‹ Les dîners du baron d'HolbachChapitre 35 sur 37 · DE PONDEVESLE · texte numérisé non relu

DE PONDEVESLE

Je suis persuadé que si les^ charmans contes d'Hamilton paroissoient aujourd'hui pour la première fois^ ils n'auroient aucun succès.

M. DE MALESHERBES

Ils ne contiennent aucune satire, ils ne sont ni licencieux, ni impies, ni séditieux; on les trouveroit trop frivoles.

LE CHEVALIER

La remarque est très-juste : nos beaux-esprits ont décidé qu'il y a une profonde philosophie

dans l'esprit de révolte , dans la licence et dans l'irréligion ; ils ne peuvent soutenir sérieusement de telles choses quepardesgalimathias et des amphigouris; ils ne peuvent plaisanter dans le même sens qu'en prenant un ton burlesque, et en employant continuellement les mensonges , les calomnies et les injures les plus grossières; s'ils parviennent à rendre cette mode générale, on ne parlera plus de l'urbanité et de la gaieté françaises....

M. DE POINDEVESLE.

Et la littérature tombera dans la plus entière décadence.

M. DE MALESHERBES

Joignez à tout cela le néologisme....

LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

Et l'Anglomanie, qui nous fait joindre à cette fausse gaieté dont nous venons de parler, le goût des scènes les plus lugubres et la passion des tombeaux : nous en avons dans nos jardins, dans nos poésies, dans nos romans, dans nos tableaux....

LE CHEVALIER

Nous devons surtout cette mode aux ISuits d*Young^

LA C03ITESSE,

J'ai été en Angleterre, et je puis vous assurer

( '>oo) que les Anglais sont fort loin ( l'être aussi tristes que nous nous les représentons; nous ne connoissons en général de leur littérature que ce qu'elle a de sombre; ils ont pourtant d'exccliens ouvrages d'un très-bon comique.

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