LES DIRECTIONS POLITIQUES
De l'origine et de la fin des sociétés civiles.
Au seuil des études politiques se rencontre l'erreur de Hobbes et de Rousseau, qui ont prétendu que la société politique n'est pas une institution naturelle, mais qu'elle résulte d'un contrat librement débattu et dont les clauses seraient toujours révocables au gré des contractants.
L'histoire et la raison protestent contre cette hypothèse chimérique. L'homme est fait pour la vie sociale. Dès lors que des hommes se sont trouvés réunis, ils ont formé une société : dans le principe sous la forme d'une tribu, qui n'était qu'une extension de la famille, et plus tard par un groupement de familles sous un chef que les circonstances
indiquaient et que le consentement exprès ou tacite acceptait.
Plusieurs fois Léon XIII nous rappelle que la vie sociale est naturelle à l'homme, qu'elle n'est pas la conséquence d'un caprice accidentel, mais qu'elle répond à l'instinct et aux besoins de l'humanité.
Encyclique Immortelle Dei, 1885 : « L'homme est né pour vivre en société. Comme il ne pourrait dans l'isolement se procurer ce qui est nécessaire et utile à la vie, ni acquérir la perfection de l'esprit et du cœur, la Providence l'a fait pour s'unir à ses semblables, en une société tant domestique que civile, seule capable de fournir ce qu'il faut à la perfection de l'existence (1). » (Ed. de /a Croix, t. II, p. 19.)
Encyclique Rerum novartim, 1891 : « L'expérience quotidienne que fait l'homme de l'exiguïté de ses forces l'engage et le pousse à s'adjoindre une coopération étrangère... de cette propension naturelle, naissent la société civile d'abord, puis, au sein de celle-ci, d'autres sociétés restreintes et imparfaites. » (III, 39.)