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convictions moins absolues; tous les partis veulent marcher vers la liberté religieuse et la liberté civile, effiscer les traces vidlUes du despotisme protestant ; sauf pour quelques entétés, la voie est largement ouverte.
Il ne s'agit plus maintenant que de résoudre les questions pratiques de propriété et de gouvernement. Autour de nous tourbillonne un mouvement qui emporte les esprits vers un avenir inconnu et mystérieux ; la puissance anglaise est parvenue à un degré de grandeur incomparable dans Tlnde, dans la Chine, dans 1* Amérique; le prolétariat est le seul danger qui la menace : s'occuper des classes laborieuses, c'est sa mission et son devoir. Ces questions lui restent à résoudre, parce que la civilisation moderne, toute brodée d'or et de pierreries, cache sous son manteau splendide une vermine qui la dévore, et je crois que , sous ce peint de vue , l'idée de corporation chrétienne dans les conditions de secours et d'égalité, pourra seule résoudre ce problème si difficile d'organisation et de prospérité pubMque.
Le défaut de lord Pabnerston est de ne point assez s'occuper de ces questions intérieures, dans lesquelles M. Peel «'était peut-être trop absorbé ; lord Palmerston s'agite avec pétulance au milieu des cabinets, lorsque le premier besoin de tons ces cabinets est de demeurer en repos. Son caractère irascible se préoccupe de certains incidents qui ne sont pas des affaires capitales pour l'Europe, qui n'a que faire de ses emportements. De là, ses fautes dans la
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question des mariages espagnols. Nous savons bien qae dans cette affaire, il y a pins de lord Clarendon que de lord Palmerston; mais en tonte hypothèse, la mauvaise humeur s'est montrée ; le ministre n'a point assez vu le sens réel de la question ; il s'est laissé entraîner aui vieux ressentiments du parti Pitt contre la maison^de Boniton et 1â France. De ce que les l[>lans caressés par Timagination de qttélques-uns n'ont pas réussi, est-ce un motif pour se laisser aller à une colère publique? En quoi lord Palmerston s'est trompé en cette circonstance, le voici : c'est qu'il s'est imaginé qu'il ferait reculer la France , dans une question ou la Justice et le droit étaient pour nous. S'il a réussi dans sa politique en 1840, c'est, il Tant le dire, que la question était mal engagée. On avait un ministère brouillon qui avait fait trop de bruit pour ne -pas reculer ensuite faiblement; on s'était posé en fanfaron, on dut finir en couard , comme les faux braves dans un duel. L'Europe ensuite , qui voyait la question s'agiter brûlante sur le terrain de la propagande, avait besoin de donner une leçon aui révolutionnaires, et c'est pourquoi les cabinets prêtèrent aide à lord Palmerston et à la politique anglaise.
Aujourd'hui, à l'occasion des mariages espagnols, la France , s'étant appuyée sur la justice et le droit , a dû tenir un langage ferme, modéré; une fois cette attitude prise, elle devait s'y tenir , ne pas reculer, parce qu'elle n'ovètt pai Avhncé au déU dés liniitès; comme elle ètèit
LOBD VICOUTE PALttEHSTON. «7
dans le sens des traités, dans la politique de tradition, toutes les exigences de lord Palmeston étaient saiis motif et sans portée ; elles sont restées sans résultat. La tie ministérielle de lord Palmerston s'est donc compromise par ses irritations sur les mariages espagnols , et cette colère raveugle à ce point que les questions capitales ne sont plus pour lui que des accessoires : au congrès de Vienne, en 1B14 et 1815, lord Castlereagh, le duc de Wellington, fltent leur préoccupation diplomatique de la nationalité polonaise. Tout convergea vers ce résultat; TAngleterre se liait à la France , et les deux cabinets agissaient en commun pouf Constituer une barrière à Tinfluencé russe. Aujouiidliui Hea de semblable; tord ^almerston dans son amourpropre blessé se contente d'une légère et impuissante protestation pour le fond et ta forme. Il s'isole, et cela parce qu'il garde au cœur ce iiuMI appelle un manque de procédé ; il voit à travers le prisme d'une politique qui n'a même pas la grandeur de la question de 18U>.
Une telle attitude, dans ce qu'elle a d'étroit et de per^ sonnel, pourra porter malheur à la fortune ministérielle de lord Palmerston. Une situation hostile avec la France n'est pas populaire en Angleterre; le peuple anglais, qui a toujours Tadmirable instinct de ses nécessités politiques, pense d'abord à ses plaies Intérieures et profondes ; il fhut les calmer, sinon les guérir, et pour cela il faut la paix. On ne peut même expliquer que par cette nécessité impéraUve sa récente
condescendance pour les prétentions des Américains : s*il était une circonstance où il fallût déployer Tétendard de la vieille Angleterre, c'était alors qu'on l'outrageait d'une façon si publique en rejetant son ultimatum, et cependant rien n'a été fait. D'on vient tant de fierté pour une petite question ? est-ce qu'on s'imagine faire peur et tout obtenir T Je pense que lord Palmerston a méconnu toute la force qui résulte de la conscience du droit et de la justice ; quand on marche à l'étourdie on recule ; quand on est dans le vrai on persiste, pensant bien qu'une nation même rivale revient à de meilleurs sentiments quand elle s'aperçoit qu'on n'a ni intérêt ni préteite dans une querelle d'amourpropre, vieille comme le traité d'Utrecht et la guerre de succession.
De cette fausse attitude prise par lord Palmerston , il pourra résulter quelque vote fAcheux pour lui dans un parlement préoccupé des misères de l'Irlande; mais, si ce vote arrive, lord Palmerston peut être sûr que ce résultat n'aura pas été amené par l'influence, j'ai presque dit par le désir des hommes d'État en France, qui espèrent plus encore un changement de pensée qu'une révolution ministérielle dans le cabinet. Il est impossible qu'un esprit de la portée de lord Palmerston résume la politique d'un grand peuple dans une question de colère.