‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 20 sur 175 · L'USAGE DU FRANÇAIS EN DIPLOMATIE · texte numérisé non relu

L'USAGE DU FRANÇAIS EN DIPLOMATIE

Je tiens H. Torateiir pour complètement ami de TEm-

pire, — en ajoutant: cil le sert d'une façon particulière, à

sa manière».

(Hilarité.)

Je tiens M. Torateur pour Allemand — d'après son idéal, mais son idéal n'est pas précisément le mien. Ainsi, sur ce prétendu reproche, M. le député ne devrait pas se montrer susceptible vis-à-vis de moi; car je ne sais réellement ... — tout ce qui peut naître en moi comme impression sous ce rapport, je l'ai aussi soigneusement que possible réprimé, non que j'en mette en doute la justesse, mais parce que je suis ici comme chancelier de l'Empire, et que je n'ai pas le droit, comme tel, de faire des insinuations de cette sorte. Je relirai de très près mon discours, pour voir si peut-être des impressions plus vives que je ne voulais se sont trahies quelque part dans mes paroles. Je le regretterais. Je n'ai pas eu l'intention de parier d'ennemis de l'Empire, — cela aurait été plus fort que moiQ)\ — Messieurs, vous m'excuserez, je vous prie; H. l'orateur a parlé des phrases françaises échangées entre diplomates (^). Il me faut au moins faire ressortir à ses yeux un mérite que j'ai sous ce rapport; je suis le premier à avoir banni la langue française de

notre diplomatie.

(Ecoutez! à droite.)

Comme Envoyé de Prusse, j'ai dû faire encore des rapports en français, — non pas de Francfort, mais de St. Pétersbourg et de Paris ; toute notre langue officielle était alors française,

{}) soas-entenda : si j^avaia parlé ainsi; — les mots soalignés sont dits en français.

(^) M. Windthorst avait dit: «Si le Përe Weik a écrit une lettre en français, cela ne prooTe point qn^il ait cessé d^être Allemand ; tout an plus peut -on on conclure qu*il a cm deyoir se servir de cette langue en s^ad ressaut à des personnes qui sont partioulieremeDt habituées à parler français. . . . Nos diplomates, même dans leur pays, aiment à jeter dans leurs conversations ordinaires quelques bribes de français, pour montrer qu^ils entendent aussi cette langue ...»

60 RBIGHSTA6 ALLSM AND. — SESSION DB 188^1886.

et ce n'est que depuis 1862, depuis que je sois ministre qa*elle est devenue allemande.

ÇApplaudissementa à droite.}

— Ceci entre parenthèses simplement

Quant aux affirmations réitérées sur ce qui vaut le mieux pour le territoire du Congo, je ne saurais pourtant en admettre la justesse. — H. Torateur avait espéré, a-t-il dît, que je me montrerais id le diplomate ceuropéen9 que j'ai été dans les négociations relatives au Congo, et, il aurait cru, c'est sa conclusion, qu'il entendrait un missionnaire évangélique parler par ma bouche* Je ne lui ai certainement pas donné lieu de le croire; je suis beaucoup trop peu théologien, beaucoup trop peu exercé et disposé aux controverses dogmatiques poar m'approprier cette qualification (de missionnaire). J'aurais pensé que l'orateur dirait de moi qu'il s'attendait à voir en ma personne le Lafidrath du Cameroun,

(Hilarité.)

— ce qui eût été bien plus juste. Je suis, sinon le Landrath même, du moins jusqu'à un certain point responsable de ce qui se fait là- bas, et j'y ai de tout autres intérêts que s'il me fallait, dans une conférence, faire un règlement nouveau pour un pays n'appartenant à personne. Hais j'accepte complètement pour le Cameroun aussi les principes adoptés à l'égard du Congo, je les accepte avec l'unique restriction que m'imposent les lois allemandes, la sécurité de ce territoire dans les cas de guerre qui peuvent se présenter.

Nous nous trouvons bornés en ce pays par des possessions françaises, qui confinent aux nôtres des deux côtés, et M. le député ne peut cependant exiger do moi que j'établisse au Cameroun une mission française, dont le directeur, qui donne des ordres absolus, réside à Paris. Dans les principes que nous avons fixés pour le Congo, il n'y a rien absolument par quoi nous soyons obligés de laisser des sujets précisément de l'État qui, l'occasion se présentant, est le

Page 1