‹ Les diplomates européensChapitre 75 sur 117 · n 6D Ait publié un fbgiMDt an novembre 1S30. IV · texte numérisé non relu

n 6D Ait publié un fbgiMDt an novembre 1S30. IV

de faire la restauration de la Rérolation de juillet; Taxiome lui paraissait si joli qu'il le répétait à tonte phrase, et c^était sans doute pour lui donner un sens que M. Maret soutint avec vivacité la proposition d'abroger la loi du solennel anniversaire pour Tetpiation du meurtre de Louis XVI. M. Maret voulaît-il ainsi restaurer toutes les révolutions? Il avait sollicité lés applaudissements de b gauche, avec ^abolition du deuil du 21 janvier, il les mérita une fois encore en demandant la suppression des majorats, lui pourtant qui sous TEmpire les avait défendos par de si admirables motifs; il rechercha les mêmes applaudissements de la presse dans les procès politiques; il vota toujours contre l'esprit de la majorité.

C'est par ces actes qu'il prépara son étrange présidence du conseil du 10 novembre 183&<; singulière combinaisou, avortée à sa naissance, et en laquelle pourtant M. Haret avait une foi aveugle. Son programme se résuma toujours dans l'antithèse incessamment répétée : « Il faut restaurer la Révolution de juillet, d sorte d'impertinence jetée à la royauté, aui Chambres, aui tribunaux, en un mot à tons les pouvoirs qui avaient si courageusement combattu les mauvaises tendances de la Révolution ; c'était dire qu'on n'avait rien vu, rien compris avant le ministère nouveau. Cette splendide combinaison tomba quatre jours après sa formation, par nullité, par impuissance, et M. Maret viat se rasseoir à la Qiambre des pair9> toujours sur les baocs

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de la gauche , en opposition avec le système conservateur. M.Maret ne voulut point juger sur pièces les accusés d'avril qui troublaient l'audience, s'associant ainsi aui plus grandes faiblesses d*une fraction de la pairie , oubliant que le premier devoir d'un gouvernement, c'est d'assurer la ré^ pression des troubles publics. La mort vint saisir M. Ha« ret dans cette phase nouvelle de sa vie, le 16 mai 1839.

Cette vie embrasse trois périodes, ou pour mieux dire, elle exprime trois systèmes et se résigne à trois situations : la première, qui commence dans le journalisme, la propagande , la diplomatie révolutionnaire , se termine par une triste captivité aux mains de l'Autriche ; la deuxième, la plus belle, se rattache à la réorganisation consulaire, à la grandeur du système impérial et à ses violences. On doit dire à l'honneur de M. Maret, qu'il sert l'idée bonapartiste avec un dévouement incommensurable, mais sans cette supériorité d'esprit qui distingue l'école bientôt disgraciée de Fouché et de M. de Talleyrand. La troisième période, commencée dans l'exil, se continue dans l'oubli sous Charles X , pour passer ensuite à un vague désir de popularité après la Révolution de juillet.

M. Maret ne fut donc jamais, selon moi» l'homme d'une politique ferme et personnelle, d*une idée spontanée, d'un système particulier ; il se ploya aux circonstences, adora la liberté, l'égalité, le pouvoir si tendu de Napoléon; il fut le courtisan des choses bonnes ou mauvaises, des idées gran-

des oa petites; mais, je le répète, il fut tcajonrs courtisaii, et avec cette tendance , an homme d'honneur, de bienveillance et d'une probité incontestée qui passa à travers les phases d'une grande fortune sans penser à la sienne. Cette partie élevée de son caractère est trop rare pour n'être point aujourd'hui surtout remarquée.

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