‹ Les diplomates européensChapitre 56 sur 117 · MINISTRES AUTRICHIENS · texte numérisé non relu

MINISTRES AUTRICHIENS

Ce n'est point capricieusement que je groupe les deux noms du baron de thugut et du comte de Stadion clans une même notice, car ils Ireprésentent à mes yeux la politique autrichienne â deux grandes époques de crise pour elle, la révolution française et l'empire de Napoléon. L'histoire sérieuse doit dire qu'il n'y a pas d'exemple d'une tenue plus ferme, d'une situation plus persévérante que celle de F Autriche, à ces deux époques si fatales pour elle. On peut être facilement supérieur dans la victoire; qnand on a la force en main, on en fait sentir le poids ; c'est là une chose simple et parfaitement naturelle; le vainqueur couronné par la gloire pousse son char et foule aux pieds le Vaincu comme dans un bas-relief antique. Mais ce qui

est bien supérieur, c'^st la fermeté et la persévérance dans le malheur, à ce point d'échapper par la résignation et la force patiente à la fatalité de sa destinée. Depuis la campagne de 179&» en effet, l'Autriche n'éprouve que des revers; ses armées sont défaites sur le Rhin, en Italie, près des Alpes. Profondément abaissée à Campo-Formio, à Radstadt, à Vienne, elle subit tous les malheurs possibles en face d'une révolution conquérante, impitoyable, d'un consul et d'un empereur qui, certes, sait pi'oflter de ses victoires; j'ai nommé Napoléon. £t néanmoins, vaincue , rAutricbe reparaît toujours en force ; elle agit par de nouvelles batailles et par d'habiles négociations; réduite d'un bon tien dans son territoire héréditaire, elle ne se désespère poorlant pas ; on la repousse d'Allemagne, elle va chercher l'Italie, l'Illyrie , l'Jstrie ; elle subit des désastres jusque dans ses forteresses du Tyrol; elle s'étefnd par les extrémités, œ qu'elle perd du côté de la Bavière , elle le gagne par Trieste et Venise : cette lutte politique , il faut enfin la suivre eo partant du ministre prince de Kaunitz, le maître habile da baron de Thugut et du comte de Stadion^

Le dix-huitième siècle est un peu dominé par la diplomatie du prince de Kaunitz, élégante, philosophique et modérée ; cette époque, qui ne ressemblait à aucune antre, marchait à grands pas, par la philosophie, à la révointîon française; on commençait à nier Dieu pour arriver à nier les rois. Cétait, il faut le dire, avec une grande insouciance qne

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