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LE PARTI-CENTRE ET LA POLITIQUE COLONIALE

M. le député a rappelé que précédemment il avait pris

parti — avec la même habileté de parole qu'aujourd*hui —

pour les tendances (') coloniales, — mais toujours, s'entend,

avec ce même effet que les tendances coloniales n'y ont rien

gagné.

(Hilarité à droite.)

Après ses discours, après celui d'aujourd'hui comme après ceux de l'an dernier, il est resté certainement douteux pour chacun si en définitive M. l'orateur se prononcerait positivement pour une chose ou pour une autre, et il s'est plu réellement à une sorte de sport en tenant l'opinion dans l'incertitude sur ce qu'il finirait par décider. (^) De même, après son discours d'aujourd'hui, celui qui le lira dans le compte-rendu sténographié ne pourra conclure si M. le député est pour ou contre les tendances coloniales. Il est pour les colonies — dans son propre sens, contre les colonies en général. Il nous a mis en garde, il nous met maintenant aussi en garde contre des c erreurs t; il a parlé pour, il a parlé contre; après quoi, je ne puis dire qu'une chose, c'est qu'il a parlé avec une grande c circonspection t comme il dit lui même(');

(Hilarité à droite.) mais antérieurement il n'a point soutenu la question coloniale, et au soutien qu'il lui a prêté aujourd'hui, nous ne gagnons rien non plu8(^).

Des demandes (sous forme de vœux et de conseils) sont faites par lui; a-t-il fait ces demandes par enthousiasme pour le système colonial? J'ai peine à le croire; le système est

0) Bestrehungeity tendances, aspirations et efforts faits dans ce senslà; la signification complexe du mot allemand est difficile à rendre.

C) «M. Windthorst a déclaré — un membre de sa fraction, M. Rintelen, Tavait déjà dit — qn^ane êage politique coloniale obtiendrait aussi son appni. . . . Mon impression est qu^aacune politique coloniale n^obtiendra Pappui de cette fraction. . . .» (Vol. XII des Discours^ p. 417.)

C) Dana tons ses discours sur la politique coloniale, M. Windthorst affectait de recommander «la sagesse et la circonspection»; et c'est encore ainsi qu^il terminait son discours précédent.

(*) Torateur ayant parlé aussi bien pour que contre.

trop nouveau pour exciter un enthousiasme quelconque dans une tête aussi froide, aussi claire que la sienne;

(Voia au centre: à peu près du même âge que la vôtre!)

il a calculé Timpression qu'il produirait ainsi sur certams électeurs catholiques enthousiastes aujourd'hui pour lès colonies. C'est parfaitement naturel dans sa position; il ne peut vraiment pas heurter de front les électeurs^ et d'autre part il ne peut pas non plus, avec ses propres convictions, se livrer à ces cerreurs colonialest, à ces enthousiasmes pour les colonies. Là (entre le pour et le contre) se montrent chez lui un don de parole, un talent pour proposer des énigmes, tels que nul autre, je crois, ne les possède dans cette assemblée. Personne ne peut à cet égard rivaliser avec lui; j'en suis du moins tout-à-fait incapable.

S'il m'est permis, en passant en revue ce qu'il a dit,

de relever ses arguments, il y a une chose qui m'a étonné, —

cela me rappelle le passage: comment «ils devinrent amis> ('),

— soit dit sans que je veuille attacher rien de personnel a

cette citation; — la chose donc qui m'a étonné, c'a été de

voir aujourd'hui les deux autorités Windthorst et Virchov^

se rencontrer sur le chapitre des effets du climat dans les

colonies (^).

(^Hilarité.)

La parfaite alliance des partis les plus opposés en principe que nous ayons dans cette Chambre: du parti Centre — en réalité l'extrême Droite parmi nous — et du parti progressiste, s'affirme de la façon la plus manifeste dans ce sur-

0) Ev. St. Luc; 13, 12. «En ce même jour (quand Hérode eut renyoyé Jésus à Pilate) Pilate et Hérode devinrent amis; car aupara- Tant ils étaient ennemis.*

(') M. Windthorst, rappelant le discours prononcé par M. Virchow dans la session précédente (Vol. XII des Discours^ p. 441), avait dit: «. . . Notre collëgae Virchow nous a exposé alors, à son point de vao médical, que ces contrées n^étaient point do nature à ce que des Européens, surtout des Allemands, pussent y soutenir leur existence physique ...»

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