GUILLAUME ET ALEXANDRE DE HUMBOLDT. SI
grès de aiâtillon fut dissous. La guerre recommença sous les mors de Paris, qu'une capitulation ouvrit aux armées alliées. Alors le baron Guillaume de Humboldt, qui avait joué un rôle de premier ordre dans les affaires, s'eBaca devant rinfluence du prince de Hardenberg, qui vint prendre lui-même la tête des négociations au traité de Paris.
A cette époque étrange de la première restauration, les haines s'étalent comme apaisées ; il y avait un si grand bonheur pour tous d*étre délivrés de ce joug terrible de Napoléon , de cette oppression qui planait sur les âmes , que la Prusse elle-même, victorieuse, renonça à toutes représailles; le traité de Paris, de 1814, fut signé par H. de Hardenberg» et en seconde ligne par le baron de Humboldt, et presque aussitôt s'ouvrit le congrès de Vienne. Dans ce congrès , où furent discutées les questions générales, il se forma des comités, chacun avec sa mission particulière : ainsi, la Prusse y avait trois représentants, le prince de Hardenberg, le baron Guillaume de Homboldt et M. de Bulow; M. de Humboldt fut chargé de la partie la plus difficile, la question de la Saxe, de si haute importance pour le cabinet de fierlin. A Taide de cet esprit de réaction, vif et profond, soulevé contre Bonaparte, la Prusse avait cherché un moyen d'agrandissement ; la fidélité de la maison de Saxe pour les idées françaises, les agrandissements que le vieux roi avait acpeptés en Pologne, faisaient dire à la Prusse qu'il n'y aurait rien de phi» légi-
Si DIPLOMATES EUROPÉENS.
time qac de dépouiller la vieille lignée de Vitikind aa profit des gouvernements qui s'étaient levés pour la sainte cause. Dresde et Leipsick paraissaient nécessaires à la configuration commerciale et militaire de la Prusse. Les droits de la Saxe étaient défendus fermement par la France , un peu par TAutriche, et absolument délaissés par TAngleterre et la Russie. Le baron Guillaume de Humboldt, profondément pénétré de l'esprit prussien, était très-dessiné contre la maison de Saxe, qui» selon lui, devait être dépouillée, parce qu*elle avait trahi la cause allemande. De là résulta une difficile négociation, soutenue même à main armée, dont la fin fut un compromis : une partie de la Saxe fut cédée à la Prusse, mais Dresde et Leipsick demeurèrent aux mains de la dynastie saxonne. Ce fut une des négociations qui révélèrent dans M. de Humboldt un esprit de suite et de persévérance ; le roi Guillaume le récompensa par le don d*une terre d'un revenu considérable.
A ce moment éclatent les Cent- Jours , et ici je trouve encore le baron Alexandre de Humboldt à Paris. Son goût irrésistible le porte aux études au milieu de nos académies. 11 a vu rentrer Louis XVIII sans s'émouvoir; maintenant c'est le tour de Bonaparte, et le baron demeure pour examiner et attendre les événements. Dans tout le cours de sa vie, le baron Alexandre a manifesté des opinions fort libérales qui l'ont lié au parti de Topposition, en 181^». A l'aide de cette bonne position, il peut librement observer l'état des