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I. L Europe depuis Vanénement du rùi Louis- Philippe

Toutefois, lorsque la cause de la branche aînée des Bourbons se perd par l'abandon, les fautes, les trahisons d'ftme et de corps, M. Casimir Périer se rattache avec une fermeté non moins digne d'éloges à la seule combinaison possible qui peut ramener Tordre dans le pays, c'est-à-dire à la monarchie du 9 août. Tant qu'il y a eu anarchie dans les pou- Yoirft , usurpation démocratique , M. Périer n*a pas voulu s'associer à ces autorités de la rue; désormais c'est un gouvernement régulier qui va agir et commander ; et il eut Thonneur de présider la réunion des députés qui confia la tieutenance générale à M. le duc d'Orléans. Quand il fallut constituer un ministère définitif, le cabinet du 11 août, M. Casimir Périer y prît place sans portefeuille. Singulière combinaison que celle-ci ! un ministère composé de toutes les couleurs, depuis le duc de Broglie jusqu'à M. Dupont (de TËure), sans unité, les uns tirant à droite, les autres à gauche, sans présidence du conseil, et ce chaos s'appelait un ministère de coalition ! peut-être le prince habile qui prenait te gouvernement de TÉtat, espérait-il trouver dans ce cabinet un moyen d'assurer la souveraineté de son expérience. La plus grande disparate dans ce conseil, évidemment c'étaient les deux personnalités de M. Laflitte et de M. Périer ; M. LafQtte, le plus décousu de tous les hommes, sous des formes polies, agréables, l'artiste en anarchie; M. Casimir Périer, le plus raide et le plus absolu des caractères, avec une violente attraction vers la fermeté

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et léi colère. Ce fut donc pour M. Casitnlr Péfier l'un de^ beaui Jours de sé vie, lorsqu'il put secouer cette sltuâtlou inconcevable. Et quand il ftit reconnu que la présidence du conseil de M. LafBtte et la dictature armée de M. de Lafoyette étaient Indispensables pour suivre et développer le procès des ministres de Charles X , M. Perler donna sa démission pour prendre la présidence de la Chambre des députés.

Ici commence à se distinguer dans le caractère de M. Casimir Périer une double tendance qui Va dominer sa vie ministérielle, pour le bien comme pour le mal des affaires. Incontestablement c'est un homme d'ordre et de bonnes pensées; en môme temps c*est un caractère absolu, qui ne peut souffrir Vempire d'aucune supériorité, pas même celle do prince; son cerveau a certaines cases infletibles, dans lesquelles toutes les questions se renferment: ainsi on ne sait pourquoi il a pris une inconcevable méfiance de ta supériorité du prince habile qui a les yeux fltés sur l'Europe. De ce que le roi ne brise pas d'une manière abrupte et saccadée tous les obstacles, et qu'il marche à ses fins par des tempéraments, M. Casimir Périer ne le croit pas suffisamment apte à dominer la situation ; le prince fait obstacle & son caractère; s'il consent k prendre la présidence du conseil, c'est à la condition expresse que le roi s^effhcera pour laisser place à la couronne ministérielle. Il veut le bien , mais il se efôit seul appelé à le réaliser. De son cOté, le roi

trop poli, trop convenable pour juger défavorablement son ministre, n'aime pourtant pas les façons de M. Périer; s'il sent la nécessilé de le subir pour un temps, il voit bien que ce caractère est tout de circonstance, que sa domination est exceptionnelle, car si avec la colère ou peut enlever momenlanément une position, on ne peut pas longtemps la garder ; pour gouverner avec durée il faut de la tempérance , de la modération, le ménagement des hommes et des intérêts. Le roi savait M. Périer fort ignorant en traditions, en histoire des traités, avec des préventions, des petitesses d'idées , telles qu'il pouvait par une parole ou par un acte irréfléchi compromettre l'état de paix heureusement conservé par sa royale sagesse.

C'est pour cela que le roi avait accueilli avec une certaine déQance l'avènement de M. Casimir Périer, non point qu'il faille croire à tous ces contes recueillis par les chroniques de parti crédules comme les moines du moyeu âge ; mais n'y avait-il pas assez *de conditions et de programmes , fallait-il en recevoir encore de ses propres ministres? Seulement le roi, avec son admirable instinct, avait bien compris que les affaires ne pouvaient rester aux mains désordonnées de H. Laffitte, qui, le sourire aux lèvres, nous entraînait à l'anarchie et à la guerre; le pays se perdait, l'ordre public était compromis , l'abîme ouvert sous les pas de la nouvelle monarchie, et dès lors il fallut subir les coih. ditlons de M. Périer, ce qu'il appelait sou programme de

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