LE COMTE DE SAINTE-AULAIEE
la bienveillance du Saint-Père, mais encore d'empêcher roocupation indéfinie des Légations par rAntriche. Jamais aucun ambassadeur n'avait montré autant de déférence pour Grégoire XVI, que M. de Sainte-Aulaire ; il parvint à renouer tous les vieux liens de la France et de Rome, à attirer sur nous les pieuses bénédictions que le Saint-Père nous envoie, comme aux fils atnés de TËglise. Les questions qui touchent à ritalie et à Rome spécialement, sont toujours très-difficiles, parce qu'elles se lient à des intérêts divers et hostiles : la propagande française pousse à la révolution, et la rév(rfution à l'ascendant autrichien; si bien que le jour où il sera constaté que nous sommes les loyaux et sincères amis des gouvernements de Naples, de Rome et de Turin, l'influence de l'Autriche sera perdue; elle ne grandit que par les imprudences et les menaces de notre presse. Les journaux ne sont-ils pas les plus grands ennemis de l'influence et de l'honneur de notre pays t
Les choses étaient arrivées à ce point que l'ambassade de Rome ne présentait plus aucune de ces graves difficultés qui appellent la présence nécessaire d'un négociateur de premier rang. Le pape avait consenti à tout ce que voulait la France ; mais il avait demandé une loyale parole à M. de Sainte-Aulaire de ne point quitter Rome avant qu'il eût terminé dans toutes ses conséquences les affaires d'Ancône, et M. de Sainte-Aulaire s*y était engagé. Dans un voyage h Paris, le roi avait fait pressentir à M. Tambas-
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sadeur qa'il aurait besoin de ses services à Vienne. G'étail un poste, certes, trës-éleyé qu'une mission auprès de M. de Hettemich ; mais la parole d'un gentilhomme étant sacrée, M. de Sainte-Aulaire refusa jusqu'à ce que le pape l'eût dégagé lui-inéme de cette parole, et c'est à cette occasion qu'il reçut du Sainfr-Père la lettre autographe dont void la traduction : a Monsieur le comte. — Ce n'est pas sans déplaisir que nous avons appris par votre lettre du 31 janvier que vous avez reçu une autre mission. Nous nous rappelons avec reconnaissance la parole que vous nous avez donnée de ne jamais vous éloigner de nous, tant que cela dépendra de votre volonté; mais nous savons aussi le devoir d'obéir aux ordres de son souverain. Nous sommes donc très-loin de désapprouver votre mission de Vienne, quoique nous vous voyions avec chagrin vous éloigner de Rome. Dans quelque lieu que vous soyez , nous n'oublierons jamais la loyauté, l'honneur et l'esprit de concorde avec lesquels vous avez accompli votre mission auprès de nous , et nous conserverons le souvenir éternel de votre attachement filial. Que la bénédiction apostolique que nous appliquons avec une affection paternelle à vous et à. votre famille, vous accompagne partout où vous serez , et qu'elle vous donne la félicité • que nous vous souhaitons de tout notre cœuç.
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