LE COMTE DE SAINTE-AULATBE. M
trop qne ce livre s'acherait, tandis qu'à la Chambre M. de Sainte-Aalaire continuait, comme député du Gard, cette «qypoaltion du centre gauche , à qui alors , à tort ou à raison, était l'avenir politique.
Au commencement du ministère de M. de Martignac, le comte de Sainte-Anlaire succéda à la pairie de son père ; il garda néanmoins le titre de comte par une sorte de souvenn* de TEmpire, qu1l était alors vulgaire de renier. Peutêtre aussi était-ce affectation taquine de libéralisme; la Restauration penchait trop d*un côté pour qu'on ne fât pas tenté d'aller de l'autre. Ce siège, dans la Chambre des pairs» coDTenait mieux à Tesprit, aux études du comte Sainte-Auhire. Il avait les manières trop exquises, certaines formes de conversations trop recherchées pour jamais conquérir cette puissance de tribune démocratique qui tient spécialement aux hommes d'audace et de paroles hardies. La tempérance de la Chambre des pairs allait à ses habitudes et à son caractère ; il y prit sa place naturelle avec ce double caractère de conservation et de progrès, alors la tendance de la pairie, on pour parler plus exactement celle du parti qui la dirigeait sous M. Pasquier et le duc de Broglie.
J*ai dit par quelles causes et par quelle faute politique tomba la Restauration ; M. de Saiute-Aulaire n'avait ni provoqué ni désiré cet ébranlement soudain de la société tout entière ; il savait tout ce que le principe de la légitimité largement développé, sagement entendu, pouvait produire
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de grandeur et de liberté pour un pays. C'est pour cela môme qu'il Tavait appuyé et aimé de toutes ses forces, comme toute l'école politique de 181^ et de la Charte, MM. Royer-CoUard, Guizot, Pasquier et Louis XYIII luimême. Cette Restauration ne tombait^Ue pas par sa faute, et pour avoir méconnu les conseils de ses yrais amis! Alors, que restait-il à faire à tous les esprits sages, à tous les hommes qui ne voulaient pas la ruine de la patrie? Évidemment entourer le nouveau principe d'ordre monarchique que relevait une autre branche de la maison de Bourbon. Il ne blAma pas ceux de ses amis, de ses parents, qui restèrent fidèles à la cause tombée ; ils avaient de religieux devoirs à remplir, et la croyance est si respectable, même envers les institutions humaines I Mais M. de Sainte-Aulaire , qui ne derait aucune reconnaissance particulière à la branche atnée des Bourbons, spécialement à Charles X, ne put mettre en balance la France avec elle; il prêta donc serment à la nouvelle dynastie, sans arrière-pensée, avec la loyauté qui doit présider à cet acte malheureusement trop méconnu.
Quelles que soient les déclamations que tous les partis jettent à Taristocratie, il est certaines fonctions dans l'État qui ne peuvent être remplies que par elle, et c'est ce que M. de Talleyrand savait bien comprendre, même à l'époque révolutionnaire. Le corps diplomatique a besoin de l'éclat de certains noms propres ; il lui faut de grands services ou une haute naissance, parce que l'on s'asseoit ainsi plus
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à l'aise dans les conseils de TEnrope. Au congrès de Vienne, M. de Talleyrand releva la France conquise, par rinvocation de deux noms propres, Bourbon et Périgord. Après la révolution de JuOlet , cette nécessité de choix aristocratiques se fit sentir, comme toujours, dans les ambassades ; le corps diplomatique de la Restauration s'était retiré des affaires, il fallut trouver parmi les gentibhommes ralliés des illustrations qui pussent s'asseoir à côté de ce que l'Europe avait de plus considérable, et en même temps dont les opinions fussent un gage donné aux intérêts nouveaux. Ce fut là le travail du comte Mole, qu'il accomplit avec autant de zèle que de mesure. M. de Sainte-Aulaire fut désigné pour l'ambassade de Rome, alors et toujours fort importante. H. de Sainte-Aulaire était une âme probe, un homme bien élevé, un esprit d'élite qui devait représenter dignement la France auprès du Saint-Père ; non point cette France impie, turbulente, révolutionnaire, qui volait ou saccageait les églises ; ni cette partie de la société systématiquement hostile au clergé ; mais la France de saint Louis, de Louis XIV, telle que le roi Louis-Philippe la voulait '
dans ses pensées d'avenir , telle que la souhaitait surtout la |
reine Marie- Amélie, si pieuse de souvenirs, si tendre d'affections envers le Saint-Siège.
Pour comprendre toute la difficulté de la mission du comte de Sainte-Aulaire, il faut d'abord se faire une juste idée de l'esprit de l'Italie qu'entraînait le carbonarisme, et
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de grandear et de liberté pour an / ^ même qu'il l'avait appuyé et (|pf fr % comme toute Técole politique % % C^ MM. Royer-CoUard, Guiïot, ^^4 ^^ ^ même. Cette Restanratioi|r| % \ > et pour avoir méconiir| \ ^^^ ^^ \\ ^ Alors, que restait-ilàf| \ ^ % ^ ^ hommes qui ne voul 4 ^ * ^^ ment entourer le f/ t ^
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0i ambassadeur avait voulu prêter la main à toutes ces (illies de partis, l'Italie se serait soulevée, poorretooikc #ttsaite sous le joug antrichieo après son aanget fies trésors n^ndus.
Cétait donc une garantie donnée à la paix damoixleqne ce premier choix d'ambassadeurs tels que MM. de Siifite- Aulaire et de Barante, Tun à Rome, Tautre è Turin, foyers de l'agitation carbonariste, car le plus grand danger de» émeutes, ce n'était pas la goa^re civile, le sang 1^*
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rsés; le plus grand danger, c'était
De tons les points on avait la
ment sérieux dans le Mila-
^ seraient occupées eo
^elle. Un gouverne-
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. guerre; elle ne pouvait
Aicence, sans heurter les chinions
4ie donc de comprendre tout l'embarras
^li diplomatique. Le caii>onarisme sonnait la
, la révolte appelait l'occupation autrichienne, et Toc-
«palion, la guerre ; alternative d'autant plus dangereuse à
cette époque, que les afTaires à Paris étaient aux mains de
cet étourdi de M. LafBtte, esprit si légèrement téméraire,
entcMiré, donsné par le général en chef de la propagande,