‹ Les diplomates européensChapitre 52 sur 117 · LE MARQUIS DE NORMANBT · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE NORMANBT

besoin de formes, qu'il eût été à regretter que le mauvais ton ne fût pas laissé à une seule école; on peut se séparer de principes, être hostiles d'intérêts, mais entre les honmies comme entre les gouvernements, il doit demeurer des traditions de convenance que nul ne peut oublier.

Les affaires reprirent d'elles-mêmes leur cours habituel, et le marquis de Normanby ses habitudes de vie, qui restaient toujours faciles, littéraires, artistiques, souvent pas assez gardiennes de sa véritable dignité. Le monde re^fh par lord et lady Normanby n'était pas assez choisi, et se ressentait de sa vie de Florence ; l'ambassadeur fréquentait les théâtres, plus les petits que les grands, et l'on pouvait apercevoir le noble couple à plus d'une avant-^ne de mélodrame, fort appliqué à la contemplation des scènes de boulevard. Mais ces facilités ne regardaient plus que le caractère personnel de l'ambassadeur homme aimable , spirituel, chez qui le goût des lettres domine tous les autres. Quand on a mené la vie d'un romancier avec plus d'un roman dans sa propre vie, il en reste toujours quelque chose : Florence! Florence! lorsqu'on a vécu avec ta liberté d'artiste, peut-on tout à fait t'oublier pour l'existence grave d'un diplomate en France l

(CASIMIR -LODIS-VICTURNIEN DE ROCHIGHOUART )

n se révèle dans le caractère hamain des phénomènes si étranges, des oppositions si saillantes, qu'on peut dilBcilement en expliquer les mystères. Voici, par exemple, le duc de Hortemart, si incontestablement brave, lorsqu'à dix-huit ans, il commença sa carrière au milieu des champs de bataille d'Austerlitz et de Friedland; il affronte la mitraille, le premier au feu; il s'élance, comme le veulent son devoir et sa naissance, partout où il y a péril et gloire ; et, continuant cette même carrière d'honneur et de services, il devient plus tard un négociateur ferme et habile, pendant sa première ambassade à Saint-Pétersbourg, en 1828 *.

Voici maintenant ce même duc de Mortemart, en 1830;

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