I. Voir IDOD travail êwrlaMttêt^raiiùn
CAsmm rÉBiEK. s»
et élevée > ça parole aigre et maussade , menoçaient inccisomment la droite, à lacjucllc il jeta ces paroles. « Nous seul? représentons la France, o Sous un certain point dç vy$ jl avait raison : TcducdUon donnée aux masses par le xviir^i^cl^ avait enfanté des idées et des intérèls tout à fait en dcbors des principes de la Restauration, et la gauche allait les rama^cr jusque dops la rue. A mesure doue que |e njinUtère de M.deViJIèle exagérant les principes royalistes et r^ligieuijeur donnait une nuance, une couleur trop prononcée, il s*opérait une réaction; la popularité s*cxi!ant des abords du trône, passait entièrement à In gaucbc; la Rcvqlution française et l'Empire avaient créé dc$ fortunes nouvelles, des amours-propres irritables, des intérêts alarmés* une noblesse orgueilleuse, une bourgeoisie susceptible ; et toutes ces forces étaient hostiles h la maison de Pourbon. La gauche les accueilLût et les favorisait dans leurs mauvaises tendances, et voilà pourquoi dix députés^ la plupart fort médiocres, étaient la France.
SI Topposition de M. Casimir Péricr, par la généralité de ses termes, s*en prenait à Tensemble de Tadministration ministi^rielle, elle se rattacliait plus spécialement au s)$téme financier, et le député devint ainsi le plus aigre adversaire de M. de Villèle, ministre des Gnances. Quand on relit les discours du ce temps, lorsqu'on les compare eosuite À la vie pratique des deux hommes alors en lutte , on doit dire que Tinfériorité est tout entière pour M. Casimir Pé-
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lier, au point de vue de Féconomie politique et des théories financières. M. de Villèle propose la conversion de la dette publique , c*est une mesure avancée dans les idées du crédit, une pensée qui peut n'être point habile pour la popularité de la maison de Bourbon , mais qui enfin est des plus utiles, des plus fécondes, dans Thistoire du crédit. Quel est son plus puissant adversaire? M. Casimir Périer, et avec lui la gauche entière dans son libéralisme étroit et mesquin. Ce serait une curieuse histoire è faire que de constater toutes les bonnes idées que le système de la parole a empêchées en France. Avec là tribune , une nation telle que la nôtre vit petitement en ménage ; mais les grands plans, les grandes idées sont et deviennent impossibles.
Qu'on relise les discours d'opposition de M. Périer contre les budgets, depuis 1822 jusqu'en 1827 1 je ne sache rien de plus médiocre, de plus arriéré, de plus en dehors de ces doctrines pratiques du gouvernement, que depuis il a été heureusement appelé à mettre en action pour la force du pays. Ce sont des lieux communs sur les dépenses exagérées, sur les réductions de quelques centaines de millions dans le budget, doctrines qui ne sont pas plus élevées que celles de MM. Yoyer d'Argenson, Labbeyde Pompièreset Audry de Puyraveau. Aujourd'hui on doit sourire de pitié à la lecture de pareilles discussions : nulles larges idées , ni en économie politique, ni en liberté commerciale, souvent même il se révèle dans ces débats, certain égoîsme de
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position ; on a des rentes, des forges, des usiiievH,on vent les utiliser. Bans tous les discours deM. Perler, on voit le grand propriétaire d'usines qui a besoin des prohibitions, le banqoier jaloux d*autres fortunes de la banque, et les choses sont ainsi conduites, jusqu'à ce que le ministère de M. de Villèle se fourvoyant atcc maladresse dans les idées antipopulaires , l'opposilion de gauche grandit et s'allie avec le parti politique et doctrinaire, aOn d'amener la chute d*ane administration imprudente.
Les temps historiques arrivent aujourd'hui plus calmes, et je crois que les esprits sages et posés ne jugeront pas avec autant de sévérité qu'en 1825 les projets de lois de M. de Pejronnet sur la presse périodique, projets auiquels on est un peu revenu dans les lois de septembre. Ces projets furent le terme de la plus vive opposition de Bl. Casimir Périer; il manifesta alors un grand amour pour la liberté de la presse, même pour ses licences, jusqu'au point de s'écrier: c Autant vaut dire, en un seul article, la liberté de la presse est supprimée, b II ne faut pas lui en faire un reproche ; souvent les positions font les principes, les hommes politiques sont presque toujours complexes; dans l'opposition, ils formulent certaines idées qu'ils abdiquent une fois au pouvoir, et cela de très-bonne foi. Car si l'opposition a ses prismes, ses entraînements, ses hallucinations, le pouvoir a ses intérêts, j'ai presque dit son égofsme ; de manière que ces deux situations créent pour l'homme comme deux fa-
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cultes différentes dans la manière de voir et de sentir. M. Ca^iimir Perler fut uji des membres de ropposilion qui contribuèrent le plus chaudement à la chute de M. de Villèlc, et lorsque surgit pour la France le ministère calme et rationnel de M. de Martignac« la situation de M. Parier devint pjus simple et plus droite. A son honneur^ je le dis encore, M. Péricr n'avait jamais conspiré; son esprit sûr et ferme voyait dans le développement naturel de la maison de Bourbon une garantie de paix et de sécurité pour la France. S'il j avait chez lui de Torgneil et de la jalousie contre Taristocratie de naissance, celte aristocratie oc tenait pas dans TÉlat une place tellement haute, qu'elle pût lutter contre la bourgeoisie et la banque maltresses du pays. M. Péricr, d*ailieurs, homme considérable par sa position, sa fortune, la puissance des capitaux engagés, ne voulait pas, ne désirait pas une révolution. A côté de lui il voyait des hommes qui allaient trop loin et trop vite dans des projets sans limites. Le souvenir desCent- Joursavec la seconde et terrible invasion, était encore présent à son esprit. Il savait que TEurope, garante dcja stabilité des traités de 1815, considérait la maison de Bourbon comme la sécurité conditionnelle de ces traités, et que tout renversement amènerait la guerre à rextérieur. A côté de lui, il voyait de grands enfants, comme M. de Lafa}ette, des caractères aventureux , tels'que M. Mauguip, des rêveurs politiques, tels que M. Voyer-d*ArgeQson, des hommes
m$ CirtODe, criUés de àeUm, conuDe Bei)j«ipio Co|i3tDpt, Qt CBtre le triomplie de ocs bomw^s ou de ces idées et in maintics de lafteslauratioa» il D*y ^^'^^ pa* à hésiter.
£n oalre, Casimir Pirier vivcmeni cntratoc par toot ce 4Pi drcssaii la parJje vam teuse de sa vie, avait conçu pour ÇMes X un déioucment persoi^oel à l'occasipo d*UBf douce provenance du vipux monarque. Dans le voyage que le roi lit alors en Alsace et dons le déparlement du Kord, afin de jouir de «a p0polarilé,AI.Casimirr^iGr Tiit accueilli (uMù manière si bicnveiiiautef qu*il en aiait garde ip|i digne cl boo souvenir (pafiie admirable de sa vie], U y aidait ceci de merveilleusement coquei dans la parole 4p Charles X, que personne ne s'en «llaii de sa présence* sauf ttrc OMUeof du prince et de soi-miimc ; le rpi savait cares- «çr, avec un esprit cbarip^^t^ toutes les plus petites Q\ifQ$ d'aoMur-proprc, et Ton se rappelle le mot spirituel qu'il dit à Bcnjamio Coostaoi^ qriant vive le roi /k jour de sop entrée à Paris : « Ab ! M. de Conslant, je voqs y prends 1 » Eb bien , le roi avait pris II. Casimir Périer i[c esile mot], en flagrant délit d'amour pour sa personne ; il Tavait séduit à ce paint, que ic député de la gaudie ne pailait que de U^ ^Acp pcfsoQnelic du prince, et qu*ii se montrait lier de la décoration qu'il a^ait reçue de sa main* Charles X a son tour, savait qu 4 vce uuf grande If^aiilé, M. Périer n'javait jamais ^^ûaspifé; qiie les epinionx qu'il ^prjiq^t élMi^n^ 1^ fi^Vf^f et que si ffu tradiUpn de famiU^ ou cpQfne «çqné-
reur de biens nationaux, M. Périer aimait la révolution de 1789, il se rallierait franchement à la légitimité des Bourbons, si la Charte était appliquée dans sa sincérité.
C'est ce qui m*amëne à parler d'une circonstance toute particulière dans l'histoire de l'administration de M. de Martignac. Le roi Charles X, si dessiné contre l'opposition de gauche , aurait donné sans répugnance un portefeuille à M. Casimir Périer, de préférence à ceux qu'il appelait le parti de la défection , MM. Delalot et Agier. H. de Saint-Cricq doit se rappeler certaines négociations politiques, à la fin du ministère Martignac, qui avaient pour but de fortifier la fraction libérale de ce cabinet. Celte préférence du roi pour les opinions sincères , était le résultat delà loyauté de son esprit; il n*aimait pas les trahisons de principes , les abdications de sentiment. A ses yeux, les défectionnaires étaient des royalistes qui le trahissaient; M. Casimir Périer, au contraire , un homme de conviction qui ne concédant rien, venait au trône comme, un honorable ligueur à Henri IV, et cela plaisait au roi. Dès ce moment, on put s'apercevoir d'un changement absolu dans la cobduite de Casimir Périer; et je dois lui rendre cet hommage, qu'il renonce dès lors aux déclamations de la tribune; Il se dit souffrant, malade, et sa physionomie altérée signale en effet une atteinte profonde dans le région des entrailles et du foie. Mais à d'autres époques, il a éprouvé les mêmes symptômes d*uo mal mortel , et cependant il n'a cessé de
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lutter et de combattre à la tribune. Cest que H. Périer est alors soos une double préoccupation ; il voit que ses amis de la gauche attaquent avec trop de violence et secouent le ministère Martignac avec trop d*implacabilité; ces passions rimportunent , ces injustices le fatiguent ; toute lutte trop violente lui fait peur : qu*aura-t-on après le ministère Martignac? En outre, M. Périer veut se rendre possible poar un portefeuille ; il sait que le temps approche ou il doit prendre part au gouvernement du pays ; il en a le droit par sa probité et sa modération ; et cela lui donne une mesure , une gravité politique que n*ont plus ses amis.
Au mois de juillet 1829, le ministère de M. de Marlignac tomba sous une coalition de droite et de gauche, car en général tous les cabinets à concessions Quissent ainsi. Voici pourquoi ! Un ministère est toujours plus ou moms le résultat d'une transaction, il exprime des nuances, des termes moyens; qti'arrive-t-il, une fois aux affaires ? à la première session, les extrémités opposées le souffrent; à la seconde, dles le taquinent; à la troisième, elles le renversent, et poar cela, elles ont besoin de se coaliser. C*est Thistoire de tons les temps et à peu près de toutes les situations.
La formation subite, étrange, du ministère de M. de Poli* gnac plaçait M. Casimir Périer dans un grand embarras ; certes, il ne partageait en aucune manière, les opinions extrêmes, les illusions du parti alors au ministère ; il devait même le poursuivre , le combattre à outrance par conviction
ié DiPLàirAtÈi ieuÈdMEffs.
et positron ; mah Icf se retrouvait poor lai rîmmcnàc dangèf <|ri'n fltall tonto prérenfr en s*&IMant avec loyauté ft TadmlnlslratJofi de M. de Hfarti^nac. M. Périer craignait la chnté dés Boarboti9; il eonnaish'ait ses amis de la gauche, leurs folies désordonnées , te dernier mot des conspirateurs ; il pontaft désirer le triomphe da parti parlcmenlaifo, dé l*ldéc de 1780, y contribuer de toutes ses forces. Uien au defà ne lui paraissait légitime; le cercle de la Charte lui scnt^ blait inHexible : la large voie de réieclion et de la tribune testaient ouvertes comme les seules et suillsantes Turces pour renverser SI. de Polignac. Il avait peur qu'en allant ûii delè, Tordre social tout entier ne fût ébranlé; fa secousse des îiltérêts fui faisait éprouver une vive commolîon ; avec son esprit fier et calme, il aurait aa besoin, préféré le triomphe d'une monarchie absolue, sage et tempérée, b la liberté Orageuse d'un gouvernement anarchiquc. M. Casimir Périêr, ft partir de 1829, a bien plus peur du peuple que du roi; il n'entre jamais dans ses idées qu'il puisse surgir un gouierOement en dehors de la légitimité qu'il a loyalement Acceptée. Les projets de ces conspirateurs de rues ou de ces sociétés secrètes, dont il sait parfaitement la clef, dont il connaît surtout la composition, lui inspirent une terreur bien autrement grandeque la pensée des coups d'État, dont une ïnain débile menace la France; et ces coups d'État, à vrai dire, il ne les redoute qvie par la crainte de la réaction révoliilidtinaire Qu'ils peutent amener. Aussi, toujours sous pré-
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tiate de sa santé , on voit &f . Périer ne prendre aucune part I
aux discussions de la Chambre» ni aux assemblées turbulentes qui dirigent les élections. Son front est chargé de OQdgcs ; comme le temps politique , il se rembrunit ; et cette sitaalion doit bien se comprendre, bien s'étudier, parce qQ'cIte explique riionorab!e attitude prise par M. Périer iatïs les terribles événements qui vont surgir 5 la suite de i
b réToIution de Juillet. Ici sera Thonneur éternel de sa vie. Quand les passions du Jour seront amorties et que Thistoire sérieuse sera appelée é jnger les événements contemporains, elle pourra dire comme un témoignage d'eslime pour 11. Périer : « II était Gis de la révolution de I7h'9 , âdmiratcar de ses oeuvres ; il renonça h tout ce qui pouvait (tatler, caresser les instincts de son éducation et de son amourpropre, pour rester Odélc au droit antique et traditionnel jusqu'à ce que ce droit s'abandonna et s'abdiqua lui-même. v> Si dans ces derniers moments, le roi Charles X avait montré on peu d'éncrgif?, une résolution môme vulgaire, M. Périer se serait rallié h son sceptre ; et comme il le disait après Feipédition de Rambouillet: «Comment» on vous envoyait la r<!vo!ution en gneniilcsetdéîiarmcc, et vous n'avez pas su vOQs eu débarrasser avec une charge de cavalerie! »
Revenons sur l'ordre cfirunologique. Les ordonnances de jaillet venaient d'être promulgueras avec les Insouciauteâ façons de M. de Polignac. A la suite do ce coup d*Êtat si manictn-ettsement préparé, une réunion eut lieu chez M. dé
LAborde, aBn d'examiner la légalité des ordonnances, et en cette circonstance , ce qui témoigne dans H. Pérîer d'un esprit calme, judicieux , c'est l'opinion qu'il exprima alors : « Que les Chambres étaient bien dissoutes, et que le roi Charles X en avait le droit, i» Quand une foro^ule de protestation fut proposée, M. Périer soutint avec la même fermeté et la même logique, a que comme il n'y avait plus de chambre, il ne pouvait plus y avoir de députés; et s*il n'y avait plus de députés, il ne pouvait pas y avoir de protestation. » C'était admirable de logique. M. Périer ne jugeait pas la question définitivement accomplie , il avait peur des idées et des amis qu'il avait autour de lui ; l'insurrection était antipathique à son esprit si droit, si honnête, et il balbutiait déjà en présence des fous de révolution, les premières doctrines d'ordre qu'il devait ensuite appliquer si vigoureusement.
Lorsque l'insurrection, se développant par la coupable trahison des uns, et Tinsouciance inexplicable des autres, voulut enfin constituer son gouvernement à l'Hôtel de Ville, l'esprit éminemment pratique de M. Périer commence à distinguer ce qu'il y a de juste et de légal dans cette organisation, et ce qui peut devenir violent et extraconstitutionnel : ainsi M. Casimir Périer approuve la formation d'une commission municipale, parce que cela s'explique simplement par la désertion des autorités et l'impérative nécessité de l'ordre dans une cité vaste , agitée , comme
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Paris en 1830. Mais lorsque cette commission, sous l'incroyable dictature de H. de Lafayette» de M. Mauguin OQ do H. Audry de Pnyraveau, prononce des déchéances, renvoie une dynastie, M. Casimir Périer se sépare de cet étrange pouvoir; il ne vent point y associer son nom, et ce qu'on appelle une faiblesse est peut-être Pacte qui fait le plus d'honneur h sa vie. M. Périer porte haut le sentiment de la régularité, qui est la passion de son eiistence. Que peut-on lui reprocher dans les journées de Juillet? de n'avoir pas prononcé la déchéance de Charles X et de la branche atnée? mais quel droit en avait la bizarre commission de l'HAtel de Ville? Où était son pouvoir ? Quel est ce peuple, juste ciel I campé sur la Grève et que H. de Lafayette proclame le souverain de la France ? Dans les négociations que suit H. le duc de Morteroait, avec une si inconcevable faiblesse, M. Casimir Périer est désigné pour le ministère de Tintérieur, et je ne doute pas qu'il ne l'eût accepté des mains du roi. Cette position lui plaît, eUe est conforme à son culte pour Tordre légal. C'est dans ces dispositions bienveillantes que le trouvent M. Collin de Sussy elle comte Arthur de La Bourdonnaye. Oui, H.Casimir Périer penchait pour un arrangement qui eût sauvé un grand principe: cet arrangement était-il possible? ici s'élèvent de grands doutes historiques, que j'ai longuement examinés dans un ouvrage d'histoire spéciale *.