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LE PRI1«X JULES DE POLMIAG. M

eo eroil les Ménoires qM le prince a publiés ou fait pa^ Hier, il ne tarait pas le premier mot des desseins da roi» qui rappelait au affaires; il ignorait qu'on lui réserràt cette mde tiehe. Je crois qae M. de Polignac se trompe dans tts soof enirs; svr ee point il but incessaflnment icomparer son témoignage i celui des membres du ministère de M. de Martignae. Je lieiis du comte Portalis, alors ministre des aibiras étrangères , qu'il reçut tordre exprès de Charles X 4'appeler H. de Polignac à Paris ; le but officiel du voyage indiqué par le roi était Tutilité, la nécessité d*nne entrevue du prince arec M. de Morteroart, qui partait pour l'ambasside de PéteraiMnirg; on était en pleine question d'Orient; il était esaeutiel que les deui ambassadeurs pussent se voir pour rapprocher et concorder leurs instructions rédproques eu ftfésence do roi. Il est difficile de croire que là fût le seul but du voyage du prince de PoKgnac à Paris; à quoi koû uœ entrevue personnelle entre lea deux ambassadeurs? la correspondance sur ce point devait suffire ; et pourquoi soolever aana moUf l'opinion puUiqve par la présence do prince de PoUgnac à Paris?

Je crois donc que dès ce moment la pensée de Cbarles X étsk d'organiser un ministère royaUste avec M. de Poli* gaae; le prince y travaillait presque oateDsiMement par ses psfotoft et ses démarches; il eat trop sincère et trop loyal poar le nier, car à ce moment il It déjà parler à des hommes de toutes MM»eea, et surtout aux chefs du parti Richelieu,

à MM. Pasqoier, DecaieSt qui refusèrent une telle i tien, noo point parce qu'ils n'honoraient pas le caractère de M. de Poiignac, mais parce qu'ils croyaient son esprit impuissant et la tendance du libéralisme trop impétuense pour subir un cabinet avec un tel drapeau. Instruite de la présence de M. de Polignac à Paris , la presse entière se souleva avec des expressions ardentes, passionnées, et cette opposition , quelque injuste qu'elle pût être, devait suffire pour arrêter le roi Charles X « k la veille alors de réaliser m pensée d'un ministère de droite.

Dans les afTaires politiques , il ne faut pas toujours aller avec ses propres convictions , fussent-elles bonnes et justes, mais un peu avec les convictions du puUic ; une mesure doit être envisagée moins dans son bien absolu, que dans le résultat qu'elle peut avoir en présence de Topinion : ainsi, lorsque le roi Charles X fut appelé à composer on ministère, après qu'il eut reconnu la tendance trop faible du ministère de M. de Martîgnac, sa faute fut de croire que parce qu'il avait des intentions bonnes et droites, cela suffisait. 11 devait examiner et Juger surtout quel effet allait produire la composition d'un ministère avec trois noms aussi malheareusement impopulaires que ceux du prince de Polignac, de M. de Labourdonnaye et du comte de Bourmont Certes, j'admets que c'est à tort, et que tous ces caractères étaient politiquement honorables; à certain point de vue, ils étaient même plus libéraux que ceux qui en prenaient le nom;

LE FBDICB nSLBS DE F0LI6NAC. tft

mais quand on pooTOir s'organise, il doit tenir compte même des préjugés. Nul ne pent braver impunément l'opinion publique, pas plus dans le gouvernement que dans la famille.

Le ministère qui prit le nom de M. de Polignac iîit formé secrètement, presque comme un complot. Toutefois, dans ridée du roi et de la majorité de ceux qui le composaient, ce cabinet devait correspondre à Tesprit de la Chambre , dont chaque nuance était minutieusement représentée. Le prince de Polignac, à Torigine, ne prenait point la présidence du conseil; son action ministérielle se bornait au département des affaires étrangères , afin de ne pas donner one couleur trq) prononcée à la combinaison : ambassadeur à Londres, il était appelé à diriger les questions à Textérieur ; selon lui, c'était une chose simple et parfiiitement constitationnelle : M. de Labourdonnaye n*était-il pas l'homme dont la rude parole avait fait le plus de mal à M. de Villèle? M. de Chabrol restait l'expression tempérée du centre droit; M. Courvoisier représentait le centre gauche ; M. d'Uausseï Popinion Martignac, et enfin M. de Bourmont, esprit .tempéré, n'était qu'un nom d'armée, très-dévoué à la Restauration. Dans un ordre abstrait, cela était vrai ; au point de Tue pratique , c'était absurde : les noms propres ne sont quelque chose que lorsqu'ils correspondent è des sympathies de principes, et pour ne citer que M. de Courvoisier, quoique dans le fait il appartint historiquement au centre m. 23

gradM y |NRifralMl jamtth Attirar cMb opiiiott M tère de M. de Pofignae T

U y a quelque chose de eorien, Je dirai prttqme dlnpatieataat, à cette époque de crise : c'est la limpidité* la cm* deor du prince de Polignae, qid croit en luMnêiM et en sa fortune à ce point de s'imaginer qne tout ya s'aplatir, parce qne ce qui s'est fait est dans la prérogatire royale et dans les conditions constitutionnelles. « Le roi est Kbie de dieiair des ministres, Gharies X a usé de aott dnrit; qod obstade peut donc se présenter devant ce qui est légal T» M* de PoUgnac ne voit aucun danger} il marche derant loi comme s'il n'y avait pas de situation plus simple , plus rationnelle ; il ne voit pas l'inflammation des cœurs , l'insurrection de toutes les tètes. La conviction du prince est à ce moment si complète, qu'il n'y a rien de plus historiquement vrai que les répugnances de sa pensée pour les coups d'État, qui lui paraissent inutiles , d'autant plus qu'A espère tou« jours, avec un sourire stéréotypé sur ses lèvres, vaincre les résistances, parce qu'il est dans le droit et dans la légalité. Cest moins de la présomption que la conséquence d'une conviction profondément arrêtée, n voit avec fci dans on certain horizon , ni an delà , ni en deçà. Les coups d'État, si on lui en pariait à ce moment, il ne saurait et ne pourrait les avouer. Ce qu'il veut, c'est remplir la missioB que le roi lui a donnée, et il le fUt avec loyauté et désintéressement

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Ot te iqypdle ftfte qadie taRor fM aeeaeill le ni^^ Mlgnac. La preMe fuit impitoyaMe ; c'est à ne pes le eroiie avjoutfliiii ; les artides sont d'ime stopkle grossièreté. Le prioee s'en inquiète peu, parce qu'il a le sentiment que ces attaqnes sont injostes, passionnées. Quelques-uns de ses cellèfues en psnissent effirarés; il les laisse libres de rester onde donner leur démission, et, mardiant de plus n plus droit devant loi , il prend la présidence do conseil ; premier sujet de jalousie. U en résulte une crise ministérielle, la séparation de M. de la Bourdonnaye , qui ne veut pas subir la présidence du prince de Polignac. En sacrifiant M. de la Bourdonnaye , le nouveau président du conseil croit faire unactepopokiire; M. de Polignac faire de la popularité! Il Teot convaincre le pays qu'O n'a pas Fintention de briser la Oiarte. Le rapport qu'il fait faire en avril i8W> les eiposés de motib, les lois qu'il prépare, tout se ressent de cette idée fondamentale, qu'il veut gouverner par les lois et sous retqare des majorités.

On peut juger le calme, la sécurité que lui inspire sa position personnelle, par les simples actes d'administration dans son département. H. de Polignac réforme, organise ses bureaux, comme s'il devait rester là indéfiniment. On M doit la centralisation des afliiires, le système des deux grandes directions qui se partagent la diplomatie, et surtout une Institation dont l'absence se fait encore remarquer, la chaire de droit diplomatique , avec un enseignement attadié an

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département des affaires étrangères. N'est-il pas extraordinaire que dans un pays où il y a des chaires pour tontes choses, depuis la langue slave, le sanskrit, jusqu'aux plus vagues théories de philosophie et de constitutionnalisme, il n'existe pas un enseignement pratique et positif des traités, des grandes transactions européennes; d'où résulte cette ignorance qui se fait remarquer dans la presse et les Chambres sur les choses les plus usuelles de la diplomatie. Ce fut donc une bonne pensée de M. de Polignac que de combler ce vide. Ces cours publics furent spécialement affectés aux jeunes hommes qui se destinaient aux ambassades, et, afin de donner encore une spécialité plus grande à ces études, M. de Polignac voulut que ceux qui se destinaient à la diplomatie, sous le titre d'attachés, fissent un surnumérariat dans les bureaux des affaires étrangères. Désormais on devait arriver dans les ambassades avec des études pratiques et des connaissances préliminaires.

Le défaut capital du prince Jules de Polignac fut de croire avec une conviction profonde à la possibilité de calmer les partis au moyen d'une politique nationale et d'une application spéciale aux affaires. La vie des partis est, au contraire, une sorte de surexcitation active et jalouse, qui ne voit rien en dehors du. triomphe de leurs hommes et de leurs idées. Certainement la politique de M. de Polignac était française; le ministre qui parlait un langage ferme et décidé à l'Angleterre sur l'expédition d'Alger conservait intacts la dignité de

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