercdt certainemenl; Xxèsrpiquunt et très^otîle»

(tf) Mémoires pour^ servir à l'histoire des égaremens dje l'esprit humain ou Dictionnaire des Hérésies, par M. Pluquet , tome V, pag. 3o. Je n'indiquerai plus la page ; je suis Tordre du Dictionnaire : si Ton Teat vénfier Texactitode des citations , on pourra chercher dans le Dietîonnaire le nom de la secte ou des sectaires : qnaad je rofDpnû cet ordrv, ^indiquerai la page.

(b) Page 70. On trouve dans ce paragraphe le système â'égaKté des

Les Anabaptistes ont formé diverses sectes fameuses par leur folie et leurs déréglemens. Les unes soutenoient que toute espèce de servitude est avilissante ; les autres que la joie et la bonne chère étoient l'hommage le plus parfait qu'on pût rendre à l'auteur de la nature ; d'autres encore prétendoient qu'on peut indifféremment choisir la religion qui convient et qu'on aime le mieux (a).

Arabes pu Arabiens. C'est le nom qu'on donne à une secte qui dans le iii'^ siècle attacpia l'immortalité de l'âme. Il se tint sur ce sujet, en Arabie , une grande assemblée^ à laquelle Origène assista. Il y parla avec tant de solidité et de modération , que ceux qui étoient tombés dans Terreur des Arabiens l'abandonnèrent entièrement.

Les Arméniens soutenoient qu'on ne devoit croire que ce (pi'on peut comprendre , et qu'on ne devoit pas chercher à ramener les autres à sa croyance.

Arnaud de Bresse et plusieurs autres sectaires se rendirent célèbres par leurs déclamations contre le clergé. Ils prétendoienl que les prêtres , les évèques ne dévoient point posséder de biens fonds , etc.

Amauld de Villeneuve, autre sectaire , prétendoit que Dieu n'a point menacé de la damnation éternelle ceux qui pèchent.

\ue& Athociens^ hérétiques du xiii* siècle, enseignoient que l'âme mouroit avec le corps.

Les Beguards soutenoient qu'on ne devoit rien refuser à la nature , et que tout ce qu'elle demande , tout ce qu'elle

phUosophes ; beànco'np d^antres sectaires ont sontena cette opinion ; et nous ayons yn les philosophes Roberspierre et Marat la mettre en pratique.

(a) Page 8i.

inspire ne sanroit être criiniiid* Les excès de cette secte fiirent abominables.

Les Nestoriens de Syrie nioient les peines étemelles. Leurs mœurs serrirent à prouver l'utilité de la croyance contraire. Consciencieux est le nom que l'on do&na à d'anciens hérétiques , qui ne cpnnoissoient pour règle et pour législateur que la conscience. Cette erreur fut renouvelée dans le iviie siècle par un Allemand, nommé Mathias Knutzer, qui , de cette erreur, passa à l'athéisme.

La famille ou -la maison damour étoit une secte qui fair

soit consister toute la perfection dans Teicercice de la bien-

faisance. Elle prétendoit être au-dessus des lois , et elle avoit

sur la tolércmce illimitée toutes les idées des philosop&e«*

modernes {a). Les premiers hérétiques prirent le nom de

Gnostiques ; ce mot signifie homme savant et célèbre ; et

en effet , ces hérétiques se vantoient d'avoir des connoissances

et des lumières extraordinaires. Ils s^'attachèrent à prouver

qu'il y a dans le monde une infinité de désordres , d'irr%u-

larités , de contradictions. Enfin , il y' eut des <afnostique5 qui

crurent que les hommes n'étoient en effcft'qûe des animaux ;

que cette supériorité dont ils s'étoient enorgueillis étoit une

chimère , et qu'ils ne différoient des: rQ|)»tiles , des volatiles

et des quadrupèdes que par- la configuration de leurs orga-

nés. Telle fut cette branche de. Gnostiques que I'ojg^ nomme

Borboriies,

Merrnias, chef des hérétiques nommés HermiHotes, adopta Ferreurd'Hermogène.sur réternil^ du monde. Il enseignoit <pie le monde étoit le sçul enfer qpi, existât.

Pelage nia le péché originel ; il flatta l'orgueil humain ; il étoit éloquent. Il eut une multitude de sectateurs.

« Ce n'est point sur la corruption de la nature , disoit-il ,

" ia) Tome Ii/pag« 56.

» qu'il faut rejeter nos imperlGecftioiis. La nature hvaaame esfc » sortie pure des mains du Créateur. Noua prenons, pour une u corruption attaekée à la nature, de& habitudes vicieuses » rfue nous contractons , . et nous tombons dana une injwslîfift »quel€« païens ont évitée, etp.r(a). ».

Fïgilance^ famtmx hérétique du v^^dcle, atbufna avec emportement le célibat et les vœux.

ff^iclef soutint que tout arrive nécessairement. II remonta jusqu'aux idées primitives du droit des hommes sur la terre , et prétendit prouver que les droits établis de propriété et de puissance sont injustes et chimériques.

Zmngle prétendit que l'on peut assurer aKirmativement que tous les païens qui ont montré des vertus sont Sauvés j tels qu,e Thésée y Hercule , Soetate ^ Antigone ^ etc.

Yoici encore quelques opinio];is d'h^érétiques que j'ai troij.vées dans V Encyclopédie.

Ba%iUd€9 qui moumt vet^ Tan iSo de Jésus^krist , enseigSiOit que Pâme étoit punie ^n cette vie. U ensei^Qit e^rcore^ue » loin de oomb^ittre se^paaaio^s , il fa^oit leinr ol^éir et kur céder.

Bayiis , qui vivoit so^ Charles Y , soutenoit que tout» bonne ceuvre est y de sa naiure ^ méntoiré du Ciel, indépiendtimiiient des mérites de Jësuft<4!}hrist.

Robert Brown , chef de la secte des Brownistes , étmt Anglais, H mourut en i63ô. H condamnoit la cétéhrc^on religieuse des mariages. Vit tejetoît toute forme de prières.

Les Caïnistes nioient la résurrection ; ils exhortoient les hommes à se livrer à tous leurs penchans.

jfjcs Chercheurs étpient des hérétiques sceptiques , qui ne

(a) Toilà toitt le bot d^Emile , dont on a trouvé U$ «lé«9 «oientcA.

nooakiafemciiit xà nç tûoteiit i^ftutheaticité des ËcriUms , et Kl bonnient'àc pner Dieu de leur fëTéleria vécité* Mnçychfé£e^ mot Chercheur ,

Voilà œriainement tons les pnactpies , toutes te idées, toute» les ofiihioiis rènaévdës et souteniis par fes prétendvs |èik»opl]05 moderRes (a). Ces iumunes ozgaeitteiix' ont été In mêmes dans to» leb siMcs, ce tfaHl est focile de prouver par les portraits que leurs bistoriens nous en <MittiaéësJ£ti^ voici deux que je copie littéralement, et qui ne paroîtront pas nouveaux : « Donnât fut bientôt Foracle et le tyran des > Donatistes; ils devinrent, entre ses mains, des espèces *> d'automates , auxquels il donnoit la direction et le mou- » vement qu'il vouloit. Donnât avoit la plus haute idée de V sa personne , et le plus profond mépris pour les hommes , 3i pour les magistrats et pmor ftenipereur même. Ses secta- » teurs prirent tous ses sentimens; les Donatistes ne voyoienf » que Donnât au-dessus d'eux , et se croy oient nés pour do- » miner sur tous les esprits, et pour commander au genre V humain. Les Donatistes animés par cette espèce de fanais tisme d'amour-propre, qui ne se montroit que sous l'ap- » parence du zèle,... séduisqient beaucoup de monde (6). » L'hérétique Vigilance dont j'ai déjà parlé , vivoit sur la fin du IV* siècle.

« Vigilance étoit un homme qui aiguisoit un trait , et qui » ne raisonnoit pas ; il préféroit un bon mot à une bonne » raison ; il attaqua tous les objets dans lesquels il remarqua » des faces qui foumissoient à la plaisanterie (c). »

(a) A Vexception de Vapologié du suicide, on troaTe tontes les idées phîlosophiqnes dans l'Histoire des Hérésies , et Tapologie de ce crime «st donc la seule lumière qni soit due à la philosophie moderne.

(^) Dictionnaire des Hérésies de M. Plnqnet, tome II, pag. 8.

(c) Dictionnaire des Hérésies , tome II, page 216.

Tons ces sectaires , en renyersant les principes de la morale, produisirent dés désordres et des manx infinis; cependant leur projet n'étoit pas de détruire la religion ; ils «e contentèrent d'en attaquer quelques dogmes , ils en conser- Tèrent le fond. S'ils eussent eu le dessein insensé de ^a^néantir, Tempire qu'ils avoient usurpé sur les esprits^ eùk été mille fois plus funeste encore^ et leurs sectes infiniment plus déprayées.

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