VALEUR DE LA CONCESSION FAITE PAR LE VATICAN
pour une foi8(*); c'est une preuve clairement donnée qu'en somme, dans Topinion de la Curie, la notification obligatoire peut s'exécuter sans préjudice pour TEglise; et si cette obligation peut ainsi se remplir une fou y elle pourra aussi, bien être remplie toujours et d'une manière permanente sans que l'Eglise ait à en souffrir. La preuve est par là donnée, je le répète, car TEglise romaine n'a pas l'habitude de faire à plaisir des exceptions particulières aux règles qu'elle tient pour immuables, et de rétablir, le lendemain, une autre théorie.
J'engagerai donc à ne pas estimer moins qu'il ne vaut ce premier pas, mais à faire nous-mêmes de notre côté ce quQ nous pouvons pour dégager nos propres cœurs de la défiance et de l'irritation de la lutte, et aussi pour ôter autant que possible l'épine du cœur de nos adversaires.
Celui qui n'est pas ministre peut se permettre le luxe de défendre publiquement et officiellement sa propre opinion de parti; dans une situation ministérielle, dans celle de ministre dirigeant, il ne m'est pas possible de me placer constamment à un point de vue de parti; je peux passagèrement considérer comme bon et utile pour la patrie d'accentuer telle ou telle tendance, mais je ne puis appartenir d'une façon permanente à un parti; toujours je dois me demander qu'est-ce qui dans le moment présent, rehus sic stantthus^ est avantageux, opportun pour la patrie tout entière, qu'est-ce qui peut lui être profitable, — et d'après cela, je devrai faire mes projets de loi, sans me laisser détourner par les attaques, amères souvent et injustes, auxquelles je suis exposé de la part même d'amis (*), — mais encore moins sans me laisser détourner par les attaques que mes adversaires et ceux du gouvernement, en cette lutte comme en toute autre lutte, exécutent contre moi dans la presse et dans la publicité; — ces attaques je les comprends parfaitement.
(^) c. à d. pour les emplois de TEglise actuellement vacants. (') conservateurs ou libéraux -nationaux.
Le nouveau parti libéral (*) perd en effet avec le Kulturkampf — pour me servir de cette dénomination abréviative — les 40 points (^) qu'auparavant il a toujours eus dans la partie contre le gouvernement, vu quHl trouvait la lutte déjà engagée et qu'il n'avait qu'à se ranger du côté de nos adversaires. Si l'on compte en outre, au Reichstag^ les éléments intransigeants (^), tout adversaire du gouvernement a ainsi, tant que dure la discorde confessionnelle, une sorte d'avance que je comparerais à l'avantage d'un certain nombre de points rendus par l'adversaire dans une partie de billard ou d'échecs. Qu'ainsi ces messieurs de la presse progressiste soient mis fort en colère par la possibilité que leur soit enlevé le plaisir de combattre le gouvernement, je le conçois très bien. Ils ont été primitivement les plus vifs zélateurs j sinon les auteurs de tout le conflit confessionnel;
(^Ecoutez!) mais, après l'avoir bien enflammé, ils ont trouvé qu'en réalité ils détestent le gouvernement prussien encore plus que le Pape, et alors ils se sont rangés de l'autre côté, ils ont écouté leur haine la plus forte. (*)
(^Hilarité et agitation,)
Je vous prierai. Messieurs, vous qui blâmez ce pas fait aujourd'hui par le gouvernement, d'indiquer précisément vous-mêmes ce qui ... ou celles des lois que nous proposons d'abroger, mais que vous regardez, comme absolument et constamment indispensables pour VÉtat prussien; mettez les à part, et dites ensuite, peut-être sous forme d'amendements: cil nous faut ceci et cela; sans quoi, l'Etat prussien ne peut subsister».
[}) freisinnig, progressistes et sécessionnistes du parti libéralnational.
(*) les 40Toix du Centre, à la Chambre des députés; — ces tnêmes Toix, an Reichstag^ sont au nombre de plus de 100.
(^) socialistes, guelfes, polonais, alsaciens-lorrains; cf. p. 268.
{*) sur cette évolution du parti progressiste dans la lutte cléricalepolitique c/. p. 319.
Mon intention n'est point de discuter de semblables amendements; mais je cherche sincèrement si la voie où nous entrons à présent, nous mène à la paix, si du moins nous nous en rapprochons, si la paix peut sur ce terrain prendre racine et s'y développer. Supposé qu'ensuite ces messieurs viennent à être convaincus que dans Tétat de choses créé par l'adoption du projet de loi du gouvernement ou plutôt par celle des résolutions de la Chambre des Seigneurs, il nous manque une loi(^) qui soit indispensable pour le bien, pour l'honneur et la dignité de l'État prussien, — alors, Messieurs, pour rétablir une telle loi, se retrouvera sans doute une majorité, tout aussi bien qu'il s'en est Irouvé une en 1873 pour les lois de mai.
Si cette conviction dont je parle n'est pas seulement une marotte individuelle, ceux de ces messieurs qui sont ainsi persuadés, n'auront point de repos, dans chaque session, qu'ils n'aient soulevé eux-mêmes la question de rétablir une pareille loi, et si leur opinion est réellement juste, si c'est la vérité qu'ils soutiennent, — très vraisemblablement ils trouveront pour leur cause la majorité dans cette Chambre et dans l'autre. Il n'est même pas impossible alors que le Kulturkampf soit repris tout-à-fait par le commencement.
(Hilarité.) On ne pourra pas me demander de combattre encore pour le faire de nouveau triompher; mais ceux de ces messieurs qui trouvent dans notre projet de loi quelque épine vénéneuse pour l'État prussien, pourront toujours de cette façon la retirer.
Une polémique de journaux, je pourrais dire comique, s'est élevée sur ce qu'il y a six ans j'aurais un jour employé cette image: cnous voulons simplement déposer les armes dans la salle d'escrime, afin de pouvoir, chaque jour, les reprendre!. Or, Messieurs, je conteste avoir dit cela, je le conteste d'après mon sentiment intérieur et d'après mon
(^) id est nne des lois de mai abrogées par le projet actuel .
goût Q). Sans doute je ne puis me souvenir de tous les mots que j'ai dits il y a six ans; mais que j^aie employé une pareille image, je le nie. Ce qu'est une salle d'escrime, je le sais fort bien depuis 65ttingue(').
(HilaHté.) Il ne me serait jamais venu à Tidée de déposer là des armes politiques. Je ne me suis jamais servi de cette image, elle n'existe pas pour moi.
Tout aussi peu ai-je employé Timage «du même fil qui continue d'être filé dans un autre numéro 9 (^). Je ne suis pas assez fileur pour comprendre même la justesse de cette image. Ceci encore est donc faux; on me l'a gratuitement prêté, pour me tracasser d'une façon tout -à- fait frivole et, je puis dire, absolument ridicule. Que de grands journaux ouvrent encore lenrs colonnes à de semblables propos qui se tiennent dans des cercles de société, — je le comprends quand on est au mois de juillet ou d'août, mais à présent il ne fait pourtant pas encore assez chaud!
(^Bimyante hilarité.) Tout ceci n'a qu'un but: tuer le temps.
Je fais cet essai (avec ce projet de loi) dans la confiance — partagée et provoquée par Sa Majesté le Roi — non seulement en Sa Sainteté le Pape, mais aussi en nos compatriotes catholiques, dans la confiance qu'ils prêteront loyalement la main à élever sur cette place débarrassée par nous des débris qu'y ont laissés les lois de mai, — car elles ne sont encore que ruines, — à y élever avec nous le temple de la paix, à y planter loyalement avec nous l'arbre de la
(^) ces mots ne se trouvent point dans les discours da prince de Bismarck; c^était sans doate nn propos familier que le journal prétendait rapporter.
(') c. à d. c depuis le temps où j^étudiais à Taniversité de Gôttingue*. — On sait que Tescrime joue nn certain rôle dans Texistence universitaire allemande.
(^) il y a en filature jusqu^à 500 numéros de fil et au-delà. — Quant à Vimage dont il est ici question, il semble, en effet, assez malaisé de Tcxpliquer.