DISPOSITIONS CONCILIANTES DU PAPE
Ton paisse en dire autant de tous les membres de la majorité du Reichstag^ c'est ce que je ne déciderai point.
{Hilarité,)
nous sommes animé, à tous qai, en saivant votre propre jagemeot et votre propre iDspiration, avez été cause qae ce différend fût soumis à notre médiation. Oui, nous reconnaissons, conformément à la vérité, que si Ton a réussi à surmonter les multiples difficultés que présentait cette affaire, on le doit en grande partie à la bonne volonté et au zèle avec lesquels vous avez, du commencement à la fin, secondé nos efforts.
«Aussi nous vous témoignons nos sentiments de gratitude en raison de ce que c'est essentiellement gr&ce à votre conseil que nous a été offerte Poccasion tant désirée d'employer au service de la paix un ministère vraiment noble, un office qui, s'il n'est pas nouveau dans l'histoire de ce Siège apostolique, du moins n'a pas été sollicité depuis longtemps, bien qu'il réponde si parfaitement à la nature et à l'essence du pontificat romain.
«Vous avez noblement suivi votre inspiration en envisageant la question dans sa propre essence, et non pas selon Topinion des autres et la coutume. Vous n'avez pas hésité un moment à la confier à notre impartialité, et en cela vous avez eu l'assentiment ouvert ou tacite de tous ceux qui jugent impartialement, mais surtout l'assentiment particulier des catholiques de l'univers tout entier, qui certes ont dû tons se réjouir d'une façon particulière de l'honneur fait à leur Père et suprême pasteur.
«N'est ce pas votre sagesse politique qui a été le moteur principal de la grandeur de l'Empire allemand, que tous connaissent et reconnaissent, de cet Empire pourvu pour l'avenir de puissance et de forces, grâce à cette même sagesse. Il n'a pu, non plus, échapper à votre sagesse que le pouvoir que nous exerçons est d'une grande force pour l'intégrité de l'ordre public et de l'État, surtout quand nous pouvons exercer ce pouvoir sans le moindre obstacle et quand nous jouissons d'une entière liberté.
«Qu'il nous soit donc donné de présager ici l'avenir et, en envisageant ce qui a été déjà fait, d'y puiser de nouvelles espérances pour le reste.
«Afin que vous ajoz un souvenir de ce que nous avons fait et do ce que nous désirons, nous vous nommons, par les présentes lettres, chevalier de l'Ordre de la Milice du Christ, dont nous vous faisons
314 CHAMBRES PRUSSIENNES. - SESSION DE ia86.
En ontre le Pape n'est point gnelfe, il n'est point polonais, et il n'est pas non plus libéral- allemand. (0
(Hilarité.)
panreDÎr les ÎDsignes en même temps qae cette lettre. Finalement^ noDs TOQS souhaitons tout bien de tout notre cœor.
«Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 31 décembre de Tannée 18S5, la hnitiëme année de notre pontificat Léêl XlIIy Pape.»
g. •Berlin^ 13 janvier Î88S.
«La gracieuse lettre dont Votre Sainteté m^a honoré, ainsi qae la hante décoration qui raccompagnait, m'ont causé une grande joie, et je prie Votre Sainteté de daigner recevoir Pexpression de ma profonde gratitude.
«Toute marque d'approbation se rattachant à une œuyre de paix, à laquelle il m'avait été donné de collaborer, est pour moi d'autant plus précieuse, en raison de la haute satisfaction qu'elle cause à Sa Majesté, mon auguste Maître.
«Votre Sainteté a dit, dans sa lettre, que rien ne répond mieux À l'esprit et à la nature du Pontificat que la pratique des œuvres de paix.
«C'est par cette même pensée que j'ai été guidé en priant Votre Sainteté d'accepter le noble emploi d'arbitre du différent pendant entre l'AUemague et l'Espagne, et en proposant au gonvemement espagnol de nous en remettre de part et d'autre à la décision de Votre Sainteté.
«La considération du fait que les deux nations ne se trouvent pas dans une situation analogue par rapport à l'Eglise qui 'vénère en Votre Sainteté son chef suprême, n'a jamais affaibli ma ferme confiance dans l'élévation des vues de Votre Sainteté, qui m'assuraient la plus juste impartialité de son verdict . . .
«11 y a donc tout lieu d*espérer que Taction pacifique de Votre Sainteté aura des effets durables, et, parmi ceux-ci, je compte en première ligne le souvenir reconnaissant que les deux parties garderont envers l'auguste médiateur.
«En ce qui me concerne, je saisirai toujours et avec empressement toute occasion que l'accomplissement de mes devoirs envers mon Maître et envers ma patrie me fournira, pour témoigner à Votre Sainteté ma vive reconnaissance et mon très humble dévouement.
«Je suis avec le sentiment du plus profond respect, Sire, de Votre Sainteté le très humble serviteur. V. Bisnarek.»
(^) deutsch-fremnmg = progressiste.