‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 15 sur 175 · LA CONFÉRENCE DES MISSIONS À BRÈME · texte numérisé non relu

LA CONFÉRENCE DES MISSIONS À BRÈME

que je lui avais présenté, déciara donner son consentement à ce qu'un commissaire fât envoyé par rOfBce des affaires étrangères.

— Ainsi, ce commissaire n'a eu aucune instruction quelconque et n'a été nullement chargé de lier le gouvernement par des déclarations ni de faire des promesses; sa participation à la Conférence avait un caractère purement d'information, — et simplement pour but de négocier sur les trois sujets que je vous indiquais tout-à-l'heure. —

(Lisant) Je fais encore observer que les objections qui ont été élevées par quelques membres de la Conférence contre la présence d'un représentant du gouvernement, semblent avoir été uniquement tirées de ce que la liberté des débats pouvait peut-être en être entravée. — J'annexe ici une Adresse du comité de la Conférence, arrivée sur ces entrefaites, où la Conférence exprime au contraire à Votre Altesse ses remercîments pour l'envoi d'un commissaire et Lui transmet les vœux que l'on sait

Vous voyez. Messieurs, que c'est une chose parfaitement inoffensive, et qui n'a nul rapport avec quelque disposition suspecte des gouvernements envers et contre la confession catholique.

Je vous représente encore une fois que si de telles dispositions avaient existé chez n'importe quel gouvernement allemand, — qu'elles ne soient pas celles du gouvernement prussien, je peux l'affirmer avec assurance, — mais si elles avaient existé, je vous représente, ai-je dit, que vous trouveriez non seulement dans le Roi de Prusse, mais aussi dans les membres catholiques de l'Empire allemand, dans les princes régnants catholiques, de très fermes gardiens de vos intérêts et de vos droits confessionels. Aussi vous ferai -je, dans l'intérêt de l'unité parlementaire, cette exhor-

tation: laissez donc plutôt (sur ce terrain) le rôle de gardiens à nos confédérés catholiques dans le Conseil fédéral!

(Dénégationa au Centre, Hilarité.)

— Vraiment, ce ne sont pas là des choses risibles; pour moi elles ne le sont pas.

En tont cas nos confédérés dont je parle sont les représentants de leur confession et, dans l'intérêt de la paix allemande, des représentants plus circonspects; leurs motifs, quand ils agissent comme tels, sont toujours clairs et transparents ; je ne peux en dire autant de peux de Tinterpellation d'aujourd'hui. Avez-vous peur que le Kuhurkampf (^) peutêtre ne se ralentisse? et êtes- vous dans la nécessité de faire le gouvernement plus noir, de le représenter comme plus hostile et plus ardent au combat qu'il ne Test réellement? Choisissez au moins, par la suite, un moment où de telles affirmations aient plus de vraisemblance que dans celui-ci !(^) Contre ce simple exposé (que je viens de faire) tiré des pièces oiScielles échoue tout votre assaut.

Je ne sais combien de temps nous avons mis — plus de deux heures que j'aurais pu employer plus utilement

— a rectifier les malentendus qui se sont produits ici, qui ont été artificiellement créés par la Germania et ses reporters. Si vous voulez défendre ici votre cause d'une manière qui s'écarte de nos idées, de celles du gouvernement, je vous engagerais, dans l'intérêt même de cette cause, à vous donner d'autres points d'appui que la véracité de la Germania^ — dont la réhabilitation doit avoir été le principal but de votre parti en ce débat, — car votre défense repose là sur un faible fondement.

(Vifs applaudissements à droite,)

0) Ce mot, qui signifie proprement: lutte pour la culture intellectuelle et la civilisation, a été détourné de son véritable sens par Pesprit de parti; il est devenu comme Fétiq nette usuelle de la lutte politiquecléricale.

(') où justement les négociations avec Rome promettaient une heureuse solution.

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