‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 9 sur 175 · LA SOCIÉTÉ DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ DE JÉSUS

toires poar ces fonctionnaires de l'Empire qui résident à Tintérienr et qui, là -bas dans les colonies, devraient (d'ici) sanctionner de lenr signature ou ordonner des actes contrevenant aux lois de TËmpire. Ainsi ce serait toujours agir, dans Tintérieur du territoire de TEmpire, en contravention avec les lois de TEmpire.

M. l'orateur est certainement un bien meilleur juriste que je ne le suis; certainement aussi il est un bien meilleur avocat. Je laisse décider s'il ne défendrait pas une cause douteuse bien plus habilement que je ne saurais le faire; — - je crois qu'on peut TafBrmer absolument. Mais ces argumentations, cette distinction entre le chancelier de l'Empire qui exécute les lois à l'intérieur du territoire de l'Empire, et l'autre chancelier de l'Empire qui ferme l'œil quand, à l'extérieur, il contrevient aux mêmes lois, — ce n'est pas chose acceptable pour mon sentiment d'honnêteté; — et que les idées à cet égard, dans les doctrines de l'Ordre des jésuites, ne se rencontrent pas avec celles du gouvernement allemand, c'est là une des principales raisons pour lesquelles nous nous tenons à la loi en question.

H. le député a très justement dit que ce n'est pas ici le lieu de discuter s'il convient de maintenir la législation concernant les jésuites (^); j'en tombe aussi d'accord bien volontiers. Mais il n'a pas laissé cependant que d'alléguer des raisons très considérables en faveur des jésuites, si bien que de mon côté je ne peux laisser non plus que d'alléguer contre (^) — une raison qui, pour moi comme homme politique, a un poids tout particulier. Le danger que positivement l'action des jésuites avait pour l'Allemagne, pour son unité et son développement national, n'est pas sans doute dans le catholicisme des jésuites, mais bien dans toute leur

(}) v. tuprh le texte de la loi de TEinpire et celai de TordonDance da Ck>D8eil fédéral qui la complète.

(') Les mots imprimés dans le texte allemand en lettres grasêeê poar indiquer que Torateur a appayé sor ces mots, sont reproduits en italique dans la traduction.

organisatioD internationale, dans leur détachement de tout lien national et dans leur système de rompre tous les liens nationaux, d'étouffer tous les sentiments nationaux, partout où ils les rencontrent.

(Dénégations au Centre.) (})

Or, en Allemagne, nous n'avons pas précisément une grande surabondance de sentiments nationaux, de vive sensibilité nationale; et, pourrais-je dire, nous sommes sous ce rapport quelque peu anémiques. C'est avec une regrettable facilité que l'Allemand partout, en orient comme en occident, se détache de sa nationalité, et l'influence des sentiments nationaux sur nos actes, sur notre conduite, sur la disposition à nous concilier au sein des partis, est extrêmement faible.

Les noms les plus hostiles à rAUemagne dans le parti français de la revancfie sont des noms de renégats allemands, soit natifs d'Alsace, soit francisés et devenus citoyens français. Parmi les Polonais que nous avons pour adversaires, les plus passionnés sont originairement de sang germain (^), ils ont polonisé leurs noms, ou par traduction, ou en y ajoutant un appendice polonais, et ils se sont trouvé avoir plus de prestige quand ils ont repassé la frontière comme staroBteaQ) polonais, après être partis simples paysans allemands. Tout Allemand qui a été une couple d'années en Amérique, parle un allemand mêlé d'américanismes et dit: cchez nous, làbas, en Amérique».

Q) L'indication des monyoments et des impressions diverses de rassemblée est souvent utile pour mieux faire comprendre le sens, la portée et Pefifet des paroles de Torateur; — la traduction des Discours reproduit ces indications comme elles sont données par le compte-rendu sténographié authentique.

i?) «... dans la Prusse occidentale on colonisait avec un tel succès que les petits-fils de grands- parents qui étaient incontestablement allemands, de souche allemande, de nom allemand, ne savaient déjà plus qu^ils fussent Allemands, ne savaient plus parler allemand et se considéraient comme Polonais. . . .> (Vol. XII des Discours^ p. 95.)

(') staroste^ titre donné aux dignitaires polonais.

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