‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 14 sur 175 · CONFËRENCE DES MISSIONS Â BREME · texte numérisé non relu

CONFËRENCE DES MISSIONS Â BREME

qui se présente, les communications demandent des mois. Pour passer à Texécution et pour avoir les renseignements qu'il fiaut recueillir là-bas, — avec les grandes distances et la difficulté des transports dans le pays même, des mois s'écoulent encore pour le retour pareillement. C'est à peine en somme si deux fois par an une correspondance fait l'aller et le retour, et dans aucun cas particulier elle ne peut épuiser la question.

M. Torateur a consacré une grande partie de son discours à la Conférence de Brème, — et le motivé de l'interpellation est aussi conçu, à mon étonnement, comme s'il s'était passé là quelque chose de particulièrement menaçant pour la parité des confessions. C'est à cause de cela que j'ai encore emprunté aux pièces officielles un rappport concernant la participation du gouvernement à ce qui s'est fait à Brème. — Ce rapport s'exprime ainsi:

(Lisant.) J'adresse à Votre Altesse ce rapport au sujet de la question de savoir d'où vint la présence d'un représentant de l'Office des affaires étrangères à la Conférence des Missions à Brème, — question posée au consul Raschdau, quand il eut à faire un rapport sur sa participation à cette Conférence.

— Vous voyez ainsi que là où vous avez supposé un plan longuement concerté dans un sens hostile à votre confession,

— le 5 novembre, ou quelques jours auparavant, j'avais encore besoin d'informations sur Torigine de l'aifaire. —

(Lisant) Dans le courant de cet été, la plupart des sociétés de Missions allemandes avaient adressé ici à Votre Altesse des requêtes, où la prière était exprimée de soumettre à des mesures restrictives le commerce des spiritueux dans les territoires placés sous le protectorat allemand. En même temps la demande était faite à Votre Altesse par le docteur Fabri de vouloir bien accorder sur le fonds du

jubilé (*) une somme dctcrmince, pour rétablissement de Missions allemandes dans ces mêmes territoires. Votre Altesse refusa cette demande en se fondant sur des motifs de parité (entre les différentes confessions), mais Elle décida que la question: si et par quel moyen un soutien officiel pouvait être donné aux Missions allemandes en Afrique, — serait étudiée.

A cette occasion, M. de Gossler (ministre des cultes) fit savoir que prochainement devait avoir lieu à Brème une Conférence extraordinaire des chefs des Missions allemandes, dans le but de faire, relativement à notre politique coloniale, des démarches communes auprès du gouvernement, et, éventuellement, d'envoyer une députation à votre Altesse. M. le ministre des cultes se déclarait prêt en même temps à se faire représenter à la conférence par un commissaire. — Dans l'intervalle, s'étaient présentées ici plusieurs autres affaires qui nécessitaient une correspondance entre l'Office extérieur et les Missions. Par exemple, la vente à une Mission allemande de l'établissement des baptîstes anglais à Victoria (Cameroun) devait se négocier de notre côté; en outre une demande était adressée par le commissaire impérial dans la Mer du sud afin d'étendre à la Nouvelle-Guinée l'œuvre des Missions allemandes. Dans l'intérêt de la solution de ces diverses affaires et de l'entente du gouvernement avec les Missions sur telles et telles tâches communes, il parut désirable que non seulement un représentant du ministère des cultes, mais aussi un fonctionnaire versé dans nos affaires coloniales, assistât à la Conférence. C'est en ce sens alors que Votre Altesse, sur le rapport

(^) fonds recaeillî par soascriptîon Dationalc (1885), pour être mis à la disposition du prince de Bismarck, — à l'occasion du 25«me anniversaire do son entrée au ministère.

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