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LE PAPE PIE IX

(HOMME DÉTAT)

Le monde entier contemple Rome en ce moment solennel! Toutes les espérances de progrès, de liberté, se rattachent à ce pontificat qui commence sous de si grands et de si puissants auspices. A la fin du siècle dernier, si dédaigneux pour le catholicisme , et même à dix années de nous , quand une petite école d'université et de cours public disait : « Le christianisme est mort, le pape est un mot, Rome pontificale une ruine d , qui aurait pensé que ce christianisme, le pape et Rome deviendraient une fois encore Tespérance de la liberté humaine? Qui sait I nous sonunes à la veille d'un nouveau moyen âge , d'une croisade préchée par les moines, d'une guerre du pontificat contre la maison de Souabe , des Guelphes et des Gibelins I

Celte magnifique attitude de la papauté n'est pas ckoft neuve ou étrange. Quand il fallut délivrer FEorope du joug des Sarrasins, qui prit Tinitiative? un pape! quand il fallat abolir le servage , rétablir la discipline , faire respecter h femme couronnée , l'unité , la sainteté du mariage , qui prit la parole encore? un papel quand il s'agit de chasser les Turcs de l'Europe, de rétablir la Grèce» de sauver la liberté, de restaurer les arts , les lettres , les spleudides débris de l'antiquité , qui prit l'initiative? encore un papel tant fl est vrai que le catholicisme est la source de toute puissance, de toute civilisation ; car il contient avec lui-même les grands principes de toute société constituée, la foi, l'antorité, la liberté.

C'est à ce point de vue que la Révolution firançaise manqua son but. Héritière des petits marquis, des philosophes du xviii* siècle, elle se fit impie, railleuse de toute croyance qui exalte l'âme; elle blessa le sentiment chrétien ; elle l'éteignit chez les peuples; elle souleva des tempêtes sans les diriger. Si elle avait invoqué les émotions catholiques des Irlandais , des Italiens , des Espagnols , des Polonais, des Belges, aurait^Ue trouvé ces résistances qui Tout à la fin brisée ? La Révolution ne fut ni chrétienne ni française ; elle vécut avec les Grecs, les Romains et les philosophes. Maintenant commence une nouvelle époque, à mon avis, aussi grande pour la religion qu'elle est dangereuse pour les gouvernements; à mesure que les rois

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