‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 11 sur 175 · LES COLONIES ET LE PARTN CENTRE · texte numérisé non relu

LES COLONIES ET LE PARTN CENTRE

il m'a semblé que ce n'avait pas été précisément son intention et qu'il réservait cela peut-être pour une autre occasion.

En revanche, par les paroles, par les arguments de M. le député, ma troisième conjecture s'est trouvée un peu plus fortement fondée qu'elle ne l'était auparavant. Je me suis demandé: est-ce peut-être une occasion saisie pour motiver la position d'un parti par rapport à des questions dans lesquelles ce parti ne se trouve pas complètement d'accord avec tous ses électeurs? Par là j'entends la question coloniale.

' H. l'orateur nous a dit lui-même que les sympathies pour les affaires coloniales sont très répandues parmi les catholiques. Or, l'attitude des députés au Reichstag qui se qualifient par excellence de représentants catholiques, ne nous a point donné la preuve de ces sympathies. Au contraire, si ma mémoire ne me trompe pas, ces messieurs ont avec une grande énergie et ténacité prêté leur sontien à la lutte du parti progressiste contre toute la question coloniale ('). Si donc réellement la sympathie pour les colonies est très répandue parmi les catholiques^ — comme je le crois aussi de mon côté et m'en félicite, — on a, dans une certaine mesure, intérêt à combattre cette sympathie, en disant: c toutes les colonies seront exploitées, d'après un système de disparité, au détriment de la confession catholique», — a6n de motiver tant soit peu par là l'hostilité qu'on a montrée contre la tendance et le but de la politique coloniale, et de propager parmi les coreligionnaires la même opposition que les chefs du parti nous ont, à notre regret, et très clairement faite, en se servant de cette question comme d'un moyen de combattre le gouvernement.

Vous le voyez, Messieurs: comme homme politique je

0) On peut juger de Peapëce de sympathie qae le Centre disait porter à la politique coloniale par Tattitnde des chefs da parti dans ies discassions de 1884 et 1885 relatives aax colonies; v. notamment Vol. XI des Discours, p. 219; Vol. XII, p. 189, 194, 206, 383.

32 REICHSTâG allemand. - SESSION DE 18S5-1886.

cherche les motift politiques dans le jen (') de l'adversaire; car je ne peux m'imaginer que simplement un article de journal et cet incident particulier avec deux Français, — qualifiés par M. le député de «vrais Allemands» — que cela seulement ait dû donner lieu de mettre ici en réquisition, je ne sais pendant combien de temps, le Rekhstag et la représentation des gouvernements confédérés. On arrive nécessairement à penser que quelque anguia mb hei'bâ latet^ qu*il y a encore au fond de Tinterpellation quelque motif, qui n'a rien à faire directement avec moi (^).

Si d'autres discours ne suivent pas celui que nous avons entendu, mon impression est celle-ci: la sympathie qui existe pour la politique coloniale parmi les électeurs catholiques, doit être combattue et ébranlée par les tendances que Ton peut prêter à cet égard aux gouvernements confédérés, — et c'est pourquoi je suis obligé de m'étendre un peu plus longuement sur la genèse de toute l'affaire à laquelle l'interpellation se rattache.

Préalablement, je ferai encore une observation: M. l'orateur a dit que si l'on voulait exécuter en un sens les lois dans les territoires protégés, on devrait le faire aussi dans tous les autres sens, — et il a demandé assez ironiquement si nous voulions peut-être nous servir là-bas des lois contre les démocrates - socialistes (^). Ëh bien! nous ne pouvons là-bas nous en servir par la voie des tribunaux, mais très certainement en ce pays nous procéderons dans le sens de ces lois ; et si nous y avions affaire à des agents qui auprès de la population ouvrière, allemande ou noire,

(HUanté.) agissent et parlassent dans le sens des tendances qui, chez nous, doivent être réprimées en leurs effets par la loi contre les

(') in den Zôgen, dans les coaps d'échecs.

C) allasion sans donte à rintérét de parti qai pousse le Centre à continuer sa polîtiqae agressive, poar contrarier et paralyser peut-être les dispositions plus conciliantes de Rome.

(*) V. suprày l'analyse du discours de M. Reichensperger.

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