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LE COMTE DE SAINTE-AULAIRE

souverains pontifes, répondit en italien, avec nn soarire ineffable : a Les papes sont habitnés depuis longtemps à courber la tête sous la violence, o Paroles écrites par H. de Sainte-Aulaire à H. Casimir Périer. Or, qui le croirait? cet esprit à vue courte, à travers les intentions les plus droites, aperçut dans ces paroles résignées du pape , une sorte d'assentiment donné d'avance à Toccupation d'Ancdne, et dans cette pensée la fameuse expédition fut préparée. Elle se fit d une manière si abrupte , si en dehors de la mission même du général Cubières, que H. de Sainte-Aulaire n'en fut pas prévenu, ou s*il le fut, tout alors était accompli ; il négociait encore avec le Saint-Père, lorsque le secrétaire d'État Bemetti reçut les premières dépêches d'Ancône. Tout y avait été si violent! la ville prise d'assaut, les portes ouvertes à coups de hache, les autorités pontificales captives ou expulsées ; les soldats français sous un chef ardent, révolutionnaire, le colonel Combes, menaçaient de déployer le drapeau tricolore !

En lisant' ces dépêches, l'indignation était visible sur la physionomie du cardinal Bemetti, qui s'écria : a Depuis les Sarrasins, on n'a rien vu de pareil. » M. de Sainte-Aulaire protesta de son ignorance : rien de semblable en effet ne lui avait été écrit; il négociait de bonne foi ! Dans cette situation , on avait tout à redouter : la guerre immédiate avec l'Autriche ; ses troupes augmentaient incessamment; bientôt elles pourraient envelopper

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le tout petit corps expéditionnaire qui serait forcé de capituler! Très-préoccapé, irrité même de cette situation, M. de Sainte-Aulaire envoya son fils en toute hâte à Paris, pour exposer ses justes alarmes à M. Périer. «Le pape allait se jeter dans les bras des Autrichiens, s*il n'y avait pas nne satisfaction immédiate; toute influence était perdue. » D est à remarquer que cette tète un peu droite de H. Périer manifesta le plus grand étonnement sur ce que le pape s'était blessé de Toccupation d'AncAne; il n'avait pas compris les mots sublimes et résignés de Grégoire XVI; il n'avait pas deviné qu*en baissant la tête, le pape protestait.

Le roi Louis-Philippe, qui seul savait ce qu'avait de compromettant la situation actuelle des troupes dans Ancône, et qui ne voulait pas sacrifier la paix générale à un caprice de ministre ou de Chambre, donna des ordres à M. de Sainte-Aulaire pour s'entendre avec le Saint- Père , sur un accident regrettable ; et ce devoir, Tambassadeur l'accomplit avec la plus grsmde déférence pour l'autorité pontificale. Le colonel Combes fut rappelé ; le petit corps qui était arrivé avec des principes réyolutionnaires, fut bientôt si assoupli, si discipliné, qu'il servit le gouvernement du Saint-Père avec la même fidélité que son drapeau; ces troupes, naguère une menace, devinrent alors des auxiliaires : au lieu de la propagande, les États romains subirent la répression ; et cet excellent système eut pour résultat non-seulement de nous attirer de nouveau

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