‹ Les diplomates européensChapitre 110 sur 117 · LE PAPE PIB IX · texte numérisé non relu

LE PAPE PIB IX

armes lui plaisait. La garde noble, belle institution, entoure les souverains pontifes aux jours de solennités, comme les anciens patriciens environnaient le consul quand il marchait au Capitole; les régiments pontiQcaux, depuis 181b, furent presque toujours composés de soldats de Napoléon; et les beaux carabiniers des Etats de Rome étaient la plupart décorés. Horace Vernet a reproduit quelques-unes de ces martiales flgures, soit dans son tableau de la Confession du brigand, soit dans la reproduction des Courses de che^ vaux libres à la place du Peuple et au Corso. Horace Vernet aimait les papes, le Capitole, le Vatican ; la plus belle époque de sa vie est celle qu'il passa dans la ville éternelle. Nous en sommes tous là.

Giovanni MastaT eût donc suivi la carrière militaire avec goût, avec passion, si un grave événement de sa vie n'avait déterminé immédiatement sa vocation pour le service de Dieu. Ici deux légendes se rattachent à cette vocation subite d'un jeune et noble officier. 11 est rare que lorsqu'on voit naître comme spontanément une résolution si forte, on ne cherche pas dans les grands froissements de la vie ou dans le supernaturalisme, la cause première d'un si prompt désabusement. Les uns contaient donc qu'une vive et puissante passion contrariée avait été la cause première de cette résolution ; il aimait une femme qu'il ne put obtenir, et s^ illusions ainsi toutes détruites, il renonça à un inonde qui ne lui offrait plus que déceptions et tristesse ;

légende assez commane, qui platt parce qu'ette se rattache aux tendres affections, et l'on aime à la nouer comme une couronne de roses, au front de tous les honunes célèbres, qui ont renoncé à l'existence active des plaisirs et du sensualisme, pour se briser la tôte contre un rocher, au bruit murmurant des ruisseaux dans la solitude.

L'autre légende est plus pieuse ; le jeune officier, à la veille d'entrer dans la garde noble, tomba malade si griè* vement qu'on en désespéra autour de lui, dans sa famille ; alors alité, Giovanni fit un vœu, vœu solennel à la Madone, cette protectrice de Tltalie : s'il guérissait de la fièvre brdlante qui le consumait, s* il obtenait un peu de santé et de vie, ce serait pour se consacrer à Dieu dans l'ordre de prêtrise ; et la guérison miraculeuse arriva si prompte, si complète, que la main céleste apparut au jeune officier ; il suspendit, comme saint Ignace, sa grande épée de' chevalerie au chevet de son lit, et demanda à entrer dans un séminaire, afin de s'instruire dans les ordres sacrés. C'est une observation à faire dans l'histoire de TEglise que Textréme tendance qu ont toujours les hommes de guerre à se vouer au cloître, sous la règle quelquefois trèfr-sévère. Ce n*est pas seulement repentir des fautes comme au mo;en âge, où l'on rachetait le péché par la pénitence ; c'est que le caractère du soldat est plein de foi, de croyances, de chaudes et nobles passions ; après la vie errante, aventureuse, la retraite et la solitude. Soldat on s'est accoutumé aux priva-

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