DE PONDEVESLE
Je suis persuadé que si les^ charmans contes d'Hamilton paroissoient aujourd'hui pour la première fois^ ils n'auroient aucun succès.
M. DE MALESHERBES
Ils ne contiennent aucune satire, ils ne sont ni licencieux, ni impies, ni séditieux; on les trouveroit trop frivoles.
LE CHEVALIER
La remarque est très-juste : nos beaux-esprits ont décidé qu'il y a une profonde philosophie
dans l'esprit de révolte , dans la licence et dans l'irréligion ; ils ne peuvent soutenir sérieusement de telles choses quepardesgalimathias et des amphigouris; ils ne peuvent plaisanter dans le même sens qu'en prenant un ton burlesque, et en employant continuellement les mensonges , les calomnies et les injures les plus grossières; s'ils parviennent à rendre cette mode générale, on ne parlera plus de l'urbanité et de la gaieté françaises....
M. DE POINDEVESLE.
Et la littérature tombera dans la plus entière décadence.
M. DE MALESHERBES
Joignez à tout cela le néologisme....
LE MARÉCHAL DE RICHELIEU
Et l'Anglomanie, qui nous fait joindre à cette fausse gaieté dont nous venons de parler, le goût des scènes les plus lugubres et la passion des tombeaux : nous en avons dans nos jardins, dans nos poésies, dans nos romans, dans nos tableaux....
LE CHEVALIER
Nous devons surtout cette mode aux ISuits d*Young^
LA C03ITESSE,
J'ai été en Angleterre, et je puis vous assurer
( '>oo) que les Anglais sont fort loin ( l'être aussi tristes que nous nous les représentons; nous ne connoissons en général de leur littérature que ce qu'elle a de sombre; ils ont pourtant d'exccliens ouvrages d'un très-bon comique.