GUILLAUME ET ALEXANDRE DE HUMBOLDT
coq^e-garde anglais arec des sentinelles que le feld-naaréchal Blacher devait respecter ; H. Alexandre de Humboldt n'eat rien è Rilre en tout cela. Son frère nous demandait les places fortes de la Meuse. Le baron Alexandre aurait eu une belle occasion de se montrer dans son extrAme amour pour la France, en préservant nos dépftts scientifiques, littéraires et. des beaux-arts» des représailles commises par les alliés. J'ai beaucoup fouillé dans les archives diplomatiques, et j'aurais désiré trouver une pièce, an acte qui constatât l'intervention bienveillante du baron Alexandre de Hnmboldt, pour préserver les musées, les bibliothèques, dans lesquelles souvent il avait trouvé une si généreuse hospitalité.
Ce fut è une autre intervention , h celle du duc de Richelieu spécialement et de l'empereur Alexandre, que la France dot quelque adoucissement à ses malheurs; la popularité scientifique de H. de Humboldt est assez grande, les éloges des joumaax assez retentissants en sa faveur, pour laisser le mérite à ceux qui , en servant leur pays , n'ont pas eu rhonneur de tant de phrases dans la presse périodique. A peine les alliés quittèrent-ils Paris , que les ministres aile* mands se réunirent à Francfort pour délibérer sur les destinées de la Germanie : et ici se manifestent déjà les deux opinions qui divisent les hommes d'État du cabinet de fierlin. L'effort des Afiemands, en 1813, glorieux et si beau poar la patrie , avait insph*é et créé une école libérale qui
appelait Tunité constitationnelle de rAllemagne. Tout le monde était d*accord sar ce point , que rAlIemagne deyait être constituée; mais on difTérait essentiellement sur les termes et le but ; ce que voulait Técole des véritables hommes d*État , c'était Tunité allemande résultant d*un vaste et fort système de confédération , de manière que 8*il s'élevait jamais à Tétranger un homme encore à la hauteur de Napoléon , il trouvât dans la force même de la nationalité germanique une résistance eflicace à ses projets ambitieux, liais k c6té de cette école de force et d'avenir, il s'en était élevé une autre de constitulionalisme anglais et français , dont le but spécial était d'appliquer à TAllemagne le gouvernement représentatif. Et je crois que dans cette dernière catégorie, on peut placer le baron Guillaume de Humboldt, quoique avec des expressions très-mitigées.
Le feu roi de Prusse avait pris^ il est vrai, quelques engagements de liberté dans ses décrets de levée en masse, en 1813, et ces engagements tenaient à la réaction patriotique que récole de Stein, de Blûcher , avait imposée aux époques de crise, dans des temps d'effervescence et d'exaltation. Mais ces engagements étaient-ils de nature à nécessiter le bouleversement des antiques institutions prussiennes qui reposaient sur trois points essentiels : 1<> la force militaire ; 2<> la parfaite et économe administration ; 3° la liberté philosophique? Qu'aurait produit, je le demande, le gouver* nement représentatif appliqué à la Prusse? En dehors des