‹ Les diplomates européensChapitre 112 sur 117 · LB PAPE PIE IX · texte numérisé non relu

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soldats, comme les antiques prétoriens, imposèrent des conditions aux royautés ; une agitation soudaine ainsi se répandit, et le congrès de Laybach décida que ces tentatives de révolution seraient réprimées. L'Autriche se chargea de l'exécution; l'histoire a dit ce que fut la véritable résistance des Italiens; ils s'enfuirent devant les baïonnettes allemandes. De ce triste exemple, les esprits graves durent tirer deux conséquences sérieuses : l"* que la révolte bruyante n'avait d'autre résultat que celui de grandir la puissance de r Autriche en Italie; 2^ qu'il n'y avait pas dans le caractère italien une suffisante énergie pour résister aux forces du cabinet de Vienne. Le meilleur moyen était donc d'obtenir le progrès par les concessions émanées du gouvernement sous lequel on vivait, sans chercher à le renverser. II n'y eut que des proscrits de plus ; un des frères de l'abbé Mastal fut obligé de quitter l'Italie.

Il est bon de s'arrêter avec attention sur l'attitude que prit alors la France au milieu de ces événements, parce qu'elle pourra servir à tous les temps et à tous les systèmes de diplomatie. Nous étions sous la Restauration , c'est-à-dire sous un gouvernement en dehors des partis révolutionnaires : ceci lui créait une admirable position en diplomatie par rapport aux intérêts italiens. La France, qui ne pouvait pas empêcher l'exécution des articles du congrès de Laybach, intervint comme médiatrice; elle aida de tout son pouvoir les gouvernements de l'Italie à faire une restauration

par enx- mêmes sans en appeler aux Autrichiens; ainsi pour le Piémont, elle s'opposa de toute sa force à l'entrée des troupes que la cour de Vienne dirigeait sur Turin ; et quand la révolte fut apaisée , le système français dut se créer partout des liens intimes en Italie, ce qui amoindrissait d'autant l'influence de l'Autriche : nous sommes aimés , elle ne Test pas par les populations de ce noble et beau pays. Dès qu'on cesse de nous craindre comme réyolutionnaires , on nous chérit pour nos mœurs aimables, notre caractère si bienveillant , spirituel , en si parfaite harmonie avec les mœurs et les habitudes faciles et joyeuses de Naples, de Gènes, de Milan et de Florence.

Élevé par Pie VU à la prélature, avec le titre de canonieo di sania Maria di Vialala^ l'abbé Giovanni Mastal fut désigné pour faire partie de la mission du Chili , comme auditeur de monsignor Muzi , nommé vicaire apostolique par Pie VU. Tout ce qui se rattache à Rome prend un caractère universel ; elle est véritablement le centre du monde ; on n'y traite pas d'une circonscription territoriale, d'un point fixe; partout où il y a trois chrétiens réunis, l'autorité de Rome s'y étçnd et les protège. Je ne sache rien d'admirable comme le collège de la propagande; tous les idiomes, toutes les langues y sont parlées , tous les systèmes religieux étudiés avec la grande érudition du x\iV siècle : de là partent les missions pour l'Inde, TAmérique, jusqu'aux terres les plus éloignées , les plus inconnues. II n*est pas une idée qui ne

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