Vojei mon travail 8ur Louis XIV
Mi DIPLOMATBS BUROPËBNS.
Dresde, Madrid, Berlin et Hambourg, et sei den fib prirent immédiatement du service; 6a8ta?e entra dans ks dragons de la garde, comme lieutenant, et il fit tes trois campagnes de Russie; son frère Charles fut officier daos les gardes à pied. La Suède avait alors pour roi ce noble Gustave III dont j'ai parlé, prince si national, si fier, et en même temps si dévoué à la politique française, rennemi de l'Angleterre. Gustave III devait l'heureuse énei^eetles habiles conseils qui l'avaient délivré du pouvoir importuD de la noblesse et des États, à l'influence de Louis XVI etdn comte de Vergennes, ambassadeur à Stockholm. Les dépêches de ce ministre existent encore ; il raconte à son souverain tes événements du palaSs, le courage de Gustave, les tristes agitations de cette noblesse vendue à la Russie et i FAngleterre. Gustave III devait donc beaucoup à M. de Yergennes et la consolidation de son pouvoir à Louis XVI; en échange fl lui donnait rsAliance suédoise, le principe de la liberté du pavillon et du privilège des neutres, tel qu'alors le soutenaient Catherine tl, la Hollande et la France contre la Grande- Bretagne.
Gustave 111 n'oublia pas cet immense service, et dans les premiers moments de la révolution française , fl offrit son bras, ses armées à une dynastie malheureuse. Le roi de Suède devait eu effet jouer un grand rAle , si une codspiration de noblesse, de gardes soudoyés par tes ddHstes français , n'avait mis fin A «es jMirs dios ca bal sinistre
us comas DB LOSVBlfHilLM. M3
qa'oB a trouvé plaiiBiit de nettare «ir la scène française, et de jouer en galopade sur le piano. Voyea-YOïu sons les lostrea de TOpéra, ce ballet où meurt on rcH assassiné de la OMÛB d'nn conspirateur, au milieu des masques qui se pressait et se foulent? Pour être en tout Adèle à Teiactitade faistorique, et comUer la mesure d'inconvenance, le directeur de rOpéra aurait dA envoyer diez le comte de Losvenhifiim pour reproduire les traite de Tambassadeur sur la soène, car le comte était alors capitaine dans la garde de Gfuataive III; il était aux oAtés du roi lorsque le poignard Tatteigait, et le comte de Lœveoiiiefan chercha à le couvrir de son épée. Cette révolution eut pour résultat, comme on le sait, de plaeer la tutelle du jeune fils de Gustave, sous la arnin du duc de Sudemanie, le pr<^re frère du roi que le crune venait de frapper, prince aux rudes manières, grossier iamenr, un pra l'image de ce duc de Glocester, qui joue un si triate rôle auprès des mélanoolîqttes physionomies des enitfits d'Edouard ; avec cela de la finesse, et de la ruse , une ambition umnense qu'il cachait sous les dehors du dés- i
Il avait de douces paroles pour son neveu, et des intrigues actives contre lui. Ce qui caractérisa smptout aou système, ce fut son extrême condescendance pour ia névoitttion françuse. Le duc de Sudermanie était aQ mieux avec le coouté de salut puUic ! La prqMgande françaisç avait frappé son ffère, le généreux Gustave, et lui, ii pressait la main à la rude et sanglante déesse; le gouver-
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nement suédois, neutre alors, gagnait de l'argent par le conunerce de denrées coloniales, et du Ué qu'il noos apportait : un roi de plus ou de moins, ce n'était rien : aussi le duc de Sudermanie fut-il respecté par le comité de salut public ; le baron de Staël, son ambassadeur, quitta à peine un moment Paris, durant les horreurs de la révolutioD française ; il assista aux séances de la Convention , le sabre au c6té , depuis le meurtre de Louis XVI , jusqu'au 9 thermidor, avec la pins grande indifférence, et sans h moindre protestation. A cette époque de neutralité, les deux jeunes 'comtes de Lœvenhielm, très-attachés à Gustave III, adhérèrent néanmoins au gouvernement du duc de Sudermanie; Tun accepta la dignité de chambellan, et l'autre prit la carrière diplomatique; il fut envoyé comme cavalier d'ambassade dans plusieurs légations.
Alors , la noblesse voyait avec une certaine inquiétude se développer à un haut degré les conditions martiales, et une grande énergie de caractère dans le jeune prince dont le duc de Sudermanie était le tuteur; on ne pardonne jamais aux flis ou aux héritiers du roi qu'on a tué; leur destinée ou leur fatalité est de tomber sous ud nouvel attentat ; et déjà, par l'influence des corruptions secrètes, une révolution se préparait au profit de ce doc de Sudermanie, esprit rude, mais qui laisserait les nobles se jeter dans toutes les intrigues de l'étranger. Le jeune Gusiave IV prit lui-même les rênes du gouvernement à
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l'époque du Directoire, et presque aussitôt* enthousiaste qu'il était, il se jeta dans la coalition contre la république, qui sourdement avait conspiré contre toute sa ramille. Depuis ce moment, la noUesse ^e prononça contre lui; ses actes furent méconnus, calomniés ; sa fierté d*esprit importuna; Gustave n'était pas l'homme de son temps, et une grande partie des gentilshommes, placée sous la direction secrètedu duc de Sudermanie, espéra le régent comme roi. Menacé dans son pouvoir et sa vie, Gustave IV fut obligé de s'entourer de régiments dévoués; la noblesse, qui redoutait la puissance, l'énergie de ce caractère, se lia soit & la révolution française, soit à la Russie, soit à 1* Angleterre, en abdiquant Tesprit de sa nationalité , les traditions de la vieille et noble histoire de la Suède.
On trouve à cette époque le comte Gustave de Lœvenhielm, commandant un corps suédois stationné dans le pays de Lowenboorg. A la suite de cette campagne, il fut chargé d*une mission en Prusse, puis d'un commandement en Finlande; tandis que son frère Charles-Frédéric combattait également les Russes. Après Tilsitt, Napoléon avait dit à l'empereur Alexandre, sans respect pour les anciennes alliances et les traités traditionnels : a Vous voulez la Finlande ? que m'importe ; prenet-la, c'est une affaire entre vous et le roi Gustave. » Les Russes ne se firent pas répéter deux fois cette permission ; la conquête s'accomplit moitié par la victoire, moitié par la trahison. Depuis, la
Fiolande leur est restée et le«r donne un splemlide débouché dans un vaste golfe.
A ce moment la Suède sobit la crise dont je vais parier, le changement dans sa dynastie légitime. On dirait que le monde a besoin de se débarrasser de ce noble caractère de Gustave IV qui importune tantes les puissances : la Russie 9 parce que seul il peut lui dispuiorls Finlande, et que la population abattue ne demande pss mieux que de devenir russe ; la France, parce que Niqpoléon a subi les dédains personnels de Gustave IV , et qu'il a besoin de l'abaisser comme châtiment de sa fierté »vers le dominateur de l'Europe; et eofio la noblesse, pane qu'elle a peur que le roi jeune et vigoureux ne k finappe dans sa force et sa fortune en empêchant tes oorruptions de l'étranger. C'est là le dernier mot de la coiispiraiion qui brise la ligne directe des héritiers du grand Gustave. Ce fut un véritaUe complot de priais auquel presque toute la noblesse prit part; elle nût hi couronne au finmt du duc de Sudermanie, qui prit le nom de Charles Xlil. Après quelques honorables hésitations, les deux courtes de LoBvenUebn se rallièreat à cette révolution ccMUoie tous les autres gentilshommes, et ils continuèrent à servir dans Tarmée. Le comte Gustave fut créé générai-nu^, chef delà promit brigade de cavalerie dans la garde, et de plus il eut un moment l'ambassade d'Autriche; tandis que Charles- Frédérie était «niroyé pnè^ de l'empereur 4e Russie Alexsn-
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dre« au nom de son seuteran et da prince royal Bernadotte, auquel la Révolution assurait rhérédité d'une cou-
Cette ambassade à Péi€»*sbourg avait la plus haute importanoe, car il but bien se pénétrer de la situation des dioBes à la fin de I81S ; Bernadette avait refusé ralliance de Napoléon contre la Russie. Aux yeux de l'Europe sa position était bonne : il pouvait beaucoup imposer parce qu'on loi demandait beaucoup. Dans l'entrevue d*Abo ptasieurs questions furent posées : Alexandre ne voulait pas, ne pouvait pas céder la Finlande sans ébrécher la Russie, qui déàrait un débouché maritime au nord comme elle avait celui de la mer Noire au midi ; et pourtant il fallait uae indemnité à la Suède. L'Angleterre et la Russie lui assurèrent simultanément la Norvège, dont le Danemark serait dépouillé, vieille fusion de toutes les nations gothiques. Remarquons bien ceci : la Suède allait se trouver placée comme sous la protection de l'Angleterre et de la Russie : par l'Angleterre, elle recevait des absides pour marcher belliqueuse avec les Allemands oeutse l'empereur Napoléon; par la Russie, Beruadotte recevait des engagements précis sui* son droit soccessionnel i la couronne de Suède, et, à cette époque étrange, on supposait môme la possibilité pour Bernadette d'obtenir des séuteurs mécontents (1818-1814), sinon l'empire frapfMs, du moins une participation éte«dtte dans les éléments
ses DIPLOMATES EUROPÉENS.
d'an nouveau gouvernement qui serait établi en France à la chute de Napoléon.
La noblesse suédoise, tout entière rattachée à Bemadotte, traitait de folie l'enthousiasme dédaigneux du colonel Gustawson (c'était le surnom du roi légitime de Suède) . Cette noblesse suivit loyalement Bernadotte dans la campagne de 1813; les deux comtes de Lœvenhielm, diplomates et soldats, prirent part à ces immenses faits d'armes, à côté de l'empereur de Russie et du roi de Prusse; ils étaient înte^ médiaires auprès du souverain pour les intérêts de la Suède comme Pozzo di Borgo, lord Stewart, Tétaient pour ceux de la Russie et de l'Angleterre. Bernadotte inquiet, boudeur, hésistant, n'avait d'autre prépondérance que celle de son courage personnel et de la science stratégique dont il avait fait preuve dans le plan de campagne tracé à Trsh chenberg. Les deux comtes de Lœvenhielm suivirent les armées alliées à Paris ; ils prirent part aux délibérations des traités de 1815 pour la rétrocession surtout à la France de la Guadeloupe, donnée par l'Angleterre à la Suède. A Vienne ils assistèrent au congrès en qualité de représ^tants du prince royal ; l'intérêt le plus vif de la Suède, i cette époque, c'était la cession définitive de la Norvège, promise dans l'entrevue d'Âbo, véritable compensation de la Finlande laissée h la Russie. A cette époque, un changement s*était opéré dans la force et la considération qu'inspirait en 1813 le caractère de Bernadotte ; le prince royal,
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dans la campagne de Leipsick , était entouré, caressé par tontes les puissances, qaoiqu*il fût souvent capricieux et maussade; en 1814 on n'avait plus besoin de lui, et la prépondérance suédoise cessait d'oStenir la popularité dans les consdis des rois ; on garda froidement les conventions d'Abo. On se demande même conunent à cette époque de tant de restaurations, il ne se fit pas un retour vers la légitimité du colonel Gustawson, retour que les comtes de Lcevenhiehn eussent peut-être loyalement désiré : mon Dieu ! c*est que les intérêts diplomatiques dont j'ai parlé d^è, étaient alors plus vivaces que jamais. La Russie n'avait aucun intérêt à voir la restauration de Gustave IV, parce que tôt ou tard cette âme royalement énergique et enthousiaste, lui aurait fait la guerre, et disputé la Finlande. La Prusse et 1* Autriche ne se souciaient pas le moins du monde de revoir l'influence suédoise en Allemagne ; tous ces gouvernements savaient bien que le meilleur moyen d'annuler un peuple, de l'énerver, de l'abaisser, c'est de lui enlever une dynastie nationale, pour lui en substituer une d'emprunt qui a besoin pour se consolider de vivre au jour le jour, comme un roturier dans un salon de gentilhomme, à moins qu'un beau jour ce roturier tout en colère ne brise les glaces et porcelaines pour en finir.
L'aristocratie suédoise ne se souciait pas non plus de voir rétablir un prince fier, d'une nature capricieuse, et qui por^ tait trop haut le sentiment de la dignité royale, et le blason
t7o MPUMATBS somortms.
naUonaL La noMeMe se rapinrocbd ddnc de Bemadotte , et le soutint avec anaaimtté; les intérèta evopéens, plus que Thabileté du prince royal , le maintinreBt ai pied du trône du duc de Sadermanie, son père adopitf, et dont il dev^ût le droit héritier. A oette époque les comtes de Lœvenhielm entrèrent plus franchement dans ta diplomatie, et ils n'ont pas abandonné cette haute carrière depuis le congrès de Vienne. Us prirent part à tontes les négociations rdatives à la cession déinitf ve de la Nonrége. Gomme ils avaient signé le congrès de Vfenne , ils tinrent une certaine place dan» toutes les relations «vee les cabinets, et spécialero^t avec la France dans les rédamations pour les prises sur les neutres faites pendant les violences de TEmpire, et qui avaient occasionné des pertes consK dérables à la marine suédoise.
Le comte Gustave Bt désormais partie dn corps diplomatique à Paris; esprit aimable, joignant à Tédncation réfléchie la poUtesse des grandes manières, le caractère et l'esprit du monde, peulhôtre porté trop loin, la vie pour hii fut douce ; il aimait les artistes, les théâtres, avec un godt tout français qu'il exagérait peut-être, dsns le dessein de prouver qu'il portât dans son cœur le sang de la Ftanoe. C'est une chose triste à dire, que précisément en politique ces caractères doux, aimables, supposent un aSiibliBsement de cœur et d'esprit chez les hommes de transitien et de passage. Quand on a vu tant de dMMes, on prend les
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chaades émotioiiB eo dédain ; od ne vent plus de la vie que ses fomies polies , calmes , limpides. Les deux frères Lœyenhielra, tout en gardant le caractère de loyanté des gens d'honneur, n'ont refusé aucun service à aucun gouvernement; jeunes hoaunes, ils ont vu et entouré la pers(Mine de Gustave III; ils n'ont point sans doute con- 9|Mré, mais lorsque le duc de Sudermanie prend le pouvoir, ils acceptent des honneurs et des dignités, et vivent avec lui dans une sorte de familiarité de palais ; le due de Sudermanw choisit Bernadette pour prince royal, les comtes de Lonrenhiehn ne contribuent pas à cet événement , mais ils Taoceptenk une fois accompli» et servent tous les principes toujours avec une honorable fidélité, et une foi nouvelle et naïve pour chaqpie changement.
Est-ce là un bien ou un mal ? Les moralistes sévères trouveront sans doute que la fidélité à un principe est h seule, la première condition de toute conscience humaine. Mais s'il en était ainsi aux temps agités des révolutions, il faudrait incessamment se battre et tout briser; il est donc heureux pour un pays, que ces scrupules ne se produisent pas toujours; qu'il y ait des hommes de talent et de modération qui, sans désirer, sans agir, acceptent chaque fait accon^li» et cherchent à le faire tourner le mieux possible au bonheur du pays, au profit de la paix et de l'ordre.
Pour mieux juger la carrière des deux frères Lœvenhielm à œ point de vue, il faut remonter dans les temps.
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Celte carrière ne prend un certain développement , ane certdne action politique que dans la campagne de 1813, qui fut un grand mouvement dô l'Europe contre nous. Je crois même que Gustave de Lœvenhielm tint la plnme an congrès militaire de Trachenberg, où fat dressé le plan de campagne contre la France. A Vienne, ce même sentiment contre la France se révèle, et ce ne fut qa*avec de grandes difficultés que Ton rétrocéda la Guadeloupe, momentanément donnée par TAngleterre & la Suède. Le congrès de Vienne faisait désormais à la Suède une position particulière qu'il faut maintenant suivre, afin d'examiner avec plus d'impartialité la conduite politique des deux frères Lœvenhielm.
A partir du congrès de Vienne, la Suède a cessé d'être une puissance militaire ; il ne s'agit plus pour elle d'armées, de campagnes, d'un rôle conquérant comme au nvii* siècle; la Suède est condamnée à s'absorber en elle-même, dans son rôle commercial ou de cabotage; elle doit procéder à la restauration de ses finances, à la meilleure extinction de ses dettes, au développement et de ses institutions particulières et de son bonheur de peuple ; immense pays, territorialement plus grand que la France, la population lui manque : sa terre est montagneuse ou glacée ; eUe a acquis la Norvège, sol de fer et de matelots, et il faut la fondre sans nuances avec ce restant de la Suède comme indemnité de la Finlande, de la Poméranie, riches provinces qui servent