‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 115 sur 175 · LB VÉRITABLE BUT DBS LOIS DE MAI · texte numérisé non relu

LB VÉRITABLE BUT DBS LOIS DE MAI

conflit avec l'étranger c'est un peu autre chose certainement. Il y a quinze ans, alors qne nous avions pas encore de lois relatives à TËglise, étions-nons peut-être des gens sans honneur? nous sommes-nous sentis honorables seulement depuis que nous avons ces lois, et devons-nous considérer leur perte comme celle de notre honneur?

Sans doute, si le Pape, à la suite d'une armée française, se tenait sur notre frontière, ou si une armée polonaise, dans les idées du Pape, nous menaçait en même temps du côté de r£st, alors on pourrait parler de point d'honneur; alors, en face de la violence qui serait tentée contre la législation prussienne, nous devrions combattre jusqu'à notre dernier homme, jusqu'à la dernière goutte de notre sang. Mais la violence qui est faite ici à législation prussienne, vient uniquement du besoin conciliant que Sa Majesté le Roi éprouve de se rapprocher de ses sujets catholiques, — je ne dirai pas de leur rendre justice, car je ne reconnaîtrais point qu'il n'en ait pas été de même jusqu'ici, — mais de leur tendre la main pour la conciliation.

Je crois en avoir fini ainsi avec ces instigations fondées sur le point d'honneur. A nos adversaires qui l'ont pris sur ce ton-là, je n'ai qu'une chose à dire, c'est que justement leur colère m'a indiqué encore plus clairement la bonne voie à suivre en cette question.

Les lois de mai étaient, comme je l'ai déjà dit, des lois de combat; par là s'entend de soi qu'on n'a pas dû créer au moyen de ces lois une institution permanente, qui dominât l'État prussien avec l'autorité d'une disposition constitutionnelle. Elles étaient un moyen de combat — précisément pour arriver à la paix. Gomment cette paix se ferait- elle? personne alors, au fort de la lutte, ne se le figurait bien clairement. Mais que l'idée de la paix f&t dès l'origine, dès la naissance des lois de mai, présente à notre esprit et qu'elle ne nous ait jamais quittés, pour le prouver je me permettrai de vous citer quelques passages des discours prononcés par moi à cette époque, — je pourrais emprunter aussi de

semblables citations aux discours de mes collègues, mais je ne voudrais pas trop prendre de votre temps.

Tont d'abord, en donnant le premier de ces extraits, je dois encore une fois faire observer que ce fat par des considérations non point confessionnelles mais politiques qu'à l'origine j'entrai dans cette lutte, — comme vous le verrez par une courte citation d'un discours que je tins à la Chambre des députés le 9 février 1872 Q); c'est le premier témoignage affirmatif que j'aie pu retrouver de ma participation à la lutte.

J'ai dit alors à ces Messieurs du Centre:

ÇLùant)

cJe croîs. Messieurs, que vous arriverez plus aisément à faire la paix avec l'Etat, si vous voulez vous soustraire à la direction guelfe (') et ne pas admettre surtout au milieu de vous des protestants guelfes, qui n'ont rien de commun avec vous, mais qui peut-être ont besoin qu'un conflit s'élève dans notre pays en paix, car les espérances guelfes ne peuvent être remplies que si la discorde et le bouleversement régnent chez nous. ...»

«... J'arrive maintenant au troisième allié que vous avez ('), lequel a besoin de conflit et de lutte: je veux parler des tendances de la noblesse polonaise. . . . C'est un fait que généralement le clergé catholique (^) — même de langue allemande — favorise, traite avec bienveillance les tendances de la noblesse polonaise à se détacher de l'Empire allemand et de la monarchie prussienne pour reconstituer Tex-Pologne dans ses anciennes frontières; —

(}) suite de la discussion du projet de loi sar Pinspection des écoles; — Volume IV des Discours^ p. 80.

{^) la direction guelfe • hanovrienne se personnifiait en M. le Dr. Windthorst, aujourd'hui chef incontesté du parti-centre.

(*) même Volume IV, p. 84.

(^) Il s'agit du clergé catholique dans les provinces prussiennes de langue polonaise.

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