LE MARQUIS DE NORMANBT. 8S
majorité de la Cbandire, le parti conservatenr, se groupaient dans le salon modeste de H. Guizot, qui le même soir avait réception. On put donc de tous côtés immédiatement reconnaître que la position de l'ambassadeur était radicalement fausse, et qu'il fallait prendre un parti : ou la retraite ou l'amendement après qu*on eut essayé, mais en vain 9 de renverser le ministère. Le roi se montra toujours comme un Bourbon plein de dignité; et toute intrigue fut repoussée avec la certitude que M. Guizot serait défendu contre les menées anglaises, que soutenait avec son patriotisme habituel le parti révolutionnaire en France.
Le système de lord Palmerston avait pu être contrarié par le résultat des négociations espagnoles; cela se conçoit et s'explique; il ne l'avait même pas caché en plein parlement. Hais, en supposant les dissidences les plus saillantes entre les deux cours de Londres et de Paris, ce n'était pas une raison pour compliquer cette situation, déjà si difficile» par une querelle personnelle d'ambassadeur, qui rendrait les relations d'homme à homme impossibles. 11 y avait donc deux partis à prendre, je le répète : ou rappeler le marquis de Normanby, ce qui était capital, ou lui indiquer une voie de retour et de conciliation qui lui rendrait possible encore le séjour diplomatique à Paris. Lord Palmerston, à travers quelques défauts de caractère, est un homme sérieux, qui aime les résultats d'affaires; et non-seulement en Angleterre, mais en Europe, il aurait été blâmé d'accepter d'une