‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 18 sur 175 · ACCOMMODEMENTS DES JÉSUITES AVEC LE POUVOIR · texte numérisé non relu

ACCOMMODEMENTS DES JÉSUITES AVEC LE POUVOIR

prenant accord des denx coryphées de ces deux partis les plus opposés l'un à l'autre, — dans leur accord sur une question, il est vrai, purement scientifique; mais le fait n'en est pas moins intéressant, et, comme signe du temps, je voudrais qu'on prît acte de cet accord, plus que peut-être on ne Ta lait; je tâche d'empêcher qu'il ne disparaisse dans les flots de la discussion.

M. le député s'est appuyé sur ce que Frédéric-le-Grand et l'impératrice Catherine n'avaient point méconnu l'utilité des jésuites; mais, a-Ml ajouté, ce qui a changé depuis ce temps-là, ce sont les principes de la Prusse, devenus tout autres. Or, ceci, je le conteste; je soutiens que ce sont les jésuites qui ont changé.

(Ililarité au Centre. — Une voix: Sint ut sunt, aut non sint!)

Oui, comme ils tmnt*^ je le dirai avec vous. Les jésuites s'accommodent avec la puissance; Fréderic-le-6rand, à cette époque, était puissant, il n'avait rien à craindre, il était assez fort pour les maîtriser. Catherine, encore mieux; elle pouvait d'un coup de main détruire ce qu'elle tolérait près d'elle en fait de fondations-jésuites. Les jésuites marchaient avec elle, parce qu'elle avait la puissance. A l'heure qu'il est, les monarques et les conservateurs n'ont plus le même degré de puissance; les jésuites aujourd'hui encore marcheraient avec la puissance; ils tâchent de s'accommoder avec la puissance et ils savent le faire, — avec la puissance de l'avenir.

M. l'orateur a dit que les jésuites sont l'écueil contre lequel la démocratie- socialiste échouera (^). Nullement, —

(') Voici iDtégralement ce passage du dîscoars de M. Windthorst :

«... Je suis persuadé que le prince de Bismarck, non moins qae bien d^aatres, en arrivera à Tivement souhaiter que la Société de Jésus reprenne son œuvre en Allemagne. Messieurs, la dissolution de toutes choses avance si rapidement, toute chose positive se résout si vite en néant, que Ton cherche des puissances qui possèdent encore du positif, et si personne ne ramène les jésuites, les démocrates-socialistes le feront sûrement. (Hilarité du côté des déTHOcrates-socialistes.) Oui, Messieurs,

je ne le crois pas; les jésuites finiront par être les chefe de la démocratie-socialiste,

(Bruyante hilarité au Centre,) et je ne tiens pas pour prouvé que déjà parmi les chefiB actuels de cette démocratie il ne puisse y en avoir quelques uns qui reçoivent leurs instructions — de tout autre part certainement que du Pape, — non pas non plus du centre de rbtemationale rouge, — mais bien d'un pouvoir indépendant des deux précédents, — c'est-à-dire du centre jésuite. Je considère ceci comme très aisément possible; et en tout cas j'attends la preuve du contraire avec la même assurance que met M. l'orateur à me contester que les Pères Weik et Stoffel sont Français; — il me dit que ce ne serait pas encore prouvé. — Eh bien! je conteste tout ce que H. le député a dit là-dessus, et j'en attends la preuve.

(^Hilarité au Centre.) Avec la royauté absolue les jésuites marcheront toujours, avec le parlementarisme absolu aussi , avec la démocratie absolue aussi. Toujours ils nageront de manière à rester à la surface et, avec leur fortune toujours croissante, ils conserveront une certaine puissance, peut-être une grande.

Je me féliciterais de voir les jésuites prendre parti pour nous, — car ils ont un instinct très fin de l'avenir; en se rangeant de notre côté, ils nous donneraient ainsi l'expectative et l'espérance que les principes défendus par moi l'emporteront dans l'avenir. Les jésuites sont de fins observateurs, — je parle d'eux avec respect, ils sont une force, une puissance que l'on ne peut se refuser à reconnaître. Je ne conteste pas qu'ils n'aient beaucoup de séductions pour des esprits ambitieux, même pour ceux-là dans le nombre qui ne croient à rien, mais qui néanmoins, comme instruments

TOUS en riez; je ne yenx pas dire qae tous rappellerez les jouîtes de TOtre plein gré; non, tous les frapperez à mort comme nous autres aussi (Hiiarité.)j mais ceux qui alors chercheront le salut (social), rappelleront ces hommes pour qnHÛ rétablissent les choses qu'on aura dissoutes de gaité de coanr.»

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