‹ Les dirigeables: étude complète de la direction des ballons des tentatives réalisées, et desChapitre 52 sur 65 · AK + A,K, + A,K, + ...) AV · texte numérisé non relu

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Le dirigeable de M. Deutsh, dont les essais doivent

avoir lieu prochainement pourra donc, d'après son constructeur, atteindre une vitesse moyenne de lo m. par seconde et même plus, il sera monté par trois personnes. Que des succès bien mérités, couronnent cette œuvre, nous y applaudirons de grand cœur.

Dirigeable de II. de Bradsky.

M. de Bradsky a fait construire ces temps derniers, au Parc aérostatique de Vaugirard (ateliers Lachambre), un dirigeable de son invention.

Ce dirigeable, dont le propriétaire, avec son amabilité habituelle, nous a montré tous les détails, ressemble beaucoup à celui de M. Santos-Dumont dans son ensemble : il mesure 34 mètres de longueur et 6 mètres de diamètre maximum. Il est presque cylindrique sur 22 mètres, Tavant est terminé par un cône de 8 mètres et l'arrière par un cône de 4 mètres. Le cube est d'environ 700 mètres.

La poutre armée qui a 17 mètres de longueur est entièrement en tube d'acier ; elle porte une nacelle d'environ 5 mètres dans laquelle les aéronautes en se déplaçant peuvent faire varier le centre de gravité du système. Son poids est de i3o kil., y compris les arbres de transmission.

Un moteur de 16 chx type Buchet à 4 cylindres et à circulation d'eau actionne deux hélices : la propulsive dont lediamètre est de 4 m- et qui doit tourner à 200 tours, et une hélice sustentatrice, montée en dessous de la nacelle, dont le diamètre est 2 m. 5o. Cette hélice doit assurer l'équilibre vertical du ballon..

Un gouvernail de 4 ni* 5oo à axe vertical, monté à l'arrière doit assurer la direction.

Un peu en dessous de Téquateur du ballon, sont fixés des plans destinés, concurremment avec l'hélice sustentatrice, à équilibrer le dirigeable.

Di'iixpersniiiii's peiivcnl prendre pince dtins la nacelle.

Les essais do ce dirigeable doivent avoir lieu très prochainement : nous leur souhaitons un fr»ne succès.

Que rinvenleur nous permette quelques ii^gères criliqnes sur la nacelle : les tubes d'acier sont à noire avis un peu faibles de diamètre et d'épaisseur, et par suite de. la rigidité qui caractérise l'emploi de ces luhes, nous ne croyons pas qu'ils soient à recommander pour ces genres de travaux : les constructeurs de voilurettes automobiles savent combien il est difficile de construire de.s châssis très réguliers, par suite des brasures inévitables, il se produit des gauchissements en même temps temps que la résistance est beaucoup Jimiunée aux endroits qui ont subi l'action du feu.

l'rojelM de M. L. Godard

S'inspirantdes travaux de son collaborateur i^t matlre, G. Yon, M. Louis Godard 1 1) avait, en 1896, préparé un projet d'un torpilleur aérien de 4-8oo mètres cubes, dont la tig. g5 donne une idée.

Comme on le voit, l'hélice avait son axe ramenée le plus près possible du centre du ballon, elle était commandée par une machine à vajieur de 5o chevaux.

La difficulté de condensation de la vapeur étant le point le plus délicat, aucune suite ne fut donnée à ce projet.

Mais une nouvelle étude d'un dirigeable de 3. 000 mètres, faite en collaboration avec le lieutenant-colonel de Altamira, de l'armée mexicaine, vient d'être terminée et nousespérons, étant donné les idées précises et les judicieuses observations que renferme le projet, voir couronnés de succès les travaux de ces aéronautes.

(i)Fiis de Louis Godiird père, biea KugèDC, pour leur grand nombre d'nscc leur mori. Toule lu fiimille Godard s'est

iiue s

l'KOJËTS NOUVIiAUX

Ce dirigeable, représeiiliî par la fig.i)fi, aura rifi tiièlrcfl de longueur et li inèlres de diami>lre maximum, il ent

di.wTmétriffiic cf rerte ffij* Iiï arru hou t est à l'arriére; le inaltre-ci>itfilir ('tant sitiK- ^i environ - d** la lonarneiir à partir il«* l'avanl.

Le filet est remplacé par une chemise de soie et les suspentes par des fils d'acier. La partie inférieure de la chemise du ballon vient se réunir à la perche servant de quille-carène. Cette perche, outre la rig-idité qu'elle donne à Taérostat, sert de plus à en éviter les déformations et à attacher les suspensions qui relient le tout à la nacelle.

A l'extrémité arrière de cette perche se trouve le gouvernail logé dans un cadre en aluminium et manœuvré avec drosse d'acier.

La nacelle a une longueur de 22 mètres et une largeur de I m. 3o, elle porte deux moteurs à essence de 5o chevaux effectifs d'un poids d'environ 4 kg« 5oo par cheval, auquel il convient d'ajouter le poids des réservoirs, radiateurs, etc.

Chacun de ces moteurs fait fonctionner une hélice située à l'avant et à l'arrière de la nacelle; celui d'avant a en outre à commander le ventilateur destiné au ballonnet conpensateur.

Les hélices ont un grand diamètre : 11 mètres, et tournent à 80 tours par minute.

L'impossibilité matérielle de trouver actuellement un moteur de 100 chevaux très léger et donnant de bons résultats, a conduit les inventeurs à employer deux moteurs à essence de 5o chevaux et d'abandonner momentanément Tidée d'une seule hélice.

Voici d'ailleurs quelques chiffres sur ce dirigeable destiné de préférence à la défense et à la surveillance des places fortes menacées d'investissement : ,

Longueur totale du ballon (avant33 m., arrière 22 m.) 55 m.

Diamètre 11 m.

Hauteur i4 ni.

Section au maître couple (95 m. + 120/0 partie triangle) 106 m. 43

Surface totale 1.435 m.

Cube 3.104 ni.

Force ascentionhelle 3.4oo k.

Vitesse eu air calme, à l'heure. . . 45 km.

Moteur (deux moteurs de .'.o chevaux). loo chx.

Diamètre des hélices.

Pas des hélices . .

332 LKS DIKKÎKARLKS

Recul 20 0/0

Fraction à rextnWnitt'

Fraction au ctMitre

Nombre de tours par minute .... 80

Vitesse à la circonfc'rence à ce nombre de tours 46 m. 076

Ce navire atfrien, conçu d'après les t'tudes et projets de G. Von, en 1886, mais modifie' dans bien des détails, a sa place toute marquée dans une guerre moderne grâce au champ, pour ainsi dire illimité de son rayon d'action : sans souhaiter le voir rendre des services comme dévastateur, nous aurons plaisir à le voir naviguer dans les airs sans chercher à harceler Tennemi.

Projet F. L'Hoste

M. Frédéric L*Iioste, dont le nom est bien connu comme aéronaute, décrit dans VAérophile, d'octobre 1901, un projet de dirigeable à corps riffideeid pneu aérien.

Le principe de ce ballon rigide, à enveloppe unique est de rejeter automatiquement l'air par ses ballonnets, au fur et à mesure que se produisent les phénomènes de dilation ou de condensation : la masse gazeuse ne peut jamais quitter une pointe pour se diriger vers Pautre dans un mouvement de tangage.

La construction de cet aéronat, dont la fig. 97 en donne une idée, ressemble légèrement à ceux déjà construits : trois cercles ayant chacun un anneau central maintiennent un axe longitudinal qui travaille à la compression, c'est aux extrémités de cet axe que s'exerce, par un rappel élastique, la traction nécessaire pour obtenir la rigidité de Tensemble, et cela avec un grand coefficient de sécurité.

Le piic» aifrit'ii P. cousu sur le côiic «vaiil, est ri'|iri'seuté par la partie hacliurve qui es! remplie d'air, itml cet avaut permet de rusislor aux pressions ileleriuiiiêes par la vilessc.

Fig. 97. — l'rojel dv M. F. L'Iloi

Les baliouuels BB ci)inmuiiii|uctil lilircmeiil avec l'air extérieur ; deux cordes montées sur des poulies A i^oriçi! permelleut d'eu régler le volume, d'éviter les 11 ucl nations et au besoiu do donner une faible pression à tout l'ensemble.

Les deux nacelles sont reliées par une eloisiin lontfitndinale surmontées d'une passerelle. (iliacunc des niirelles porte une hélice, d'un système spécial et A l'orce centrifuge. Ces hélices sont actionnées ]>ar deux moteurs i\ essence de 3o chevaux chacun.

Cetaéronal est Iransporlable : il peut être dégonflé en ramenant, à l'inverse du gonllement, l'étofFe et les cercles au centre. Enlin, divers agrès complète l'ensemble.

M. L'HoKte,qui n'est pas un nouveau eu Aéronaiiti()ue, estime qu il lui serait possllile de mener à bien la réalisation de son projet; nous souhaitons de tout eusur qu'un Mécène généreux lui vienne en aide et contribue à la mise au point de ce dirigeable.

Projet» divers

Très nombreux sont encore les projets méritant d'être signalés, et dont la mise en exécution d'un certain nombre est imminente.

M. Girardot a, paraît-il, commencé un dirigeable de son invention, dont le propulseur doit être mû par un moteur Charron, Girardot et Voigt de 60 chevaux.

N'ayant pu avoir aucun renseignement technique précis sur ce navire aérien, nous ne pouvons rien en dire: nous pensons toutefois que Temballement porte à croire à des choses qui sont encore loin d'exister.

Citons aussi, en voie de construction, les dirigeables de MM. Lebaudy, Boisset, Bourgoin, etc., etc.

Bien d'autres personnes, ont étudié des dirigeables, suivant leurs idées, mais de la conception à la réalisation il y a loin : bon nombre de projets (la plupart même) méritent peu d'attention et ne seront jamais exécutés. Quand bien même ils le seraient, pour qu'ils aient une certaine valeur, il faudrait examiner si les résultats obtenus ont fait faire un progrès réel à la science : la plupart des inventeurs ne se basant presque jamais sur des calculs et ne s'occupant pas de rechercher ce qui a pu être fait par leurs devanciers.

Projet de l'aoteor

Si l'auteur s'est permis quelques critiques sur certains projets ou sur les résultats des diverses tentatives, c'est qu'il s'est occupé de la question non-seulement au point de vue théorique, mais aussi au point de vue de la construction — pratiquement réalisable — du ballon dirigeable.

En effet, en collaboration avec deux personnes s'occu-

pant d'aérostation, il avait commence les éludes d'un dirigeable destiné à un riche sportsmen bien connu dans le monde de l'auto m obi Hsme.

Par suite de certaines circonstances, les éludes furent arrêtées brusquement, il y a peu de temps, mais l'auteur seul n'en continua pas moins ses recherches et acheva entièrement le projet dont il va donner une succincte description.

La fig. 98 représente le ballon, dont le cube est de . 1600 mètres environ ; la longueur 4'» mètres, correspond à un allongement de 4>7) le diamètre maximum étant 9 m. 5o.

Le maître-couple, placé au - de la longueur à partir

Fiç. 118

Projet de l'au

de la pointe avant, détermine une dissjmétrie nécessaire au maintien de la bonne direction et de la stabilité.

A l'intérieur, un certain nombre de cloisons permettent d'avoir une pression à peu près la même dans toute la longueur, et toute la partie inférieure forme le ballonnet compensateur dont le cube, assez élevé est égal

au - du cube du ballon, soit 266 mètres cubes.

La nacelle, assez longue de forme trapézoïdale est fixée directement à deux longerons formant cadre inférieur, ces longerons sont reliés directement à la chemise dont ils font partie. Pas de filet, les suspen-

les et les balaiiciiies sont ligalemenl siiij|)rinii^es. disposition periiiel la libre dilalalion du ballim sans duire des plis à l'iîtoffe.

Le système d'attache de la nacelle (ainsi qii forme de l'avant) a l'avantage de supprimer du pot^ inutile et de réduire de beaucoup les résistances f l'avancement, qui dans le ballon de Diipuy-de-Lôme, 4 d'après les calculs de l'énniuenl ingénieur, atteignais les - de la rcîsistancc totale. De plus, le couple slabîlisi

leur, réduit à son minimum, est ti'f's sufHsant et contij bue à assurer la stabilité de route.

Cette nacelle, entièrement enveloppi-e de soie trU lisse, sauf en son milieu, -À l'endroit où se placent I<^ a^ronaules ( r ). est construite en sapin et en frêne légi des entretoises en cornières d'acier, très minces, et tubes sans soudure lui donnent une très (grande rigidilf sous un poids relativement faible.

Deux hélices sont destinées à la propulsion, celle d'avant, d'un diamètre de 8 mètres et tournant à 80 tours est actionnée par uu moteur à pétrole très léger de ilio chevaux; celle d'arrière à la fois propulsive et compensatrice doit assurer la bonne marche et ia bonne tenue du ballon et augmenter la stabilité.

Elle a 4 mètres de diamètre et tourne à 120 tours, F elle est actionnée par un moteur de 20 chevaux.

Un autre petit moteur à pétrole de i ch. i/4 commande un ventilateur destiné au ballonnet. Le débit de cet appareil est beaucoup plus élevé qu'il est nécessaire en temps normal, mais l'auteur tient à conserver autant que possible une invariabilité de formes, condition indispensable à la vitesse et à la stabilité.

Enfin denx plans (non fig-urés sur le dessin) mais qui

(!) Les a

E premier a

BU uombre de (rois, doive i moteurs, le socoiid lîu balloiincL cl troisième peut dirit^or lus mouveniculii cl suivre lus rùsuitiils de» ilpparciia ciirei^-isl

t>tlOJÈTS NOUVEAlJît â37

doivent être placés de chaque côté et près du centre de gravité, ont pour bmt d'amoindrir le tangage, et même de le supprimer.

Une foule d'autres détails non signglés volontairement ont aussi le même but, en même temps qu'ils sont utiles dans bien des circonstances.

D'ailleurs, l'auteur s'est inspiré de tous les travaux des devanciers, il a cherché de même à appliquer dans la mesure du possible, tout ce que la science aérostatique et la navigation aérienne ont produit pendant ces dernières années.

Telles sont les principales caractéristiques de ce projet qui — à part de très légers détails — n'attend plus qu'un généreux amateur de la nouvelle locomotion qui veuille bien s'y intéresser.

H. André. — Les Diri|çeables. ^ 22

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