LA SUPRÉMATIE DU TRAVAIL
çois I", comparées à l'organisation de la Hanse d'où surgit toute la vie économique des temps modernes ? On commence à s'apercevoir que le règne de Louis XIV se résume en un seul désastre : la révocation de l'édit de Nantes, qui prépara la puissance germanique. L'âme ouvrière des multitudes huguenotes modifia l'Europe bien autrement que les victoires de Turenne, de Condé, de Villars, du maréchal de Saxe. Le besoin d'individualisme spirituel enfanta l'abominable particularisme protestant, dont les descendances se nomment, à présent, Allemagne, Angleterre, formidables voisines, et belliqueuses, de notre internationalisme sentimental et catholique.
Les aventures légendaires des empereurs, des rois et des capitaines peuvent amuser l'attention des petits enfants. Il n'est point mauvais qu'on leur présente ces exemples d'énergie malgré les crimes afTérents. L'éducation de l'homme demeure incomplète si eUe ne vise pas à d'autres connaissances. Il conviendrait aussi peu de s'en tenir aux fables de l'Ogre et du Petit Poucet, allusion d'ailleurs intelligente pour symboUser la victoire rusée du manant sur le tueur féodal.
Dans les classes d'humanités, on devrait s'abstenir de ces monographies banales et qui rééditent les mêmes exploits d'une morahté contestable : tels les procédés de Philippe le Bel pour obtenir l'argent des Templiers et des Juifs ; tels les faux billets de banque moscovites et prussiens commandés par Napoléon à ses graveurs, pour ruiner le crédit des Etats adversaires, et obtenir, grâce à d'impériales escroqueries, l'entretien gratuit de ses troupes chez le paysan d'Allemagne, de Russie, qui, naïf.
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acceptait ces vignettes comme du papier valable. Gela ne doit pas intéresser jusqu'à dix-huit ans l'écolier de France. Au milieu des cours, on substituerait heureusement certaines études à de pareilles anecdotes.
L'histoire des évolutions religieuses depuis le fétichisme jusqu'à l'établissement du christianisme meublerait mieux les imaginations de quatorze ans, presque viriles déjà. Le professeur expliquerait le système de gouvernement hiératique propre à l'Inde, la Chaldée, l'Egypte. Il révélerait les philosophies occultes des collèges de prêtres qui dominèrent les rois d'Orient, les utilisèrent comme simples chefs de la police, comme appariteurs de cortège, les ayant, au préalable, terrorisés par les mystères scientifiques des sanctuaires. Là, certainement, étaient connues l'électricité, l'hydraulique, d'autres forces, comme celle de l'air comprimé, et qui permirent l'édification des monuments dont les ruines énormes surprennent encore le touriste habitué au miracle de la la vapeur. On montrerait le développementde cette civilisation étendue depuis le Pamir jusqu'aux vallées du Nil, jusqu'au royaume de Saba et d'Ophir, notre Abyssinie et notre Transvaal. On n'accorderait qu'une importance relative à la petite colonie de la péninsule hellénique où les Lycurgue, les Eschyle, les Périclès, et les Platon vulgarisèrent ces théories hiératiques au bénéfice de la conquête romaine civilisant les contrées occidentales du vieux monde. César fut, pour l'esprit grec, délégué des sanctuaires Égyptiens, le publiciste le plus utile. L'efi'ort de synthèse que tenta le christianisme catholique, c'est-à-dire universel, accaparerait l'attention de l'adolescent. 11 compren-