‹ Les disciplines de la FranceChapitre 2 sur 20 · PREFACE TS · texte numérisé non relu

PREFACE TS

compare le tirage avec celui de la feuille où prêche M. Jaurès, il faut admettre que la plupart des recrues intéressantes vont à la doctrine monarchiste. Dans les salons, de jeunes femmes agressives propagent ce même sentiment, et l'imposent à leurs familiers. Darwin et sa sélection, Spencer et son individu, Nietzsche et son surhomme paradent en tous propos, aux thés de cinq heures, fort doctement, même sur les bouches les moins faites en apparence pour divulguer tant de graves dissertations condamnant le faible à la servitude, niant la possibilité de la justice, dotant le fort de tyrannie légitime, et le maître de divinité.

Naguère vaincue par la science la réaction lui emprunte les moyens de revanche.

Avec le nationalisme des Esterhazy, des Mercier, des Henry, des Syveton, succomba l'esprit bête des conservateurs. Nous ne lirons plus un livre de cette secte aussi nul que l'ouvrage publié, durant l'Affaire, par un jésuite fameux à qui les Francs-Maçons prêtaient du génie, le génie indispensable pour leur tenir tête. Au contraire les diverses publications dirigées par le parti de Droite contiennent des théories très savantes, des littératures prestigieuses. C'est une éUte véritable qui restaure les principes de l'Ancien Régime, constitue leur logique, redore les fleurs de lys et les aigles.

M. Jaurès ne se leurre pas en attribuant une importance à cette métamorphose. Si la jeunesse instruite dénie au prolétariat le droit de s'affranchir, et aux socialistes celui de parler, en accord avec la raison méthodique, contre l'arbitraire des plus riches ou de leurs

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