‹ Les dirigeables: étude complète de la direction des ballons des tentatives réalisées, et desChapitre 40 sur 65 · ET ESSAIS TENTES SVSQV A · texte numérisé non relu

ET ESSAIS TENTES SVSQV A

Stabi/itef. — La forme dissymétrique du ballon, en éloignant le centre d'inertie de la pointe arrière, augmentait évidemment l'efficacité du gouvernail. Celui-ci était formé de deux étoffes de soie bien tendues sur un môme cadre, mais très légèrement éloignées l'une de l'autre, de façon à constituer deux pyramides quadrangulaires de très faible hauteur accolées l'une à l'autre.

Cette forme est très rationnelle car elle semble avoir pour efl'et de rendre la résistance de l'air sur le gouvernail sensiblement perpendiculaire au cadre, tandis qu'avec la forme ordinaire, cette résistance produit, surtout aux grandes vitesses, une concavité plus ou moins accentuée du côté le plus éloigné du ballon, ce qui a pour effet de couclicr sur l'axe du dirigeable la résultante de la pression de l'air sur le gouvernail.

Nous avons vu dans la deuxième partie de cet ouvrage, que la dtssymétrie du ballon contribue puissamment à assurer la stabilité de route, nous n'y reviendrons pas ici, mais il est bien certain qu'avec celte dissymétrie il y a moins à craindre les téle-à-queue ; les quelques oscillations qui peuvent se produire mettent tranquillement le ballon dans le nouvel axe du vent relatif.

Enfin, les savants officiers avaient modifié la position de l'hélice qui, jusqu'à cette époque, avait été placée à l'arrière dans tous les dirigeables ; ils l'avaient placée à l'avant (i).

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La place de l'hélice à la proue facilite la bonne len du dirigeable contre le vent. Quoi qu'on en ait dit, ce position est loutà fait judicieuse.

Si l'on avait, en effet, à rouler sur un mauvais terri une brouette ayant des brancards et une ossature lie: blés, il n'est pas douteux qu'on la traînerait plutôt q de la pousser. Or, n'est-ce pas le cas du ballon, machi faite d'étoffe souple, de cordages et d'osierg, qui ne pi vient à se déplacer dans l'air qu'au prix des plus gran efforts? (R. Soreau).

Toutefois, l'idée de placer l'bélice à l'avant a des pi tisans et des adversaires, mais, en tous les cas, ia Œ

hélice plus grande que le mallre-couple, el une proue de fai longueur, de telle sorte que l'air soit rarélié entre les tilels 06 comprimé au delà : d'une purt, la compressioa sur la proue m moins grande el, d'autre part, l'air ae refermera plus fortement | la poupe, ce qui jiURmentera la récupéralioa à l'arriére do trav dépeasé à l'avaal. Ainsi, non seulement on n'augmenlersil pas résistance en mettant l'hélice à la proue, mais on la dimiauerait

■ Je dois ajouter qu'aucuoe expérience ne me met en mesura pouvoir affirmer l'exaclilude de ces vues ».

Du reste, l'hciice placée à la proue a l'avantage de mordre di un air qui n'a pas encore été troublé par le passage du ballon.

Fig. 7s.

H Quoi qu'il en soit, le courant de l'hélice ne p produire qu'un faible accroissemenl de résistance dans les balle dirigeables, icIb qu'on les construil actuellement, c'est-à-dire a< l'hélice sur le proïong-emenl de la nacelle. Il n'y a donc pas d'ina Téoicnt sérieux à la mettre ea avant ; il y a au contraire un gra avantage à agir de la sorte, puisque la bonne tenue dans le sens la marche eu est facilitée «.

PROJETS ET I

nœuvre du j^ouvcrnail est facilitée, et le ballon se tient et se dirige mieux contre le vent.

Celte hélice était formée de deux palettes évidées au centre, d'un diamètre de 7 mètres et d'un pas de 9 m. 3o; elle était constituée par deux tiges de bois reliées entre elles par des lattes convenablement courbées, et recouvertes d'un tissu en soie vernie, aussi tendu que possible.

Il n'est pas, jusqu'à la forme allongée de la nacelle, qui ne contribue, en accusant la direction de la résistance minimum, àaugmenter la stabilité.

Légèreté du moteur. — Le moteur du dirigeable de Chalais était une machine Gramme que le commandant Krebs sut combiner de façon à obtenir une légèreté inconnue jusqu'alors : il avait une force de 8 chx 5 et ne pesait que 100 k. Le moteur qui le remplaça et qui fut étudié avec le concours de M. Gramme, donnait <) chevaux sous le même poidis.

Piles. — Le générateur d'électricité était une pile due aux savantes recherches du commandant Renard (2),

On peut assimiler cette pile à un réservoir hydraulique contenant cinq fois plus de liquide que les piles au bichromate, et muni d'un jeu de robinets qui permet d'obtenir soit un débit abondant, mais de courte durée, soit un débit faible, mais prolongé; l'expérience a montré qu'il est avantageux de placer ces robinets à i volt aô au-dessous du niveau.

La grande énergie totale delà pile Renard (i) est due principalement à la substitution de l'acide chromique au bichromate dont la base, alcaline absorbe, dans les

{]) L.1 pileRanard de 1888 ayant une solution chlorochromiqui le dcDsilé I ,t>83, reoferme HCl el CrO' ù èquivulenlH ég'aux.

[.B puiassDcc spécifique esl de i5 à 20 walls par lig etl'éner^ii <p6ciKque de 3o walts-heure par kg'. (Hospitalier).

(2) Les piles légères du ballon diri{;eable La France, pur le corn mandant Henard {Revue de l'Aéronaatiqiie).

LES Dint<:EABLES

réacliciJis, une porlion de la liqueur excitatrice ; celte. I capacité atteint son maximum quand le rapport du poids j de l'acide chromîque à celui des acides hydrogénés est | égal à ^ ; elle est alors de 55 watts par décimètre carré de zinc et par heure,

La ^aiiime de débit s'obtient parla substitution par-' tielle ou totale de l'acide chlorliydrique à l'acide sulfurique des piles au bichromate ; l'énergie totale dn 1 mélange ne change pas, mais l'énergie par seconde augmente avec la proportion d'acide chlorhjdrique et peut être quintuplée. Enfin, le commandant Renard étudia minutieusement l'influence des formes géométriques et | la relation de position des deux électrodes.

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Celle découverte a augmenté de moitié la capacité et quintuplé la puissance des meilleures piles qui existaient à l'époque. Les piles dont s'étaient servis les frères Tissandier pesaient quatre fois plus pour une même capacité ; celles du commandant Renard étaient donc véritablement l'âme du dirigeable La France.

La tigure 73 montre un groupe de douze éléments J réunis en face six par six ; ce groupe pesait 10 k-, etitj en fallait quatre pour obtenir un cheval sur l'arbre.

PROJETS ET f

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mèlre, est enlouré de la pièce polaire positive, formée par un cylindre en argent platiné de— de millimètre ; le tout vient plonger dans un cylindre en gutta ou en ébonite où se trouve la dissolution d'acide chromique dans la liqueur excitatrice.

Le moteur (i) transmettait son mouvement par l'intermédiaire d'un pignon dentd à une grande roue qui ellemême portait le pignon attaquant l'arbre de l'hélice. Il y avait donc une forte réduction de vitesse. Cet arbre d'hélice creux, afin d'fitre très léger, d'une longueur de r5 mètres environ, tournait dans des paliers oscillants maintenus en place par des tendeurs. Il pouvait prendre de légers mouvements de flexion qui, d'ailleurs, ne produisaient pas de résistances anormales.

L'évaluation du travail nécessaire pour imprimer à l'aérostat une vitesse déterminée avait été faite de deux manières :,i° En partant de la formule générale indiquée précédemment et des données posées par Dupuy de Lôme à propos de la résistance de l'air dans ses expériences ; 2^ en appliquant la formule admise dans la marine pour passer d'un navire à un autre de forme peu différente, en supposant que, dans le cas du ballon, les travaux soient dans les rapports de densité des deux fluides, air et eau. On arriva ainsi b. admettre la nécessité d'un travail d'au moins 5 chevaux par seconde, pour obtenir une vitesse propre de 8 à 9 mètres ; d'où, en tenant compte du rendement de la machine, un travail électrique sensiblement double, mesuré aux bornes, soit 10 chevaux environs.

(1) Ed raison de la presque impossibilité de condense â bord des navires aériens, une niaclitne à vapeur cous les plus grandes conditions de iégèrelê n'nurait pas pe porter uoe plus grande quanlilé d'énergie totale que le n pile employés. Dana ces conditions, l'avantage à l'époqi demmenl l'électricité qui donne du premier coup U rotation et supprime le danger du feu.

était évï- II de

346 LES niniGEABI.ES

Nous en arrivons aux ascensions du dirigeable ain d^eril.

Première ascension du /m/lon » Ln France ». — Le 9 août i884> date désormais mémorable, suivant les paroles d'Hervé-Mangon à l'Jnstitul, le ballon prêt à s'élever dans les airs devait soulever les poids suivants :

Ballon el balloonel 369 k.

Chemise el filet- 1^7

Nacelle complèle 45m

Gouvernail 4''i

Hélice 4 '

Machine 98

Bàlis et engrenages 4?

Arbre moteur 3o,5

Piles 01 appareils divers 4^5,5

Aéronaules (deux) i4o

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