GUILLAUME ET ALEXANDRE DE HUMBOLDT. M
partis et juger la marche des affaires de France, dont il renseigne son gouvernement. Napoléon une fois maître du pouvoir, a senti que tout son danger vient de T Europe; il ?eut donc se servir de tous les éléments qu*!! a sous sa main, pour faire pressentir les cabinets. En même temps que la duchesse de Saint-* Leu écrit è l'empereur Alexandre» M. Ouvrard à l'Angleterre , M. de Stassard au prince de Metternicli, M. Maret va voir M. Alexandre de Uumboldt, afin qu'il pressente la Prusse elle-même sur les conditions possibles de la paii : il ne s'agit plus de conquêtes , de territoire ou de nouvelles invasions , on accepte tous les traités avec l'application d*un système modéré et représentatif, sons la dynastie napoléonienne. M. de Humboldt se charge de communiquer ces propositions è son gouvernement. Il oe s'engage à rien qu'à se poser en intermédiaire pacifique, faisant toujours servir ces ouvertures à la bonne information de son gouvernement. Songer à la paii était chose absurde: croire possible que les gouvernements po- * sassent les armes devant Bonaparte aux Tuileries , c'était De pas avoir Tintelligence des véritables éléments européens. Aussi la guerre se fit et les alliés entrèrent une se* coude fois dans Paris.
Ici se présente une situation qui doit être particulièrement remarquée en ce qui touche la Prusse ; tout le parti libéral de l'Allemagne armée sous Blucher, la landwehr, les levées en masse, étaient saisis d'une violente oolère
se DIPL0MAT1BS EimOPÉENS.
contre la France , qni deui fois avait nécessité la guerre. Aussi la plupart des excès de TinTasion vinrent des Prussiens, enfants de l'insurrection et de la liberté. Dès que Paris fut au pouvoir des alliés par la seconde capitulation, un congrès de ministres étrangers dut se réunir, et le baron Guillaume de Humboldt y fut encore chargé des intérêts de la Prusse. Dans cette circonstance délicate pour tous et si malheureuse pour nous, il se montra impératif, exigeant ; ses notes» qui demandent la cession de Montmédy, Longwy, Metz, Thionville et Sarrelouis, en font foi \ Le baron de Humboldt avait adopté la doctrine de M. de Gagern, plénipotentiaire des Pays-Bas, à savoir, a qu'il était permis de recouvrer par la conquête ce qui avait été perdu par la conquête. » De là, une conclusion extrême, que l'Allemagne pouvait reprendre l'Alsace , la Lorraine ; et les Pays-Bas » pouvaient obtenir la Flandre et l'Artois.
De ces étranges prétentions, il ne fallait pas en faire un reproche à M. Guillaume de Humboldt seul, car tel était alors l'esprit général de l'Allemagne, implacable contre nous. On a écrit que c'est à l'intervention du baron Alexandre de Humboldt que l'on doit la conservation du pont d'Iéna que Blucher voulait faire sauter. C'est une erreur de la flatterie scientifique ; ce qui sauva le pont d'Iéna, c'est la précaution prise par le duc de Wellington d'y faire mettre an
1, Je les ai publiées dans VBiitoire dé ta Restauration.