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comme en Anemagne, sous un système de diète on de consulte. Nous avions successivement conquis toute l'influence qui appartient légitimement à la France, lorsque surgit la révolution de Juillet, le grand désordre européen.
Ce soudain et étrange ébranlement de peuples, jeta une vive et profonde émotion en Italie. Le carbonarisme endormi se réveilla : des députés vinrent se réunir et se grouper autour du patriarche de la révolte et de la propagande, M. de Lafayette, qui embrassait les larmes aux yeux ses chers amis et frères de Modène, de Bologne. Dans ce désordre, le long et habile travail de la Restauration pour reconquérir rinfluence française en Italie, fut perdu ou compromis ; les gouvernements légitimes étaient trop efiirayés de la révolution et de la propagande, pour Tenir à nous. Alors se montra de nouveau TAutriche ; le système de M. de Hetternich s'appliqua spécialement à exagérer les dangers de la situation, à Turin, Rome, Naples, à montrer surtout que révolutionnaires par principe, nous protégerions de tous nos efforts les réfugiés auxquels la Chambre rotait des subsides avec enthousiasme; dès lors, l'Italie n*avait de protection qu*à Vienne; là seulement, les gouvernements légitimes auraient appui. Apartirde 1830,malgréleseffortsde nos légations, toute l'influence française fut perdue dans les États de second ordre; on nous disait toujours: aVousètesdes propagandistes, qui nous jetez sans cesse votre vieille Mar-seillaise, votre vieux drapeau , votre Parisienne à la face. »
L'Autriche donc triompha , parce qu'elle se fit protectrice du gouvernement menacé et qu'elle offrit partout le concours de sa force répressive.
La crise fut encore agrandie à Rome par la mort de Léon XII f et la nécessité immédiate d'un condave. Use réunit au bruit de la révolte, au moment où le carbonarisme se réveillait avec une bruyante ardeur sur tous les points de la péninsule italique. La France révolutionnaire, sous le pitoyable ministère de M. LafBtte, dédaigna de s'occuper de si peu de chose que l'élection d'un pape; nous n'avions ni influence, ni cardinaux : qu'était alors un pape, lorsqu'une saturnale immonde piUait Saint-Germain TAuxerrois, et saccageait Notre-Dame ? Tant est admirable la providence de Dieu, qu'il sortit de ce conclave de 1831, un des choix les plus parfaits, Grégoire XVI, pauvre moine, simple camaldule, mais d'un esprit ferme, conciliant, érudit de premiw ordre, qui parlait toutes les langues savantes et antiques ; son seul défout fut une extrême modestie, qui ren4>âchait de prendre son rang et sa force parmi les car- ^aux; il fut plus gouverné qu'il ne gouverna. Sorti d'un lieu si humble, il se croyait toujours le pauvre moine d'autrefois; de sorte que beaucoup d'abus restèrent encore; les chefs des grands ordres monastiques gardèrent trop de pouvoir; l'administration provinciale ne fut ni asseï fenne, ni assez régulière ; il y eut des mécontentements ; la politique extérieure demeura comme autrefois aux mains du
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r rardinal Bernetti» trop cooTainoa peut-être que la sûreté de
[ ritalie dépendait de la protection de l'Autriche.
Sous Grégoire XYI, monsignor Giovanni Mastaî fut DoromééVéque d'Imola, circonstance qui paraK très-étrange à nos eanonistes. Geui-ci demanderont comment un archevêque est fait évéqoe par le pape, c^est-à-dire, comment il descend d*un cran dans la hiérarchie. On se rappelle Fobseryation que déjà j'ai faite : devant l'immense autorité du pape» toute hiérarchie disparaît; la dictature crée et défait à son gré, et ces arcbevéques-évêques conservent le double ^ titre hiérarehique. Grégoire XVl, en élevant monsignor
Mastaî au siège d'Imola, avait voulu rendre hommage à la mémoire de Pie VU, qui avait si admirablement gouverné ce diocèse; Tévèque Mastaî était de la même famille ; le souvenir en était cher à toute la population ; le nouveau pasteur avait des vertus chrétiennes aussi saintes, aussi exaltées. Ge fut donc une admirable administration qne la sienne: à Imola, elle a laissé la plus profonde trace; la charité, la liberté, Tégalité chrétienne, saintes sœurs, purent se tenir par la main, comme un chœur de vierges. Pie VU ( le général Lannes l'avait reconnu dans la première campagne d'Italie) portait une Ame républicaine. Dans sa famille, qui le sait? ces traditions se conservent.
On était alors en pleine révolte dans les Légations romaines, comme à Parme, à Modèoe; M. de Lafayette à Paris pouvait s'apphuidir d'avoir jeté le désordre en Italie,
et avec ce désordre , la Fraaoe avait perda la légitkiie influence de sa diplomatie; nous n'avions plna aucun crédit i TAutriche absorbait tout, et les choses devinrent telles* que le pape appela de lui-même l'appui du oabinet dé l^enne« autant dans l'intérêt de son pouvoir, que dans celui de la paix publique; car les volontaires pontificaux» lespapelinif troupe indisciplinée, pouvaient faire un parti sanglant aux classes moyennes en révolte ; l'entrée des Autrichiens dans les Légations détermina Texpédition d'Ancône S qui plaçait si singulièrement la France vis-à-vis du saint-siége. Grégoire XVI s'en plaignit, protesta avec indignation; mais rindicible besoin de conserver la paix de l'Église, lui fit patiemment supporter cet acte de violence qui avait grandi la puissance morale de l'Autriche; elle tirait parti de toutes DOS fautes. L'administration de monsignor llastaf, fut si particulièrement remarquée par son zèle, sa sagesse^ qu'il fut créé cardinal par Grégoire XVI, dans la promotion du 23 décembre 1839.
Cardinal I titre immense qui réveille toutes nos pensées, toutes nos émotions historiques 1 Dans nos annales , qu'elles furent belles les administrations de cardinaux , toutes maN quées au coin d'une grande politique! A Rome, aujourd'hui encore , le titre de cardinal a gardé tous ses prestiges: ce vêtement de pourpre, cette barette rouge, ces bas rouges
1 . Voy. rarlicle Sainte -Auiaire et mon livre de VBurape depuii Vavê^ nement de LouiS' Philippe.
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aoMi ; tout répand l'idée de la grandeur et de la puissance : les fortunes terrestres périssent « celle-là survit à toutes les disgrâces. Bonaparte mourait captif à Ttle Sainte-Hélène , dépouillé de son titre d*empereur, et son oncle, le cardinal Fesch ?i valt à Rome dans un palais de famille avec les mêmes honneurs et la même grandeur cpi*au temps de la toutepuissance de Tempire français. Le cardinal Mastaï n*abandonna pas son cher diocèse dlmola où il vivait adoré de tous les habitants ; de temps à antre il venait à Rome pour rendre son hommage au Saint-Père, le conseiller, le diriger pour les affaires générales du pontificat.
Parmi les cardinaux il y avait trois partis alors : 1"* celui ,; des réformes progressives dans l'administration des pro-
^ k' vinoes et qui appelait une certaine participation des laïques
, y aux droits et aux privilèges municipaux ; 2** les vieux zelanti
.V sous le cardinal Lambruschini qui confondaient toute ré-
forme légitime avec l'esprit de révolution; S*" enfin les politiques tradftionnels qui avaient foi en l'Autriche seule et ne se conduisaient que par ses conseils. Grégoire XYI , esprit droit et timoré, avait peur des innovations ; il craignait de voir s'écrouler par sa faiblesse le vieil édifice do pontificat ; il n'était pas Autrichien, mais il n'était pas novateur. Cet auguste vieillard était porté pour les intérêts ^ . de la France ; toute sa correspondance révélait un amour,
un zèle indicible pour notre Église , pour le roi qui était appelé è la protéger, pour la reine Marie-Amélie surtout ,
avec qui le pontife entretenait une correspondance attentive. Grégoire XVI avait peur du mouvement , du bruit; il passait sa vie dans l'étude, la méditation» les commentaires des livres saints. Le gouvernement de l'Église était placé tout à fait en dehors des progressistes; et peut-être ici vais-je étonner ceux qui considèrent TAutriche conune la plus grande ennemie des systèmes novateurs, quand je dirai que les plaintes les plus sérieuses, les plus graves contre le système d'immobilité administrative préféré par Grégoire XVI, vinrent de l'Autriche. Le cabinet de Vienne, soit qu'il voulût se créer une popularité dans les Légations, soit qu*il fût de bonne foi , conseillait d'accorder une administration laïque a Bologne, à Ferrare, et surtout de prendre un parti sur les réformes du système financier, grandement obéré pendant le pontificat de Pie VIL
Ce fut sur ces entrefaites que s'engagea auprès de la cour de Rome une négociation importante tant au point de vue parlementaire qu'au point de vue diplomatique, j'entends parler de l'expulsion des jésuites; je dois m'arréter un peu sur ce sujet , parce qu'il fut l'occasion la plus décisive qu'eut le ministère de M. Guizot de traiter avec Rome, et l'origine de la mission du comte Rossi. Nul ne possède à un plus haut degré que M. Guizot le sens historique, nul par conséquent n'a pu et dû mieux comprendre la puissance morale de la papauté sur le mouvement des esprits. Dès que sur la ridicule proposition de H. Thiers la Chambre eut