Voir mon travail sur PhiUppt (VOrléanSf régent de France
SM IMPLOliATBS EOROPÉBIIS.
des poètes; la conjuration du jardin de Sceaux échona. Cette société fut exilée, dispersée : les Sainte-Aulaire revinrent dans le Limousin.
Le père du comte actuel, le marquis Joseph BeaupoQ et Sainte*Aulaire, avait été dans les pages du roi à quatone ans et aux camps à dix-iuiit. De son mariage avec mademoiselle de Ranconnetde Noyan naquit , en 1779 , Louia de Sainte- Aulaire dont la carrière politique va surtout nous occuper. Nous marchons vite aux temps difficiles : la RévdutioD éclate, le marquis de Sainte- Auhdre, le père, émigré ei suit les princes dans Texil. M. de Noyan, très-prononcé dansk sens royaliste , se lie à la conspiration de la Rouarie : amsi, par tous les points, le nom de Sainto-Auiaire est exposé à la persécution. Toutefois la courageuse mère reste à Paris; elle ne quitte pas la France aux plus mauvais jours ; elle agit, remue toute cette fange de comités: oui, il y avait autant de boue que de sang dans toutes ces existences qu'on prend à plaisir aujourd'hui de réhabiliter : « ce fut la faute des victimes si elles furent volées et si l'échafaud se dressa hideux devant elles; les loyaux, les grands, ce furent les bourreaux! i> Mon Dieu! o& tout cela nous mènera-t-il? Consultez les derniers débris de ces époques, ceux qui survivent encore à cette existence de prisons, de luttes, de terribles jugements I que vous disent-ils? Cest que les louis d*or ouvraient les cachots, c*est que 1^ proconsuls, les comités, se gorgeaient de pillage aussi bien que
LE GOMTE DE SAINTE-AULAIRB. »t
de sang 1 Ces moyens ^ madame de Sainte-Aulaire les employa avec une force d'âme au delà de tout éloge; elle ne recola devant rien; elle obtint par tontes les voies» des sursis, des renvois de juges, des soustractions de papiers : à ces hommes si pors, à ces républicains austères, elle donna à pleines mains, depuis le geôlier jusqu'aux commissaires de la Convention ; ainsi fut passée l'époque de la Terreur. Pendant ces jours désolés, on voyait un jeune honune de treise à qnatone ans, quitter une maison modeste, à Textrémité de lame Vaugirard, et se rendre à pied à la prison de Picpus , faubourg Saint-Antoine, ou bien à la Force, et là porter les plus tendres soins à sa famille ; il foUait s'enquérir des nouvelles, solUdter des sursis, intriguer plus qu'à la coiur de Louis XV, baiser les pieds à de hideux favoris des comités, à des Richdieux d'échoppe. Dans cette vie d'épreuves et d'émotions, le jeune Sainte-Aulaire dut prendre un caractère grave comme les circonstances, sérieui comme les événements.
Quand les mauvais jours furent un peu passés, le jeune Sahite-Attlaire regarda autour de hii : la fortune de ses an? oètres était perdue , compromise ou séquestrée ; toutes les carrières interdites aux ci-devant nobles; le jeune homme vit donc qu'il fallait travailler, s'instruire sérieusement. Bans le concomrs ouvert par la Révolution française à toutes les ambitions plus ou moins légitimes, il fallait acquérir la science , apporter sa quotité d'esprit et d'intelligence à son
tM DIPLOMATES EUROPÉENS.
pays. Comme tous dans ce terrible niveau d*égalité, il 6t donc d'assez fortes étades en mathématiqaes pour être admis à llnstitation préparatoire des ponts et chaussées qui précéda TÉcole polytechnique. Il en sortit avec toute Finstruction d'un ingénieur ; si bien que lors de l'expédition d'Egypte, il eut désir de prendre part à cette aventureuse campagne , dans laquelle tant de jeunes hommes voulurent unir leurs destinées à celle du général Bonaparte; mais le devoir qu'il s'était imposé envers sa mère, le besoin de rétablir les débris d'une fortune dispersée, le retinrent h Paris, en Bretagne et en Normandie. Ce fot à ce temps qu'il fit un des plus brillants mariages de France : le jeuneSainte- Aulaire épousa mademoiselle deSeiglières de Soyecourt, fille de Guillelmine de Nassau Saarbruck et nièce de la duchesse de Brunswick-Lunebourg. Les Soyecourt, d'une vieille noblesse, qui se rattachait aux grands tournois, s'étaient unis à une maison princière. Dans cette alternative de persécution et de calme, M. de Sainte-Aulaire se retira à la campagne en Picardie pour rétablir sa fortune de famille accablée de dettes, mal administrée ou litigieuse : jamais il n'en serait venu à ses fins sans le concours de^ H. Roy, alors avocat à Paris et l'un des hommes d'affaires les plus habiles de ce temps. C'est ainsi que se passa l'époque du Consulat, le commencement de l'Empire. Il fallait alors se rattacher à quelque chose dans la marche immense des faits 1 Il y a une circonstance qui se produit dans l'histoire de