LES FRONTIËRES ENTRE L'ETAT ET L'EGLISE
il n'y a pas ea de contractant; et jnsqu'où va ma confiance, je Tai dit aussi tout-à-l'henre: j'ai confiance dans le Pape aujourd'hui régnant. Que nous, que moi-même, — comme tout autre habile, — trouve au Vatican son maître en fait d'habileté, je ne le conteste nullement; je ne m'efforce pas non plus de rivaliser avec le Vatican comme habileté et comme finesse. Mon but est uniquement de ne pas trouver mon maître sur un terrain, sur celui de l'intérêt et de la sollicitude pour le bien de mon propre pays;
(Applaudissements,) et c'est en ce sens -là que j'agis, c'est en ce sens -là que je tente l'essai qui est qualifié d'illusion par M. l'orateur. Messieurs, je suis très difficilement accessible aux illusions; je ne fais pas non plus aveuglément illusion en l'affaire présente; néanmoins je ne veux point décourager les espérances. Lors même qae je serais libre de toute illusion, cette liberté cependant ne me dispenserait pas du devoir de tenter un pareil essai pour le rétablissement de la paix du pays. Si la tentative ne réussit pas, alors nous aurons d'autres résolutions à prendre, — mais j'ai confiance en sa réussite.
L'écho de la lutte, qui résonnait encore dans le langage et le ton du précédent orateur, est pour moi parfaitement explicable et ne m'est point antipathique; je pourrais y faire chorus, si je n'étais ministre, mais je suis ministre, je dois refouler mes sentiments et me détacher moi-même avant tout, mais détacher aussi, s'il est possible, mes compatriotes et mes collaborateurs, — de tout ce qui tient à l'irritation de la lutte passée. Je voudrais affranchir la situation actuelle de l'influence du souvenir.
L'illusion de croire qu'aujourd'hui, dans l'affaire qui nous occupe, nous puissions fixer précisément et d'une manière durable, juridiquement, distinctement, obligatoirement pour tous, la frontière entre l'Etat et l'Église, cette illusion je ne la partage pas, — comme je l'ai exprimé dans mes premières paroles (^), quand je disais que la conclusion de
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la paix à rintérieur est tout autre que celle avec une puissance étrangère, où Ton fixe la frontière. Entre l'État et TËglise les frontières ne se peuvent fixer, parce que les deux parties, dès le principe, partent de convictions différentes à cet égard.
La frontière que TËtat croit légitime, a nécessairement et toujours été, — non pas seulement dans la chrétienté, mais aussi dans les pays païens, et aussi dans PEtat juif, où toujours le Prêtre et le Roi ont lutté l'un contre rautre(*), — a toujours été, dis-je, est toujours restée contestable, et restera toujours telle en théorie.
Ce dont il s'agit uniquement aujourd'hui, c'est de savoir si nous réussirons à vivifier en nous le sentiment que nous sommes tous Allemands et compatriotes, à le mettre pins haut et le rendre plus fort que le sentiment d'appartenir à des confessions différentes.
(^Vifs applaudissements à droite,)
M. lo dépaté Richter commeDÇa par déclarer quMl voterait pour le projet de loi, tel que la Chambre des Seignears Tavait modifié. Ce vote lai était commandé d^abord par ses principes libéraux; en même temps la possibilité de satisfaire 10 millions de compatriotes catholiques avait à ses yeux une réelle importance pratique.
La suite du discours, très développé, de Porateur progressiste peut se résumer ainsi: — «M. le ministre-président a soulevé la question de savoir qui est-ce qui Fa séduit et fourvoyé dans le KuUurkampf. Il paraît que ce sont les Polonais et les progressistes. Ceux-ci peuvent se consoler de cette imputation, comme les autres partis qui votèrent dans lo temps avec le prince de Bismarck, et qui ne sauraient aujourd'hui décliner la responsabilité de Tinsuccès finalement essuyé.» — Suivait un tableau de répartition indiquant avec chiffres la part des différents partis dans le vote des lois cléricales et de leurs additions ou modifications ultérieures. — L^orateur disait ensuite:
«M. le ministre-président a présenté le projet de loi sons la forme d^un traité conclu avec une puissance étrangère; mais il a déclaré en même temps, à la Chambre des Seigneurs, que ce projet ne préjudiciait
(^) sur cette lutte étemelle entre le Prêtre et le Hoi pro domina" tione, V, Vol. V des Discours, p. 29; Vol. X, p. 110.