Voir moD travail sur LouUXV
telier de Lintz^ artisan , an reste, assez è §on ajse pour faire donner une éducation sfoigi^ée à son fils. Les paysans qt les industriels, ep Allemagne, sont des hommes d'ordre, de prévoyance, çt, avec le système des corporations, chacun se pousse dans la carrière, appuyé par tous. Tel membre de l'honorable confrérie des tonneliers de Nuremt>erg ou de Passaw, soqs la baiinière si bien peinte par Albert Durer, a fait un lopg chemin dans la carrière des honneurs et de la fortune.
Lç jeune Thugut, qé en 1739, fut admis, après d'assez bonnes étudps, à l'école des langues orientales à Yiepne; comme r^Qtriche a dç nombreuses relations ^veç (IJonstptiijonle, elle entretient plus de cent jeunes élèves, à ses propres frais, dans une école spéciale, de qianière à ce aQ'ijs puissent servir les chancelleries. On epspigne dans ces écolfô la langue turque, l'arabe, le grec et le persan. Tbu^t fit dans ces langues des progrès si rapides, il se mqnti*a élève» distingué, qu'il fut attaché imniédiatement à la léjgation de Constantinople, et là, stu4ieux, appliqué, il gagna la confiance de l'interponce d'Autriche, non-seulen^ept par un travail assidu, mais enco|*e par ses manières délicates et dévouées, ses attentions minujtieuses envers ses chefs, qui ser-^ vent autant les carrières que l'application elle-même. A dishuit ans, il devint interprète de l'intemonce, et copume, seul, il possédait les jinmeDses ressources et les nuances les pjus variées de la langue turque, des secrets importants loi fa-
LE BÂHON DE THU6UT ET Ij: COMTE DE STADION. 71
rent confiés; et, dès ce moment, une plps vaste carrière fut ouverte devant lui.
La diplomatie autrichienne a ce caractère particulier, qu'elle eiige avant tout le secret de ses desseins ; elle met une grande importance à ce que nul ne connaisse ses dépêches; tout est impénétrable, même ses archives d'un siècle. Aussi, dès qu'elle initie un homipe à ses mystères, elle le prend, le façonne, et lui assure en même temps une position suflBsante pour Tabsorber. Le cabinet de Vienne également a un instinct si parfait de chaque spécialité, q^e dans la diplomatie elle se confie à qui peut la bien servir. Donc, à travers les murmures qu'une faveur si inespérée pouvait susciter parmi la noblesse, le jeune Thugut deviift interprète-juré, ensuite premier conseiller de légation, et, avec une rapidité fabuleuse, internonce même à Constantinople, place si élevée dans la diplomatie autrichienne. Le prince de Kaunitz, qui aimait la confusion des rangs, disait, avec une juste raison , « qu'il ne voyait pas pourquoi l'homme qui faisait réellement les affaires n'aurait pas le titre de la fonction qu'il exerçait. » Ainsi, dans ce gouvernement éminemment aristocratique, on voyait, dans l'espace de quelques années, un jeune homme d'une famille d'artisans obscurs s'élever au premier rang de la diplomatie : et dans quelles circonstances ? au moment où la guerre venait d'éclater entre les Russes et les Turcs; où l'Autriche , inquiète , voulait connaître et pressentir les des-
seiDs définitifs delà Russie sur la Crimée et la mer Noire.
La correspondance du baron de Thugut, sur ce point d'une grande importance , révéla une si grande connaissance des affaires de l'Orient, que l'impératrice Marie-Thérèse le désigna comme son plénipotentiaire au congrès de Forkchang, ou il remplit sa mission avec une habileté metveilleuse. A la suite de Tacte final du congrès, M. de Thugut reçut le titre de baron et la croix de conunandenr de Saint-Étienne, Tordre de la noblesse. Dès ce moment, M. de Thugut se trouva mêlé à toutes les négociations autrichiennes, soit avec la Porte, soit avec la France, la Prusse ou la Russie, dans ces guerres incessantes qui marquèrent la fin du xviii* siècle.
Au sujet de ces négociations si actives, on a jeté une accusation assez grave pour être discutée ; on a dit que le baron de Thugut reçut alors une pension de la France, des mains du roi Louis XVI * et de Marie-Antoinette. Ces sortes de subsides, donnés par un gouvernement étranger, n'ont rien de surprenant en diplomatie, lorsque surtout il s'agit de récompenser un service oonunun, ou de maintenir une alliance de famille et de position. Depuis, en effet, que Louis XVI avait épousé une archiduchesse , M. de Vorgenncs, dans la pensée de tourner toutes les forces de la France contre l'Angleterre, avait voulu s'assurer Falliance constante et sincère de la maison d'Autriche. A cet effet,