‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 119 sur 175 · LE PRETRE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LE PRETRE CATHOLIQUE

s'il voulait exprimer sur le service qu'il doit faire sa conviction, qui est, à ses yeux, meilleure et plus juste.

C'est une question fort douteuse de savoir jusqu'à quel point — et si jusqu'au point où on l'a essayé dans les lois de mai — peut aller théoriquement l'appui donné à un prêtre catholique contre ses supérieurs; mais quant au résultat, il est hors de doute pour moi que les lois de mai ont été à peu près sans effet.

D'ailleurs personne n'est forcé de se faire prêtre. Celui qui le devient sait ce qui l'attend. Il sait qu'il s'assujétit à l'autorité de supérieurs, dont il lui a certainement été donné d'étudier de très près les tendances, le passé tout entier. Il ne peut devenir prêtre sans savoir très exactement, je le répète, ce qui l'attend; qu'ensuite il éprouve des désagréments, qu'il vienne alors se plaindre à l'autorité civile et dire: secourez moi! — je ne peux que lui répondre: *tu

Cas voulu! 9

(Très juste!)

Car c'est son affaire; — pourquoi s'est-il fait prêtre? Il n*y était pas forcé. Une fois qu'il l'est, il doit aussi supporter ce qui s'en suit, — jusqu'à un certain degré. Cela ne va pas en effet jusqu'à le laisser sans protection contre tout acte de violence; d'ailleurs ce n'est pas nécessaire, aucun acte de violence ne sera exercé.

Il en est de même pour l'éducation des prêtres. Regarde-t-on l'Eglise comme un adversaire, — ainsi qu'on l'a considérée dans cette lutte, — alors, on ne fait que fortifier l'adversaire si on lui fournit un prêtre plus instruit, ayant une meilleure éducation, qu'elle ne pourrait elle-même le former. Du moment que le prêtre devient tel, on perd l'influence sur lui; l'effort tendant à exercer sur le prêtre une influence de la part de l'Etat, et à faire entrer notre bureaucratie en concurrence avec les supérieurs ecclésiastiques jusqu'au pape en remontant, c'est là le proton pseudosQ)

Q) errear première, prémisse fausse.

de tonte la législation de mai, c'est là ce qni donne à tont cet effort de TEtat qnelqne chose de vexatoire et d'irritant, — eflfort tenté avec de grands moyens ponr arriver à nn maigre résultat, — c'est là enfin ce qni prodnit une sensible aigreur et animosité de la lutte, parce que Ton vise un but qui, dans ma conviction, et d'après la nature des choses, ne peut être atteint.

Le mot qu'on veut avoir à dire par rapport au prêtre, concurremment à l'Eglise catholique, restera toujours, comme on dit, à l'ar rière- ligne (»), ou, pour parler en style parlementaire, se trouvera toujours en ligne de minorité. Surtout, si l'Etat, ordodhant, influençant, veut procéder de concert avec le jnge criminel, — toujours le supérieur ecclésiastique aura, comme on dit dans la vie ordinaire, le vent en poupe (*), et l'Etat s'engage ainsi dans une voie où il ne pourra jamais développer complètement son pouvoir.

Je ne toucherai pas la question de savoir jusqu'à quel point ces considérations, que j'ai puisées dans une étude plus attentive des lois de mai, ont un eiFet pratique sur notre projet actuel. Ceci est cura posteriar. Pour l'instant, je veux seulement, par opposition avec ce qu'a dit le précédent orateur, fonder sur des raisons cette conviction qui est la mienne: savoir, que les lois relatives à l'Église tendaient, dans une telle voie, à un but qui d'après la nature des choses, ne peut être atteint, et que par suite c'est un champ sur lequel je suis personnellement disposé à faire des concessions. — Que je puisse mettre officiellement en œuvre cette disposition, je ne le sais pas encore.

De même, Yappel comme cTabus a-t-il jamais eu de l'elFet, là où il est le mieux sur son terrain, eu France? Vous y voyez aujourd'hui interjeter cet appel (^), et il passe sans laisser de traces; c'est un coup d'épée dans l'eau, comme

(') Hmtertreffen, arrière-garde, arrière-ligne.

(') Die Windkantey terme de marine: en français: le bord du vent.

(') à propos de lettres épiscopales.

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