CHAPITRE XI
LE BARON, DIDEROT, D'ALEMBERT, GRIMM , M. DE CONDORCET , TOUSSAINT , L'ABBÉ MO- RELLET, HELVÉTIUS, L'ABBÉ RAYNAL, DAMI- LAVILLE, THIRIOT.
GRIMM
Vous avez sans doute lu, Messieurs, le dernier Sermon de Voltaire sur la tolérance ?
d'ale3ibert.
J'espère que vous n'en doutez pas
DAMILA.VILLE.
J'en ai distribué de ma main plus de cinq cents exemplaires
l'abbé morellet.
Il est d'une grande force.
GRIM3r.
« Mais Voltaire rabâche trop à présent. Sa Cai> iherine est une maîtresse femme , parce qu'elle
( 336 ) » est intolérante et conquérante; /ow^ les grands » hommes ont été intolérans, et il faut V être ^ et » si l'on rencontre sur son chemin un prince dé- » bonnaire, il faut lui prêcher la tolérance , afin » qu'il donne dans le piège j que le parti ait )) le temps de s'élever par la tolérance qu'on lui » accorde et d'écraser son adversaire. Ainsi le » dernier sermon de Voltaire sur la tolérance , )) est un sermony^^'^ aux sots et aux gens dupes ^ » ou à des gens qui n'ont aucun intérêt dans la » chose {ci). »
DIDEROT
Voilà de ces vérités qu'il ne faut dire que bien entre nous
GRIMM
Aussi ne vois-je point ici de profanes, ni de demi -philosophes
l'abbé RAYNA.L.
Non, non , nous n'avons point aujourd'hui de seigneurs de la Cour.
LE BAROiy.
Je me suis plu à rassembler à ce dîner l'élite de la philosophie; je n'y ai même admis qu'un seul déiste , M. Morellet (^) , et je me flatte que
[a) Correspondance de Grimm ^ i^"^^ partie, tom. II, pag. 242 et 243. Voilà enfin de la franchise! {a) "Voyez Mémoires de Vahhé Morellet.
( 337 ) M. (iriium lie tlcsapproiivcra |)as cette espère de tolcraiice.
GIUMM.
Certainement , car elle est sans aucune conséquence ; (les déistes et des athées sont d'accord sur tous les poinis essentiels, ils ne se chamailleront jamais. ( On rit. )