‹ Les diplomates européensChapitre 54 sur 117 · Cétait un des loyaux caractères de la Resuuration · texte numérisé non relu

Cétait un des loyaux caractères de la Resuuration

étrangères dans les idées et les pensées de la Russie, et M. de la Ferronnays foL désigné pour ee poste qu*il accepta arec quelque répugnance; les ordres du roi étant formels, M. de la Ferronnays devint secrétaire d'État des affaires ânngères ; et quand il fallut le remplacer , le choix de son successeur fut Tobjet d*une longue discussion dans le Conseil. A cette époque^ l'opinion était qu'on ne pou- Yait envoyer un ambassadeur à Pétersbourg en dehors de Tannée : voici pourquoi? La plupart des réceptions ïy font à cheval; l'empereur , incessamment aux remes 9 aime à s'entourer des ambassadeurs étrangers, et pour cela il fallait un soldat C'était d'ailleurs le moment où se préparait la campagne des Russes sur les Balkans; pour suivre l'empereur Nicolas dans cette guerre» il fallait un officier-général qui joignit à la science stratégique, à l'expérience des batailles, une certaine dignité de sa personne, un beau rang dans la hiérarchie, et des services réels. Quand le Conseil dut examiner ces questions, le nom de H. de Mortemart fut prononcé presque avec unanimité ; les Rochechouart et les Richelieu avaient été longtemps au service de la Russie; ce nom devait donc plaire à Pétersbourg. La modération des idées du duc de Mortemart devait remplir le but qu'on se proposait : éclairer l'empereur sur les véritables forces de la France, sur ses desseins en Orient; l'arrêter s'il allait trop loin, le seconder s'il s'arrêtait dans les limites légitimes;

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et cette direction si bien tracée> donnei'ttlt une gfâiidé itnpottàHte à la mitoidii dû biWtd ambassaldetlf , itui devait sdivt^ Tarmëe russe dans sa caiti{)agiie coiitfë VempM 6ttomân. il partit de Paris ati moment dà rappel de it. de lèl Ferfôtinays^ et ici cbiUtnetlçait pour le ùoble flttc atie flobrellë cèrrlèi^e.

Le t6lé d'àtnbassadenr detnatidë plusieurs côAditionâ, qu'il est fôrt difficile de troiirbî* et de Réunir: là première de tutltes C'est une position fkite, un nom qui, [Wf son ori^ gitle bn pdf ses sefVlceè, puisse ttlbrcher de pAir avec toilte raHstocratie éUi*opéètitlë \ joignes h cela une droite raison, iihë finesse d'«[pet*çUs qui ne laisse rien échapper, et iute dignité de sbi et dé son gouTèrhement qui, Sans bleéser pet^onne, puisse se foii*e écoutet* âahs les circonstances essetitieltes, M même dans leii éHses. Le duc de Mortemart aVait beaucoup de ces Conditions, et Util tle pbuvait disputer sa naissance et ses serrlces ; il atdit de la raison, tin sens clair des choses, mai^ il he allait rièh demander de plus ft son esptit tiihide ; son horizon était sûr, mais boi^é. Dieu h'a pas départi entt*e tons les hommes là même somme de t^Cttltés intellectuelles. Parfeitetnentacciieilli à Pétersbourg, sa mission cothmetiça presque à la campagne de^ Balkans, et ici vient sa cbrrespondaiice, dotit je crois pouvoir donner Taiialyse.

Cette Correspondance se itessettt des diverses impressions (lue Recueille lé duc de Mortetnart; Q est militaire d'abord.

et fl critique avec bëanconp de franchise toos leâ préparatifs bits ppr rarmée russe qui» àcette époquei tnanque à touted les oondltidns de pi^Toyance (lorsque retupereur Nicolas arriTa iur le Prutbi il n'y avait di magasiris, ni régimenti an complet, et il fallut tout recommencer) « Au point de vue de l'examen diplomatique, M. de Mortemart^ moiDS habile^ n*a que des aperçus très-incomplets de la question; il ne voit et Ile sent que le c6té russe. Placé sous le dianlie de l'empereur )9iGolaSf qtii le comble de prévetiaucesi il de* meure enthodtiaste t>our le prinde ifui le traite tà bieni 11 né sort eil ceci ni de son rOle ni de sa mission^ car le ministère Martignac, avec H. de la Ferronnays à la tête des affaires étrangères, est plus spécialement russe. Le comté Pono di Borgo s'agite à Paris, avec une habileté peu commune, poui* effacer les fausses impressions et les nouvelleseiagérées que les Anglais mettent en cireulatioti pour éta-* blirque la campagne des Balkads est madquée^ et que l'eipé* dition des Russes contre les Turcs n'aboutira qtt*à leur mole. Il se manifeste une agitation inouïe aux affaires étrangères; H. de la Ferronnays veut sincèrement le triomphe de la Russie, parce que» indépendamment de son affection personnelle, il sait bied qu'avec elle la France pourra obtenir leË frontières du Rhin.

Au retour de cette campagne de 1838, H. de Mortemart demanda un congé et vint à Paris pour porter quelques paroles de l'empereur Nicolas à Charles X, et s'enquérir

5i DIPLOMATES EUROPÉENS.

lui-même d*une situation qui Tinquiétait. Il trouva à cette époque le ministère de H. de Hartignac vivement ébranlé sous la double action de la coterie du prince de Polignac et du vieux libâralisme s'agitant, dans un sens opposé, pour perdre ce ministère probe et loyal. M. de Mortemart pot dire au roi quelles étaient les vues personnelles de l'empereur Nicolas sur la question gréco-russe , sa vive tendance pour la dynastie des Bourbons, ses craintes pour l'avenir, au milieu de la lutte des partis; il donna un franc appoi au ministère de M. de Martignac, à la modération de ses idées, qu'il croyait une transaction entre toutes les opinions généreuses \ et le duc de Mortemart les professait avec franchisé.

On peut donc s'imaginer si, à cette époque, il fut entouré, pressé, interrogé. La lice était ouverte Yîolente à tous; chacun espérait triompher, et comme le duc de Mortemart exprima toujours des principes très^libéraux en donnant des espérances de paix et d'ordre, il se fit un nom très-populaire, même dans le centre gauche, H on songea dès lors à en faire le chef d'une combinaison ministérielle au cas où M. de Martignac et ses amis seraient obligés de se retirer. Ceci ne doit pas être oublié.

Ce fut pendant son séjour à Paris que Charles X prépara ce premier voyage de M. de Polignac dont j'ai parié, et qui avait pour but, disait le vieux roi, de rapprocher entre eut

1. Voir au reste, pour ces détails, mon Histoirô de la Restauraiion-

les ambassadeurs de Saint-Pétenbonrg et de Londres sur la qnestien d*Orient. Aa fond Charles X ne voulait qu'une chose : appeler H. de Polignac auprès de lui, et l'entrevue D*était qu'un prétexte. Quand donc M. de Hortemart repartit pour Pétersbourg, il dut voir avec une vive inquiétude la ntuation des affaires ; il put dire même à Fempereur Nicolas ranxiété dans laquelle il se trouvait par rapport aux intentions définitives de son souverain sur un coup d'État; et ce fut à la suite de quelques conversations intimes avec le tour qu'il dut écrire à Paris des paroles d'abandon qui retentirent dans le haut monde diplomatique *. L'empereur Nicolas, prévoyant les folies que Charles X oserait, sans moyen de les accomplir, voulait en vain les empêcher; ce iîit la cause d'un second voyage du duc de Mortemart à Paris; il y eut roccasion de s'exprimer devant le roi avec assez de franchise pour que ses avertissements, répétés par la presse, lui donnassent un haut cachet de popularité.

Depuis 1899 jusqu'à 1830, l'Europe était occupée de la France sous deux aspects ; la question d'Orient était arrivée i une si grande maturité qu'il fallait nécessairement une intenention, quelle qu'elle fût, pour la résoudre; et les diverses puissances se tournaient alors vers la France, afin de l'avoir comme auxiliaire dans le conflit qui pouvait s'élever. Tonte la correspondance des affaires étrangères en fait foi. Le second aspect se rattachait à la situation morale de cette

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