FAUSSE INTERPRETATION DES LOIS DE MAI
parce que celles de rextérieur réclamaient tonte mon activité et an-delà, — jusqu'à une période nltérieure, sur laquelle je reviendrai ensuite (*).
Tontefois je n'entends point faire dériver de là le droit de me soustraire à la responsabilité ; je veux seulement définir ma responsabilité en ce sens que je porte complétemment la responsabilité «collective» de la direction et de la tendance des lois de mai comme «lois de combat», et qu'aujourd'hui encore je maintiens et me fais garant qu'il était utile et opportun de créer des lois ayant cette tendance. Autre chose est un peu la responsabilité de tous les détails de ces lois, — détails qui sont l'affaire des juristes du département spécial, — la responsabilité, pour ainsi dire, de toutes les arabesques, de tout cet édifice techniquement achevé, dont encore à présent je ne connais pas tous les coins, et dont l'étude approfondie exige un homme qui ait plus de compétence et de temps que je n'en ai pour cela.
Mais quant à Finterprétation de cette législation tout entière, telle qu'aujourd'hui elle se donne carrière dans les feuilles publiques, je dois la combattre de la manière la plus formelle. Les lois de mai y sont représentées comme si elles n'avaient pas été seulement une nécessité regrettable, — quand je dis «lois de mai», je sais très bien qu'elles ne sont pas toutes nées en mai (1873) (^); j'emploie la désignation usuelle, — mais qu*il fallût révérer en elles une sorte de palladium de l'État prussien, auquel en aucune circonstance on ne doit toucher, si l'on ne veut blesser l'honneur de l'État.
Or, Messieurs, je dois le dire, il n'y a nullement là une question d'honneur; la tentative de mêler ici une telle
(}) s'étant consacré au département des affaires étrangères, le prince de Bismarck qualifiait à^exiérieure sa position par rapport au ministère prussien; — plus tard, quand il redevint ministre-président, il se fit remplacer pour les affaires intérieures par un vice -président; ~ cette YÎce-présidence, créée en mars 1878, fut d^abord remplie par le ministre des finances, M. Camphausen.
0*) Les lois de mai 1873 furent suivies en effet de différentes lois complémentaires en 1874 et 1875; v. ci-dessus la note, p. 283.
question — jasqnes à qnand et jusqu'à quel point, je rignore — est faite surtout dans une tendance que, relativement au conflit clérical, on ne peut mieux caractériser que par le tertius gaudens duobuê litigantibua; — elle est faite dans les feuilles du parti progressiste, pour Timportanee duquel la question de la guerre ou de la paix entre FÉtat et l'Église est du plus haut intérêt; — aussi le parti progressiste doit-il faire des pieds et des mains pour empêcher que d'aucune façon le conflit entre les deux autres, conflit où il trouve lui-même, comme tiers, sa joie, sa satisfaction, sa prédominance, son soutien, son appui, (^ ne s'amortisse seulement ou ne se modère.
Ces instigations qui tendent à ramener la question au point d'honneur, ne font pas d'autre impression sur moi si ce n'est qu'on doit apprendre de l'ennemi (*). Je peux bien le dire, dans la position que j'ai prise relativement à ces lois, j'ai été essentiellement affermi par les attaques passionnées et fausses dont la possibilité de concessions envers l'Église romaine a été l'objet de la part des feuilles progressistes. En ma longue carrière ministérielle j'ai constamment trouvé que je suis dans la bonne voie, quand les feuilles progressistes m'attaquent, et, règle générale, j'ai vu que je fais bien — si je ne peux arriver moi-même à fixer mon opinion — de faire le contraire de ce qu'il y a dans ces feuilles.
(BUarité. Bravo!)
Transformer en une question d'honneur celle qui nous occupe actuellement, c'est une des plus fortes absurdités imaginables et une preuve de ce qu'on peut fedre accroire aux lecteurs des dites feuilles. Dans les conflits à l'intérieur, entre compatriotes, l'honneur du gouvernement consiste à aimer la paix au lieu de chercher les querelles. Dans un
(^) c'est grâce au soutien qaUls troarent daos le parti-Centre qne les progressistes peuvent former an Reickstag une sorte de majorité contre le gouvernement de PEmpire.
(^) apprendre ce qne Ton doit faire ... en sens contraire, — comme Vexplique ce qui sait.