LES MISSIONS CATHOLIQUES AUX COLONIES
C'est ce cosmopolitisme, c'est ce penchant à n'avoir pins de patrie, que précisément l'Ordre des jésuites, plus que tout autre, développe par l'éducation qu'il donne à la jeunesse, en détachant c^lle-ci des liens nationaux, du sentiment national. Tel est donc le principal grief que j'ai contre cet ordre, — en reconnaissant d'ailleurs qu'il est plus habile, plus patient et mieux avisé que maint autre. Les jésuites sont un danger pour la petite quantité, pour le faible reste de sentiment national qui a survécu chez une grande majorité d'entre nous Allemands.
De même, à l'égard du n» 2 de l'interpellation, supposé qu'il fût seul, — c'est-à-dire la question: s'il a été résolu ou si on a l'intention
d'exclure ou de restreindre, génh^alemcnt^ l'exercice de Missions catholiques dans ces territoires protégés,
j'aurais sûrement répondu tout court: ««on, — ni maintenant ni jamais t. Ces messieurs (du Centre) ne peuvent pourtant croire eux-mêmes qu'une telle — je dirais brutalité confessionnelle ait pu en somme venir à l'idée, être dans l'intention du Conseil fédéral. Croyez -vous donc que les représentants des rois catholiques de Bavière et de Saxe approuvassent, de leur côté, une injuste exclusion de cette nature? Alors, nous n'aurions pas eu à attendre ici une interpellation (*). — Je prie ces messieurs d'admettre du moins que ce que M. l'orateur prétend pour lui-même et nous recommande: savoir, tque l'intérêt général de l'Empire sera toujours son guide», — est absolument et sera de tout temps le principe du Conseil fédéral. Partant, toute supposition, comme si l'on avait jamais eu, de notre côté, quelque autre dessein, je dois la traiter d'injuste suspicion, je la repousse au nom des gouvernements confédérés,
(Applaudiaaenienta à droite,) nous voulons rentière et complète parité, (*)
(}) parce qoe ces gouycrnemeDU catholiques seraient déjà et tout d'abord intervenus.
(') pour les confessions — et leurs Missions.
Ainsi donc, ce sont les motifs de Tinterpellation plntôt que la teneur même qui m'ont décidé à prendre la parole. Les motifs me donnent à penser (^). n y est dit:
cLa rectification que le suppléant du chancelier de TEmpire, M. le ministre d'État de Bôtticher, a faite, le 3 novembre dernier, du journal Germania^ donne lieu etc. »
Je me suis demandé: est-ce là un casua pro amicofQ) La véracité de ce journal étant mise en doute par cette sorte de communiqué^ par la rectification (officielle), veutron qu'elle reçoive ici une telle justification? Est-ce pour cela qu'on va mettre tout le Reichatag en mouvement? Yeut-on dans l'intérêt d'une feuille du parti, et comme réplique de ce journal à la rectification du gouvernement, faire une hiterpellation, pour qu'ensuite — aemper aliquid hceret — s'y rattache toute une discussion? Gela me semblait possible, bien qu'il soit toujours douteux pour moi que, de la part d'un grand et considérable parti, on puisse ici, au Reichatagy s'identifier
.avec un journal comme celui-là, afin de prendre, dans le cadre d'une interpellation officielle, attitude contre les gou-
• vemements confédérés et de faire en quelque sorte descendre
le Reichatag dans la lice pour soutenir la véracité soupçonnée
de cette Germania^ — qui a de singuliers droits à porter
son nom Q).
(Hilarité.)
Je me suis encore posé une autre question: l'interpellation a- 1- elle dû peut-être offrir l'occasion de rompre une lance contre la loi sur les jésuites et de descendre dans la lice pour les jésuites? D'après l'introduction de M. l'orateur
(}) ces motifs sont les quelques lignes de préambale qui précèdent le texte de Tinterpellation {v, supra),
(') on sait que la Oermania de Berlin est le principal organe da parti - Centre.
C) 0. à d. que son germanisme est an moins d^une nature tonte particulière.