PREFACE XV
Pour s'en tenir au seul problème de l'instniclion, et sans vouloir rquvrir la controverse, il appert, hélas, que l'Allemagne, comptant un illettré alors que nous en comptons mille, développe son commerce et son industrie comme nous ne pouvons le faire. L'ouvrier américain éduqué produit une valeur de 1 5o francs lorsque le Français en produit une de loo. Ces sortes de statistiques, malgré tout, ont leur intérêt. Ainsi que l'énonce M. Pierre Delbet, étudiant la méthode dans les sciences médicales : « la détermination des rapports numériques entre les phénomènes est la forme la plus élevée de la science. » Et le volume qui comprend, outre cette très remarquable étude, d'autres chapitres dus aux meilleures intelligences, désigne souvent la conclusion quantitative comme but final de la recherche (i).
n manque au Français le plus instruit d'être multilatéral. Chacun de nous choisit une secte, s'y range, se boucle des œillères autour de la tête et ne veut plus rien connaître que les erreurs de son milieu. Même s'il émigré, notre frère emporte avec lui ce défaut. Chez les Français du Canada, M. Jean Lionnet dut consigner dans son excellent li\Te la tare indélébile. Il l'a notée, au fond du Manitoba, dans la petite commune de Saint-Claude. Idola tribus, disait Bacon. Quiconque a trouvé illégale la condamnation du malheureux capitaine, et a protesté contre elle, se croit obligé maintenant, par on ne sait quelle
(i) De la méthode dans les Sciences, par MM. les Professeurs Bouasse, Pierre Delbet, E. Durkheim, A. Giard, H. Job, F. Le Dantec, L. Lévy-Bruhl, G. Monod, P. Painlevé, Emile Picard, Th. Ribol, J. Tannerj; P.-F. Thomas. Félix AJcan, éditeur, 1909.