CHAPITRE PRÏMIEII
lntroduciion> et Plan de Vou^rctgê.
Un à donné sucoessivemeni au public, les histow res de la Jacquerie i de la Ligue , de la Fronde ^ etc.*, mais on n'a point encore donné une histoire suivie et coinplète de la plus grande conjuration qu'on ait jamais formée en France et même en Europe , celle dont les philosophes modernes ont été les chefs. Elle commença sou» la régence ^ l'hypocrite Fontenelle^ en fut Iç premieir instigateur (a), et M. de Voltaire le premier chef. Le».
(a) Ce fiit Fonieneile qui , sur la fin du r^ne d^ Louis X.IV, fit imprimei' son pieux discours sur ]a Patience , qui est teiyj riiiné par lûle prière au 'ûérbè iricarrié; et ce fui lui qtii |' sous la régence, fit paroltte 'sùtittirtoire- de^ Oràclei^ dànsr kiqvdle la Religion est continueUcfmeiif onCt^agéc; i
matériaux de cette histoire contemporaine, sont disséminés daAsoiRe multitude d'ouvrages; on les a rassemblés et mis en ordre dans un seul volume. Il est assurément très-curieux de connoitri^ 1^ mplii^ et ^^ suivre le fil d'upe «oujurationtjoé'a^bdiiletet^rféVÈurope entiérfe, et dont les ramifications se sont étendues jusque dans les autres parties du Monde. Cette immense et surprenante ii^S^uen^. n'est ntiUement à la gloire de la fausse philosophie , elle ne prouve que la corruptioi^del»natiire humaine qu'il est toujours plus facile de séduire que d'éclairer : le mal se propage avec une effrayante rapidité sur cette terre malheureuse, tandis que le bien n'y jet^ que dfeâ gertnes profôiïds, indestructibles à la vérité, mais i^ùé piresque partout lès paèsidtls empêchent d*é(clore; nulle nation rie (iominûhiquè à iine auti*é TèS^rit de pâtx^èt la santé, et le démon dé la giïeW'é alïume sans peiné lê's Ûam^ beaux de ladrscot*dfe,èt'la'pesfe es;t contagieuse!::. Ce Ïi\t6 déplaira beatrcbup â\ix infortunés disciples des fenix sàgès du siècle derriieit, car les phîlosôphistes n*y serôhir juges que par leurs propres écrits et leurs imprudens aveux. Leurs pfus grands admirateurs frémiront en voyant leurs maximes fondamentales réunies et formant le code moral ^t politique qu'ils nous ont laissé ; il sera également ifiipossîble de justifier ces hm^
ribles maximes €t la duplicité de leurs auteurs^ ou de nier des atroeités , des actions et des cabales qui ne seront que des citations scrupuleusement exactes , tirées? de leurs ouvragés et de leurs lettres*
Il y a presque toujours quelque chose de bî* zarre et d'inexplicable dans la gloire purement humaine : si M» de yoLtaire, n'aspirant point ;^u titre d'hisitorieii^ï n'eût pas pablié des: ouvrages hîstoiiq|ues reniplis d'erreurs^ de mensonges et dans un style à la fois épîgrammatique , incorrect et toujours négligé, s'il n^eût pas ifait de mauvaises comédies, de mauvjai^es odes, des opéras détesta^l^, une multitude innombrabie de pamphlets^ de satifed et de libellas , dont la ca-> lomnie; l'impiété la plus i^évo^ltsattte, iècynistne le plus effronté foùt i!6iït lé| sel , on ne Tauroit jamais proclamé génie unwersel (a)., hé grsind
(tf) Om. ne |^rle pbiiît èe la S^knadk*,^tèè^ ifOinn, • poèûae^ 'fik-'il ')&«ti1letir qué'la Hetirîdde, M {>6ttti^dit être VxsBDL d«9 «ttres à tuni\^éi:stattté , po^'fàiHetttf àé plu^eîari belles ti^éâiies. Tèut ^fibëtey Capable' de ftirè de iMùhei tragédies V le serôît aussi dé edmpbsér im Ijéa pèfemë é^i-î cfae.'Si les grands «tutéttcs tragiqtiès né s'en àVtsent pas,* é'esf qu'ils aiméM liâëtiËc' consacrer lents talèbà an tliëâtre , o4, smVîEiif'l'iiigéhiéttaré* expression de M\ W&Aé\ ih èn-^ tendent toute leur renommée/ (^ ponWoit^dottter'^ue "Racine, s'il Vibûi TonlnV n'eût faill un potlitte''épfti[ttè légalau
Racioe a fait, des tragédies sublimes , des poésies^ lyriques admirables, une excellente :coinédie^
XBoins à la Hcnriade, par la versification, et très-supërieur par le plan, Timagination , les épisodes et la manière de tracer et de soutenir les caractères? «Voltaire, dit M. de La » Harpe (dans son excelletit Cours de Littérature), Voltaire » est bien loirt d'avoir été un génie universel, puisqu'il n'éir toit pas même (^et il s'en faut de beaucoup) un poëte uni- » verseL II a. primé, il est vrai, dans deux genres très-op-- » potfés , la tragi^ie et H poiésie légère , mais le lyrique et le » comique lui ont manqué absolument ; et dans répopée> » et dans le poème béroî^cômique , il est à peine au second M rang. 11 ne peut soutenir le parallèle , ni avec le Tasse , 9 ni £tvec lUilton, ni avec l'auteur du Lutrin; que seroit- » ce si nous mettions' "en avant Homère et Virgile? Je rie 9 parle pas eneoi^ dès < genres de piosc;; nous j viendrons ,. «■ et certes il n'^;figijfrera pas c^Qpame en poésie. Un ]ioll^ne u me paroit avoir été plus* magnifiquement par^gé que per--* ». sonne , puisque ^eul il s'est élevé au plus haut degré dans* 9 ce qui est de sciences et dans ce qui est de génie, c'est Bos- » snet. Il n'a point d'égal dans l'éloquence; dans celle de ». Foraiçon funèbre y dans celle de l'kistoire , dan& cette des af- 9 fcctioBfr religiausesf ( voy . ^e^ . Méditations sfir rÉ0angih)r ¥ dans eelljBi 4er la, controverse (voy. les FariaUcm), ei ûïl 9 même te^tnps perspnne n'^ pas été plus )oin daaa. une science 9 immense qui en renf^erme une fpu}e d'autres , celle de la ver 9 bgion. Cçst l/^iomme qui fait le:pl|is d'honneur k la France » et à l'Église dçstA^i^niers siècles.^ c|}pendant ce i^'étpit point 9 un esprit |UJ^ec9cl; les scieo/K;es exact]qs.v l/i^jurifijpti^judence » et la poésjle^ lui étoieat fort étrangères, Kcajrtoiis^ ces chl> 9 mèros d'nniversalité , le pre;mier rêve de iWguell phil9^
des lettres sur Port-Royal que l'on peut comparer aux Prosfihciales ; mais on ne Va point loué sur son génie unii^ersel y il a vu préfiérer la Phèdre de Pradon à la sienne ; il a vu tomber Athalie^ le chéf-d'oèuvre de la scène française et de tous les théâtres anciens et modernes !•.. Il ne fut point chef.de parti, il ne jrépondit jamais aux satiresdont il fut l'objet , il dédaigna du fond de s^ grande âme le vil métier de* libefiiste ; et loin de faire de^ cabales, il fut la victime de celle que Tenvie forma contre luil...
M. He Voltaire ne pouvoit dominer et régn^ que sui^ un siècte<Gdn^ompu , il le forqia ! Les doctrines alors étoient encore bonnes , les traditions du grand siècle, la juste admiration pour les grands hommes qui Tillustrèrent, en ipaintenoient Vinfluence et la pureté ; on avoit de la raison, du goût, un sentiment vrai du beau , on:respectoit la religion^ l'autorité ,. les lois; on aimoit ses souverains. Il falloit renverser tout cela; toutes les carrières de la véritable gloire avoient été parcourues, avec un éclat désespérant pour l'orgueil et l'ambition. On. voulut donc ouvrir des routes nouvelles, et ne pouvant surpasser
» sopliicfue , qui croyoit rrïerer Tesprit humain par de nou- » celles prétenttoiB et qni le nbaûtoit en' effet par 4e i » Vellei erreucft. »
(6) ni même égaler des modèles parfaits^ On prit la Tésolùtion de contester leurs droits, d'anéantir leur doctrine, de tourner en ridicule leur croyance et leurs maximes, de jeter une extrême confusion dans toutes les idées morales^ de tout lyrouiller, de tout confondre, d'usurper la louange et de braver le mépris, enfin, de corrompre Tesf>rit public afin de le séduire, et de régner sur une multitude égarée. Un seul homme ne pouvoit stiffîre à un tel dessein; M. de Voltaire, après avoir obtenu un équitable, et grand succès au théâtre, fitparoître l'épîtrela plus infâme et la plus impie; ensuite il publia plusieurs libelles^ o'étoit tout ce <JU'il pouvoit faire tout seul; il sentit bientôt le besoin d'une gratide association , mais il étoit fort difficile , surtout alors , de la former. Les clubs (si favorables atiic conspirateurs ) n'étoient paS encore connus en France, notre nation avoit la préséance sut toutes les autres et n'en copioit aucune; elle étoit même lé modèle des autres qui croy oient atteindre le plus haut degré de civilisation en adoptant ses modes, ses coutumes et ses usages. Nous nous contentions dans ce temps , de nos brillantes voitures à sept glaces , de nos coursiers à superbe encolure ; J10U6 aimioui^ beaucoup mieux d$ia» no^ (èt»& des caioûsels ^t des tournbis que ces courses mercenaires où la seule vitesse tient lieu de noblesse et
C7.) d'éiégance aux ckèyauK , ettdoiilJi'uqour de l'argent, fortn^i^taut I^Uénét, profane la nature eo tran$£«nnant les gaascms Aducîs efles pelouses en tapis dé jeu ; nous pné^èvionsis^ eûmwrsiâtMHi , an. thé, au pœida! ^at à la cohue,* enfin nous étions Fraiiçois! ÏTûus adminèus les. magnifiques jardins de Lenôtre ; on n'y voyoit point de pabîs pl^c^ daçs des prw4ç?^^<tes,gonl^ saQ& OjéçessUé^4^s^. ruines et; de^ tQip);^^^a^u;i:' ^^9;» souveaKr&^noutr peûsiiocis qtte ^léspatttlîé» m&^ <jmne^ et ridicules^ ne sont peim/ ^higëntèif^es imitations de la nature; les bçaùx-arts poh^ alors au plus haut point de perfection, n'of^rolent rien 4^ pu^ril^.de.feu?, et 4'impj3^qj^ir^ (ef-s'U)> vpuloi^ut f^oàm^ 4es; ^UnMio»^,p:Jfi,t9»..gQiH, .toujoui» ami du: ivtrait^ exi^Qit ^'dies 'fus^iK parîâites, ît*p*ei5ci»îVcW*de^lfom«s>4i Fidéaiet des ^rè^les à là fiction Oï): • 'îii:^^ :
4ïèsr4aTôifable «i^x >jànlÎB& q«e «Mta ai^^kw» ^ V^^ghV^ y
pnîsqae ces jardins sont remplis de tombeaux v^p^jief f t
de débris d'égiises,,d'Jbç^Finl!|ag^^ i(^^
H. de eoiwen^^^iii.«m]i^«a».q^xeiislé^«ftJW!r^el»||é}wl^i^ de
iaOvaade^icç^taig^ç'aBttiMiiiHUrs len ^^hnomçi^^:l|s^ id^es
aiélaaisoliquealeft le&ffleô&cft IwgdbreaV^lH^^l^N^s ^ la^fp^g^-
ceRce^angiaise swipasse iii£tt«m«9ltf lAXlâtfilv^j^a^e^liec.^n
vi^tiidaas ks^iatKi|i«»id^.'liilalle^^
.à]^ie€a de plus âtti^^k^m^^m^ àe ^o^^jf^i ^^ p^jut
1 Dès* ses pre^nters fias dans la vaste ett^rtuetise earrfôred'^mè ^ambition démesurée, M. de Vol-» taire i mardla tantôt avec audace, tantôt avec pusillanimité, au milieu des applaudissemeus et .4ea.siffleis , des succès , desckiites (a), des louanges , du m^ris (^) et des affronts (c) ; ses écrits
càrtoyerl 3in$ cetix de lord Scarsdale , une belle rivière , sur laquelle on a'jetë un grand poàt de marbre : les jardiisb tie -Kefliii«tBi-iet beaucoup d'autres présentent la. même somp<^ tuo^bf. Les. 4>i^gl|ds. tpÀ ont houley^s4,\euc religion «t ;leur gpuv<ej^nemept , ont coiiservé soigiicusemeot tous leurs |mornumens antiques , ils n'auroient pas souffert que des bandes noires les eussent détruits ; c*est pourquoi on trouve dans le parc de la dùcliesse de Portiand, toutes les fortiécations d'un éamp'reti^inehé du 'iemps-^ lulés-^Gésaïr;? et- ^H^ les ^aitbns de 8tourkiaad, pm >deJB^ttk,^a âubeiee tosrzaotxqud, .mx k lifi^t ta l^qiie^e^^l^fiÇl'^lâ^Prani) af^i{3[ Tétendai^ de la gloire et de la liberté , après avoir 4^iXïré ^9n p?^ys du joug des Danois, etc. etc. De telles /a^r/gr«ej qui rappellent d'intéressans souvenirs, donnent une âme aux paysages , dont les eaux, les^ïôohefs'ét les arbre8ïi« soutdiors qtle le matériel -(^) /Un ^gipftttâ Jiombre' de coi]4édijSs; ses .epérais, ses
''-^^ftj'VcjyèzlesIffi^tiibiïosâjçi^ttr^ - ' "
- '- ' (ë) i*:' A&iVxAXsikte fit coritre» un^ ^and- sejgneur Ja satiï« )a-plus iiift6len^«ttia'phzs ealomnifeùse ; ce grand soigneur s*eû vèngta tl'ut^i^tiiinfêns^içn indigne, en lui faisant donfîer des côupfe*<f«l>âtdti pffrtÎKïfeisesgfpw, cciqiii équivaut ^ un assji^Mt ^^Ift<v«ii^ftttieé étôi%^ atn)«e^, mw ^11« tôntboit ''étff tin l0?elH?të,' H per&onne-ue prirMik^tà. I* victiipe.
(9) impies et licencieux indignoient tous les gens de bien, en même temps qu'ils lui gagnoient les suffrages d'uoe classe nombreuse dans tous les pays y celle des libertins et des femmes sans mœurs ; et ce grand nombre de productions pitoyables , mais dans plusieurs gent*es, préparoient ses prétendus titres à rumt^ersalUé et je*toient toujours plusieurs germes de corruption dans le public; c'est ainsi que, sans autre se*cours que celui du mauvais génie de la France, il ébauchoit dès-lors le grand ouvrage qu'il termina dans la suite, avec le secours d'une association digne de lui , et formidable par le nombre. Ainsi s'écoulèrçnt les jours de sa jeunesse et de son âge mûr.
U forïùa ensuite des liaisons utiles à ses des*seins , pirodiguant, jusqu'au ridicule, la flatterie aux gens de lettres ,• qui n'avoient pas assez de talens pour exciter sa jalousie, mais dont l'audace et la présomption pouvoient servir merveilleusement à ses pi^ojets: il dénigra tous les bommes de génie ^ ie brouilla avec eux, et les outrageai dans ses livres. Crébiilon, Piron, le grand iRomseau , Pompîgnan , Buffon, Gresset,
M. dô Vdfki^ eut le singulier courage d^aller porter ses plaintes à M . U téffmi , en liii demandant jmtice | Justice y rpprtfc If . ile- vé^^ii «jk est /aite.
( »o) J.*J. Rousseau ; mais il se lia intimement avec Helvétius , Damilaville , d'Alembert, (qui grand géomètre , n'a pourtant rien inventé et dont les talens littéraires ne pouYoient assurément caus^ d'ombrage), Diderot, St-Lambert, Grimm, l'abbé Morellet, Thiriot : a Le reste lie Taut pas rhoQ* « neur d'être nommé ( i )• »
O^te société formée s'occupa sérieusement , sous l'inspection de M. de Voltaire, dq la grande idée de j-égénérer la morale , la littérature , et l'État ; mais on sentit , comme on Ta dit déjà , <]He, pour atteindre ce but^ il falloit nécessaire^ menl: une immense association, et qui pût-même s'étendre jusque idéns les pays étrangers. Après beaucoup de réflexions, ou enfanta le projet de &ire une encyclopédie ; l'idée n'étoit pas neuve, Fencyclc^édie de Chambers exÎBtoit déjéi en An^ g^eterre; elle étoit méme> traduite en français, maïs elle ne conteiioit ni verbiage, ni déclamations séditieuses, ni impiéjt^; les philosophes s'en emparèrent pour ei^ prendre tmit ce qui pouvgit lear épargner du travail et des rejcberches,f ils y ajoutèrent toutes les idées philosophiques; en k faîsarnt prodij^usement volumineuse, ils se flattoient,avec raison, d'y donner uae importance qui JferoittQut^|ïitioia(ib^ celle de Chambers, Ceftfie ent»^«ise.proBaôtA(»t un succès complet, aux desteins des prefimfro
chefs philosophes , et leurs savantes combtnai* sons , à cet égard, ne prouvent que trop combien ils en sentirent Timportance ; elle leur donnoit la 'facilité de répaadre raj^idemeni et partout leurs opinions. Elle ne paroissoit être qu'une entreprise laborieuse et purement littéraire , dont le projet n'alarma pas d'abord le gouvernement, et qui obtint le suffrage et la reconnoissance du public; néanmoins les noms des chefs donnèrent des inquiétudes très-fondées à tous les gens religieux.
Sans avoir Pair d'intriguer , on fit ouvertement des enrôlemens dans toutes les classes; pour travailler à ce grand ouvrage^ on comprit que plus on emploieroit de monde et plus on auroit de partisans: aussi mulliplia-t-on à l'infini, et sans nécessité , le nombre des coopéraleurs. On savoit bien que chaque individu qui auroit seulement rhonneur de mettre dans cette énorme compilation un seul petit article, se passtonneroit pour l'ouvrage entier, et qu'il procureroit des pfvneurs dans sa faiâiUe et parmi ses liaisons et ses amis; oti gagna pinceurs hommes de la cour à force de flatteries , mais en leur montrant de la hardiesse et quelques opinions panicidières y qui ne tendoie^t, disôit-on, qu'à déraciner des préjugés intolérablès.'Qri eut soin de leur cacher le vérifàblé fond des' choses,
(la)
^'est-à-dire le projet formel de mettre toutes le» passions à l'aise, et d'ouvrir un vaste champ aux ambitions les plus désordonnées^ en anéantissant la religion, la morale, et en renversant le gouvernement. Ce secret n'étoit bien connu que de huit ou dix personnes qui furent les véritables conjurés. Voltaire, d'Alembert, Helvétius, Diderot, ConHorcet, Raynal, Damilaville, l'abbé Morellet, ces fameux conspirateurs, dans de petits comités particuliers, arrêtèrent le plan le plus détaillé de la grande conju-ration; ils convinrent unanimement qu'il falloit pour préliminaire à l'Encyclopédie , et pendant la durée de l'entreprise, répandre successivement danff le public un nombre prodigieux de satires contre les prêtres, contre les gens religieux et contre toutes les autorités, et en outre, multiplier les brochures impies et licencieuses. Dans ces petites assemblées ténébireuses, furent conçus et arrêtés les plans du livre de VEsprit, de Candide^ d'une infinité de contes de ce genres de Zadig, de V Histoire philosophique des Indes ^ du Dictionnaire philosophique ^ de V Essai sur les Mœurs des Nations^ du poème sur 7a Loi naturelle j etc. Ge fut encore là que l'on iti venta les titres des pamphlets intitulés : les Si y les Quand y les Pourquoi^ dont on confina l'exécution à des antemrs, ^uhalteines^ : qu'on «[e
( '5) manqua pas d'ériger parla suite en beaui>esprit$^ qui furent loués à outrance par toute la cabale, car dès-lors il fut unanimement décidé que Ton feroil une réputation d'hommes de génie, à tous les écrivains, quelque dépourvus de talens qu'ils fussent, qui entreroient dans le parti philosophique , et q[ue par les mêmes motifs on déclareroic que tous ceux qui combatttoient la légion (Tes* frits forts ^ n'étoient que des hypocrites et des sots. Ce qui rappelle des vers ingénieux de Pavillon (neveu de Tévêque d'Alet) auquel Tabbé de Francheville avoit demandé ce que c*étoil que le bel esprit-
Voici la réponse que lui fit Pavillon :
De Tair dont on vit aujowd'hui y Il importe fort peu de l'être , "^
Mais si votw voulez le paroître , Faites des partisans et ckerscbe^ de Tâppni,
Tâchez donc à former une petite brigue , Joignez quelques bourgeoi», à force gens de cour; Que tons ceux qui seront enfrés dans votre intrigua Avec empressement vous prÔnent tour à tour ,
Et que sur fhôtel dé ïâ ligue
En grosses lettres soit écrit :
Hors la cabale point d'esprit.
Ke dése$pére2 porrit, allez , je vous eis quitte*;^ Tâchez de ne point croire en Dieu^
Et ceU vous tiencfara liçu , De touU sorte de mérite.
Enfin ^ea s'engageant à sà|jiçr tous, les fondew^ns ^ des trônes , op se promit ^ quand lintérêt de la bonne cause l'exigeroit, de flatter sans mesure, les souverains , leursmaître^ses , les ministres et tous les gens en place, en un mot , on fit le, serment ( le seul qui ait été leespecté dans cette société ) ^ de mentir , non-seulement souvent , mais toujours, pour le bien général (a)* N^oubljions. pas d'ajouter qu^il fut expressément recommandé à tous les frères de faire distribuer gratis les pamphlets et les brochures dans les petites villes , les gros bourgs, ^uxtoxxiai^x foirent ^ et d'en feire circuler à Paris un grand nombre parmi les jeunes gens et \es jeunes femmes {b). Les ericyclopé-* distes sentirent aussi qu'il falloit , pour le succès de leur dessein , otertout^ iij^fluençe à la religion
{a) C'est ce que M. de Voltaire répète sans cesse dans des lettres à ses amis^j auxquels il dit , mentez, mentez, mentons, mes amis : quelles flatteries n'art-il pasjprodîguées à Louis XV, qu'il a comparé à Trajan , à madamp de,]Ç*ompadour. (a) , et depuis à madame Dubarri^ auniaréchal de Richelieu, qu'il appelle toujours dans les lettres qu'il lui adresse, soj^ héros, et qu'il désigna dans d'autres lettres de la même date , écrites à ses confidens y le ^ran du pip.otf>vi.le trippfiç^. . \
(6)VoyezlesLetta«tdcVrflaîrei f :
sur Féducatioti publique; delà, leur athame-» ment coiJtre le» jésuites , dont les utiles succès eu ce genre ne pouvoient étpe contestés. M. de Voltaire a écrit, qui! il faut être un monstre pour ne pas uimer ceux auxquels nous d^i^ons notre éducation; il fut élevé aux jésuites, ce qui ne la pa^ empéiiié de calomiftier et de persécuter ces rebgieux avec la plus odieuse persévérance. Ce ftit Diderot qui , pour l'Encyclopédie , créa Vart ingénieux des renvois. Écou%oni»*le luimême nous dévoiler toutes ces ipetiâJô% rusês phi'^ losophiques sur cet objet ; il parle de IWdï^ et de la manière qu'on a suivis , en composaM ce Dictionnaire : « Je distingue, dit-i), deux sottes » de renvois , les nus de choses et les autres de » mots. Les renvoi» de choses éclaircissent Tob-^ » get, indiquent ses liaisons éloignées avec d'au-- » ti:^s qu'on eti croiîrbit iisolées , etc.... Mais quand » il je faudra , ils produiront aussi (ces renvois ) » un effet toeit cotftraire , ils opposeront les no- » tioDSy ils feront contraster les principes ; ils 2> attaqueront, ébranleront, renverseront secpè^- » tcment quelques opinions ridîctdies qu'on n'o* 3» seroit iitsull)er ouvert;emeM; si l'auteur est im- » partial, ils auront toujours la double fonction » ée confirmer et de réfuter, de troubler et de a concilier.
» Il y auroit un grand art et un avantage in-'
• ( i6 ) n fiiii dana ces derniers renvois. L'ouvragd eti^ » lier en recevroit une force interne , et une titi-^ » lité secr^e dont» les effets sourds^eroient né- » cessaireineut sensibles avec le temps. Toutes » les fois, par exemple^ qu*un préjugé nationat » mériteroitilu respect^ il faudrait, à son article . » particulier, l'exposer respectueusement, et avec y> tout son cortège de vraisemblance et de sé->' >j duction ^ mais renverser l'édifice de fange , » dissiper un vain amas de poussière , en reu^ » voyant aux articles où des principes solides » servent de base aux vérités apposées. Cette » manière de détromper les hommes opère très^ » promptement sur les bons esprits , et elle opère y> infailliblement, et sans aucune fâcheuse con-^ T^ séquence , secrètement et sans édat sur tou» » les esprits. C'est l'art de déduire tacitemekit )> les conséquences les plus fortes. Si ces renvois » de confirmation et de réfutation sont prévu» » avec adresse , ils donneront à une Êncjrclo^ » pédiej le c^actère que doit avoir un bon die- » tionnaire , ce caractère est de changer la façon. » commune de penser. L'ouvrage qui produ'u'a » ce grand effet général ,jaura des défauts d'exé- » cutiou, j^y consens; mais le plan et le fond o en seront excellens. L'ouvrage qui n'opérera » rien de pareil, sera mauvais, quelque bien 9 qu'on en puisse da*e d'ailleurs, l'éloge passera
» et Touvrage tombera dans l'oubli (a)... Ënfiii^ » une dernière sorte dé renvois, qui peut étt^ » ou de mots ou de choses, ce sont ceux que j'ap- » pellerois volontiers satiriques ou épigrammati- » ques : tel est , par exemple , celui qui se trouve » dans un de nos articles, où, à la suite d'un éloge » pompeux, on lit: voyez Capuchon. Le inot bur- » lesque Capuchon , et ce qu'on trouve à l'artî- » cle Capuchon y pourroient faire soupçonner, » que l'éloge pompeux n'est qu^une ironie , et » qu'il faut lire l'article avec précaution , et en » peser exactement tous les termes. Je ne vou-*
(a) Voilà le grand secret, de la ^ecte et de toute secte; l s'a^t défaire du bruit, de bouléyerser, d'opërer nnerjévolutiou ; c'est ainsi qu'où se reud célèbre à peu de frais , c'estst^te sans talens. Z^* çaraété're d'un bùH dtcdonriaire est de' changer la façon comrMLne de penser. Ml s? cette façon de penser est utile et rapaonnable ? H m'est jpasqnestioii àà cela ; il faut £aûi;e au our^a|^ assers l^di pour qui! ne puîlse jamais tomber dans toublL Le dictionnaire qui ne sera quo sav^t et sage, sera mauvais .-«on le contultera toujours : mais qu'impoHë! On il'eù pkrierà pbmt, '^' li'ést ^as la le compte des ^^osojjkesi àité» éêlteta^'^dé'VÊnc^^ n'avdiènt'pas les târeni de Bàyle, du îiouis ils aroient le mèmle but ek^Xm méîcies îd^es sur là manière qùjDU doit employer bVtir'* composer -un bon dictionnairîé. Sayle auroit bien ipunou» donner iuii-mêmé cette dêfii^^ maïs il âvôît
tiop 'd'art et fropd'ééï^it poW iefléiûasquelr avec cette surprenante maladresse*
( i8) » drois pas supprimer entièrement ces renvois , » parce qu'ils ont quelquefois leur utilité. On » peut les diriger secrètement contre certains riib dicules , comme les renvois philosophiques » contre certains, préjugés. C'est quelquefois un » moyen délicat et léger ^ de repousser une in- » jure sans presque se mettre sur la défensive , » et d'arracher le masque à de grands person- » nages. » Voyez dans V Encyclopédie ^le mot Enàjrclopédie (a). Conçoil-on que des auteurs puissent ouvertement montre;r de telles intentions , et se dévoiler avec autant d'imprudence ? Ce qui rend cet article aussi ridicule qu'il est révoltant, c'est que l'auteur s'y vante de son adresse , de ses ménagement , et s'y glorifie de n'employer que. des mojrèns délicf^ts^ etle^érsuAqnpi servent. t(^utçs,ççs p^éçai^tio^s j^ tWt^? ces ^nesse^^ bijçp GQBQu^ n^i £ub41eixi«Q^ imaginées , loi^qu'on en donne «me ^ipoéîftivé el^ jonigiié eKp>lieation (à). Lespï'cWïèresiîVwiskJiiS dePEûiîyclôpédiè con-
(«iyoï^^ ?W^9pH?* î^^^fi^ l(9\l^m^.4A}^m^i^^
M.Girimii^ ne laissent plj^ le m^^re ;^oute s,uf jep^i lions perverses des encyçlçgé^stés. ^Ji^'on Use dan^^ ce l^^^' vais. 011^^, \a lettre. 4f I^^i^^Vif^H ^ VH??r^'^Hf i'--
Bttent .... . . r:....,. .
( 19) tenoient en tous genres une infinité de choses extrêmement repréhensibles , mais néanmoins les éditeurs emj^loyèrent des ménagemens et une sorte de décence dont ils s'affranchirent entièrement par la suite. D'ailleurs on n'étoit pas encore dans le secret des renvois , l'R ne pouvant se trouver dans le premier volume : on fut assez content du mot ^/ne qui, lu sans renvoi , n'offre rien de condamnable, et grâce à l'hypocrisie,. 1^ premier volume ne parut pas révoltant aux yeux des gens irréfléchis, qui forment toujours le plu3 grand nombre. Tous les frères se réunirent pour élever aux nues le Discours préliminaire de d'Alembert; on répéta, on écrivit dans u^ille brochures , que ce discours , aussi profond que brillant , étoit un chef-d'œuvre d'éloquence, et qu'on y t;rouvoit des pensées sublimes et un style toujours parfait. On ne peuvoit nier que le plan sur l'enchaînement des connoissances humaines ne fut tout entier dé Bacon, l'auteur du discours, en convient lui-même; on pourroit très-justemeiat critiquer plusieurs psgrties de ce plan., quoiqu'en général il soit bon; mais enfin i cette partie essentielle de tout ouvrage ii'appartient point à d'Alembert, qui ne peut revendiquer, que le style, toujours glacial ^ spiiven^.. incorrect , et rempli d'affectation ; cependant le? n.oaibreu«es voix des encyclopédistes retent^sant; danç toute
là France , eurent pour échos tous Jes lecteurs superficiels et tous les gens qui ne jugent que sur parole ; l'ennui même quç cause la lecture de ce discours contribua à sa réputation ; les personnes ignorantes et timides qui avoient quelques prétentions à l'esprit , et qui n'avoient pas eu le courage de le lire ^ se joignirent à ses admirateurs , uniquement pour se donner un bon air : aihôi Cette renommée s'étendît ; Tintrigue Tavoit formée, le préjugé la conserva : Tabbé Céruiti, dans' son langage ridicule, écrivit : quil nya\foit dans le monde que deux belles façades , ce/fe du LoUK^re et celle de V Encyclopédie , et cette belle pensée fut presque généralement applaudie. Voici quelques passages de ce fameux discours î ft A la tête des connoissances , qui consis- » tënt dans l'imitation , doivent être placées la » peinture et la sculpture, thi peut y joindre cet » art , lié de la nécessité et perfectionné par le » luxe, Tarchiteclure, qui s'étant élevée par de- >r grés des cbaumières aux palais, n'est aux yeux » du philosophe , ^i on peut parler ainsi, que le »" masque embelli 'd'un de nos plus grands be*^ »' soins. L'imitation de là belle nature y est moins » frappante et plus resserrée que dans les deux »- autres arts dont nous tenons de parler ».
*' Eè masque embètU d^un besoin !i.,. Quel langage et quel galtmathias baroque? D'ailleurs%
eomment l'architecture est-elle ; une imitation de la belle nature ^tX comment un palais imite-t-il un paysage , ou une belle créature humaine? Il €St impossible de déraisonner d'une manière plus ridicule avec un ton plus doctoral; l'auteur dit ensuite <fie la musique tient le dernier rang dans l'ordre de limitation : ainsi , suivant l'auteur , l'architecture imite mieux la belle nature que la musique , ce c^ui e^t tout aussi faux que le reste , car l'architecture n'imite rien, et la musique ( d'une manière abstraite ) peut imiter les accens de la ipé)ajqcol^e , de la 4ouleur , de Ia joie. L'auteur ajoute que la musique dans^ son origine n'étoit peut-être destinée àreprésenter que du bruit ; on n'est point étoiiné que rauteur ne reconnoisse pas , A'âprès les saintes écritures , que Vorigi^n^ d€ la n^usique est céleste (a) ; mais il auroit dû sayqiçjqp'rfle e^t djan? I4 nature, et c'^t upe d,?3'décûiAvert^ST d« natr^ célèbire «Bur méaftirv qiii ia ^u ^du*rer ^dans la base fondaliientaie; lef principe dé^llïârmônié et delà mélodie, mérite immeiisë datkis ce bel art, et que les îtaliens ne lui contestent pas. Daus ^es heureuses
{a) Aussi, coipmé le dît ingénieusement dans ses Peniées ^ un écrivain suédois , le chancelier Oxenstiern , la musique est le seul des plaisirs terrestres que l'on ait osé mettre dans te Ciel,
(aa)
et préfondes recherches sur ce point , il à lé pi'emier découvert , que tout corps sonore , lorsqu'on le frappé , rend .aussitôt naturellement , par l'émisçiori d'un seul son, les trois notesi i/e Ï! accord parfait ^ et dans cet ordre: la toîiique, la douzième et la dix-septième majeures, c'est ce que Rameau appelle la triniiè musicale [a).
D'Aleihbert prétend qu'il doit y avoir dans une république plus d'orateurs (é),d'hïstoriens et
(a) Rameau n'a pas étendu cette comparaison , à laquelle nous allons donner iin dévëloppéiâejit qui nous paroit offrir, quelque okose^^ neuf et de curieux : ' i<» , il est singt^lier qu'avant la découverte de Rameau , tous les mnaiciéiis
. ^e soient acoord^$ à appeler ;cet: accç^rd fie la. neOur^', oaite trinité musicale ^ accord ^parfait ; et 2*>, qu'il y.eût,aos$i une convention universelle de commencer et de finir toute composition musicale , par ce même accorda Te suis Valpha et Vàméga* 3*', enfin , 'piir ilné t^^a^l antique qu'invàliabl», toiiilé>dfss^àbce *en mt^^^ë seroit uii criirie 'irté^ inissiUé » c'est-à'idfrQ une Ganter vvtoléis^ie-; si Paocofd parfait ne U.^ai£Vo4;pas .; 1^ mot ^a»(>eir|çst dans ce cas jeu j^iqsique le mot technique ; observons encore que la inusique n'étant créée' que pour célébrer les louanges de Dieu , cet accord puisait de "îa nature est toujours majeur, parce que ce ton triomphant est le seul qui puisse chanter la gloire et exprimer les transports de la joie. L'homme dans son triste exil inventa lé lugubre ton mineur.
[b) Ouf, on en convient , surtout si cette république a une chambre de députés, et si l'on appelle orateurs n^ prodigieux nombre 4e personnes , autorisées à dire tous les
de philosophes, et dans une monarchie, plus de poètes, de théologiens et de géomètres. L^auteur fait, dans ce singulier jugement, l'aveu iadirect qu^il préfère les républiques aux monarchies, puisqu'il assure qu'il s'y trouve pàw de philosophes f et comme il méprise les théologiens qui, selod lui, sont en grand nombre dans les monarchies, il doit haïr cette forme de gouvernement. Cependant il nous apprend qu'on y trouve aussi plus de géomètres ^ ce qui doit tempérer son aversion; il ailroît bien du nou» dire pbiirquoî lés géomètre» fuient les républiques pour se l'éfligier danfe les monarehiès^; c'est line chose quHl est difficile de comprendre sans explication. ;;! . • i;
jours en public f tout ce ijni se présente à;^a:ç iQ^gîmltiA% On TJvpit dans ^nc jnon,^rchie soi^JL^ins XIV, et 4!^Q>!f ▼it^de Téijitables orateurs : -Bossnet (que. d'Alen^ert vqjl bien, dans .ce mém^..4J^o^^r,.pl^'^(^.^ ^^ de Qén^o»âiène}, Fép^o^ > 9ottrdflp^e» ^if^o\t^, MassiUon, s^r l^^fifi ,4n méine temps^; npa-^ei^inent.Uf, prêchant la ReJ^jy^;/^ ayec une éloquei^ce aàmir^ble^ jEoaîs U$ épuisèrent tous^ I^ jRij^ts les^pli|^,u|^l<;s.8ifv la^iuorfk^ i^s ^os^irent parler i^y^ én^gie çpntre les comc[fié.t^ .eji }9^ < gneirre^ ^\ . ^^^ wi «c^ coaquérai^t j il^ parlèijent j^veç ^ ,ip^^. force, sur les ^ Toirs'.^eç^ souver^n^» sur r ceux des.pères,; 4es.eplfm,.d^ époux^^çtc^ Enftj^^ilfl A'efnployèrei^t leiprs rjiy«s ;^|ew,,^ leiw ^ni^,, yi'à.,i^afïfJîçw l'P^» Ja^^JB^^t « ^ ^we ABWir la vertu.
Le ton.ljypocrite et la profonde duplicité qui régnent dans tout ce discours, suffîrpient j)Oiir le rendre odieux à toutes les per^oi^ne^ qui ont de la droiture ; nous n'en citerons que quelques traits :« Quelqii'absurde (dit l'auteur) qu'une i> religion puisse êire, (reproche que l'impiété » seule peut faire a la nôtre) (a) ce ne sont jà- » mais les philosophes qui ïa détruisent (b),
(a) Il n'étoït pas nécessaire cp'an philosophe prît la peine Mie nous 'apprendf e dàriS ceCle prudente, pàMithèse'qiiè'^i/i&-
.j , (6) Ils n'osjBBoijBnt ! fy^nt péu^ oçW tiipip aiiiiide.r<uidi*«, .^e ;l£| p^ix et ^e 1^ ^lor^jie^ et Iç» é^ipemeos dQ^t nofu ïiltt^f »v été témoins, prouTent apsez çonibien le^ philosQp^es rei^pêctentia Religion; et qui ne sait pas^ qu'ils sont incapable» de l'attaquer dans leurs écrits !... Cependant il est de fait que les philosophes ^'dans Fantiquité même , furent souvent re- . pLtèé&'cottitsie irêsr^dangeiieux;"et (Juiîs^ftïri^nl chWéi'de fldttie,^ souS lé gbttvtifiieinéiit dôui et hibdéré de Vespa- %i»ii;^îl^lnWnt I^rseid^V r'emai^^é'tnt éiérivâîh mO^detne fMi' ^é^er')',* qtii'ié'conti^ignii^ént ^tfuser'à'ïéur égard TÎWê' éèvétitè é^posêé^'à ^n hicliU^^ il y a phis ; ïës 'Mf^rèvii^^ ' eh dhâààint'les' jihîïosophés , àé faisôiéHÏ, '^it SiiéUiTie'^què 'sckiokformér ^â^àhcièHnei%ïsi portées càhtrv mes. ï:tf ^éffet/'dè^ Fâik iBtf ; tfttiAt l^fee^trf&i^^, ifi'a^'cîîéiit i*fé "bânhiff éè Rbliié'ï^r 'liA^di$eWéi'<!^^ s^iiWV parce qu'on "Vk TPÉfgardoit^fcAMWae^ dikcdWeWs'&iaûg^reux; caîià^^ ^ir.lëàis sôjtlhisfnéi" Ide'Téîiarfdi^ partnï li'' Jéuicksé' âes VpMohs 'fôftMfe' i \& patrie.' Ce'fii't' suif 'W m&ncs jprîn-, ^l^e&'que lé tîevô! Gatoii 'fît coitgédW pr'oibptetiién't fVol^
L'auteur proteste que les encyclopédistes « saus cabale et sans intrigue, n'attendent d'auw tre récompense de leurs soins et de leurs ef- » forts que la satisfaction d'avoir bien mérité de » la patrie (a). »
D'Alembert termine son discours en formant le souhait que cet ouvrage (f Encyclopédie) puisse étendre ' sur les cœurs l'empire de la vertu ! (^)... ©ans un supplément à ce discours , daps la préÉice du troisième volume , d'Alembert, après avoir prodigué de pompeux éloges à tous ses associé^ , ajoijte modestement: a Nous croyons » pouvoir nous appliquer ce mot de Çrémutius yiQovànÀiJSon'Seuïement on.se soui^iendra de » Brutus et de Cassius. on se souviendra encore ?) de nous. » Il Faut savoir, pour sentir la beauté de cette citation, qiie, par un otdre du çénat rqmain , les ouvrages de ce même Crén\utms Cordus, furent brûlés : Ainsi nous conviendrons que l'ap-
ambassadeurs phUosophes , «Jtc. ( Foy. sut le m^me sujet le
* (à) Ils éii^^iendoient' aussi ce qu'ils ont obtenu^^ le plaisir âè' ftiiré beteiiéoup ■ Vie ' bruit , ' celui' ttè ' ptodùite' une j^raiide
(6) On 5^<se(Mn)4^ ^es artiâes^ Population e^- Mrutippe, Jbbéy P)rthonisse, Genève, etc. , et tant d'autres , sont faits pouï étendre V empire de la vertu I,.,^
plication de ce mot aux philosophes modernes est parfaite, car il est certain que Ton àe souviendra toujours des principaux encyclàpédisteSj ainsi que de Roberspierre et de Marat,
L'indignation générale , après la publîcaftion du second volume, retarda de deux ans' là pu-» blication du troisième. Lés encyclopédistes promirent d'être plus sages àTavenir, et le feouvernement eut la foiblesse de permettre là continuation de cette pernicieuse compilation ! D^Àlembert, dans la préfacé doiit nous venons de parler, assure le. lecteur, que les éditeurs ne reprennent cette entreprise que parce que là fiation a usé au droit qu^èlle àifoit de l^ exiger. Comme la nation n'avoiipoint dXoxs^derepiyé^entans ,' comment s'y ^rit-elle ipoxà eocigèr ce pr^étehdu droit?' L'autéiif' ajoute dans cett^ même préfacé-, cette phrase si humble i nous, h^aspinons point au succès ^ nous ne demandions que de Vindulsence.
Tout le monde sait , à quel poii^t les^ encyclopédistes méprisoient les succès, et la gloire elle- >iiieme 4 xçttç; phrase s'accorde fm^.^i^Q Uftitation de Cr^utius Xïkirdufi «. «naig roes peilMs^ ioconséquences de la philosophie ne s^tynf'que des bagateUes^^ux jréax de ses adàftàrméim. '
NOTÉS