LES AUXILIAIRES DU PARTI- CENTRE
de puissance, trouvent toujours dans FOrdre des jésuites à se caser, à être employés par des forces et des gens supérieurs qui les dominent, ou peut-être par des gens qu'euxmêmes ils domineront. En somme, c'est une assemblée, une réunion de gens habiles visant à la domination temporelle, et avec grand succès. Je n*ai jamais de ma vie été francmaçon, mais le succès aujourd'hui est certainement dans l'association secrète, où personne ne peut bien savoir qui en fait partie. Une association qui a de l'argent, beaucoup d'argent, est une puissance. C)
IL le député nous a dit ensuite que lui et les siens ont été accusés d'être les ennemis de l'Empire. Je dois contester que dans mon discours j'aie laissé entendre rien de pareil; mais j'engagerais pourtant l'orateur a se rappeler le proverbe: «Dis moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es». Quels sont donc ceux de ces messieurs qui aujourd'hui ont signé avec lui l'interpellation? Ce sont les Guelfes ('), les Polonais. Tenez -vous les uns et les autres pour des amis de l'Empire, pour des amis de cet Empire — je ne veux pas ei^oter avec des sophismes — ? Les deux partis qui
<^) ParlâDt des jésuites et de leur fortune^ le prince de Bismarck disait à la Chambre des députés prussienne (1873, Vol. VI des Discours^ p. 81):
«... Quand on vit vingt-cinq ans dans les grandes affaires politiques, on y apprend une foule de choses; — et je crois pouvoir le dire avec quelque certitude, si j^avais à taxer POrdre des jésuites pour rimpôt sur le revenu, j^évaluerais ce qu^il possède, sinon tout- à-fait aussi haut, pour Tinstant, que la fortune du feu baron Rothschild, du moins à plus de la moitâé de cette fortune, c*est-à-dire à un capital environ de 250 à 280 millions de thalers, $oit à peu près un milliard de francs. Peut-être pourrons-nous discuter plus tard ce sujet avec plus de détails. Kous ne sommes pas absolument sans accointances jésuites. (Hilarité.) J*ai joui de Pamitié de plus d^un jésuite dans ma vie, — et aujourd'hui encore, je le répète, je ne suis pas tout- à- fait sans accointances de ce côté-là. Je n*irai pas jusqu'à dire que j'aime à voir de temps en temps ces anciens amis (Hilarité); mais les jésuites, eux aussi, ne rompent pas volontiers toute relation, et je crois être passablement informé. . . ■•
C) particularistes hanovriens.
VOUS prêtent leur assistance ne sont assurément pas, et vous ne le prétendrez pas vous-même, des amis de TEmpiro anjoard'hni existant. Le fait jette une certaine ombre sar ce puissant parti du Centre, lequel est censé défendre uniquement des positions catholiques, des intérêts catholiques, — le fait, dis-je, que ce parti est entouré précisément des ces ennemis notoires de TËmpire et soutenu par eus.
Ne voyons-nous pas en outre que dans tous les embarras que l'Empire rencontre à l'étranger, depuis TEspagne jusqu^à la Russie, depuis la Pologne, l'Angleterre, jusqu'à la mer de Grèce, que partout où naît uue complication pour l'Empire allemand, la Germania tout au moins, très certainement, jubile de chaque insuccès de la politique allemande, elle en prend note avec plaisir, elle n'en démord pas, elle le ressasse, tandis que tout succès est épluché, critiqué par elle; — bref, ne la trouvons-nous pas toujours du côté de nos adversaires? — Dans toute l'agitation en Espagne (^), dont je ne veux rien dire de plus, parce que je crois qu'en ce moment même elle touche à son complet apaisement, n'avons-nous pas dû apercevoir non seulement la presse ultramontaine espagnole, VUnion, mais encore son pendant, ici, en Allemagne? — ne voyons -nous pas ici, incessamment, un parti -pris contre l'Empire, dans toutes les difiBcultés que nous avons avec la France, dans toutes celles qui peuvent nous venir du côté polonais?
Je crois que M. l'orateur confond sans doute mon discours et ce qu'il contient avec les impressions qui en général se laissent voir de plusieurs côtés parmi les patriotes allemands. Je n'ai point parlé, dans mon discours, d'ennemis de l'Empire, je n'en ai rien dit; mais peut-être M. le député a-t-il le sentiment que lui et ses amis dans la presse — ne sont pas considérés, de plus d'une part, comme étant au fond du cœur des amis de l'Empire, et cela le rend susceptible et défiant; il s'imagine très aisément que je jette une pierre dans son jardin.
{}) à propoa de l'affaire des îles carolincs.