‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 22 sur 175 · POLITIQUE COLONIALE ALLEMANDE · texte numérisé non relu

POLITIQUE COLONIALE ALLEMANDE

où il s'établira. Tel est mon but. Si nous pourrons Tatteindre tout de suite, ou s'il nous faudra recourir d'abord à des sociétés qui soient assez fortes pour cela, — je l'ignore; mais mon but, c'est le marchand régissant ces contrées, et non pas le gouvernement là-bas du bureaucrate, le gouvernement du militaire et du fonctionnaire prussien; — nos conseillers intimes et les sous- officiers ayant droit à entrer dans l'administration sont excellents chez nous; mais dans les contrées coloniales j'attends mieux des Anséates qui sont allés outre-mer, et je m'eiforce de décharger le gouvernement sur ces entreprises particulières. Ce qui n'est pas facile. Ces messieurs (') veulent eux aussi se donner des facilités;

ils veulent que l'Etat, à la manière habituelle prussienne ou allemande, prenne sur lui les soins de l'affaire et la leur rende à eux-mêmes plus commode. Mon but, c'est le gouvernement du pays par les sociétés marchandes, sur lesquelles doivent planer seulement la surveillance et la protection de l'Empire et de l'Empereur.

Je fais ces observations entre parenthèses simplement parce que tout le débat se trouve transporté du sujet de l'interpellation, c'est-à-dire de la véracité de la Germania et de la fondation d'une école de jésuites en Allemagne, — transporté, dis-je, sans qu'il y ait de ma faute, sur le terrain colonial. M. l'orateur a soulevé les questions de protectorat, de gouverneur, de souveraineté; ce n'est pas moi qui l'ai fait.

D'après l'inculpation dont M. l'orateur m'a chargé, il ressortirait de mes discours qu'en somme je ne veux aucunes Hissions sauf les évangéliques(^). Gomment il peut affirmer une telle chose ... — je regrette que, même en ce moment,

(}) les armatears et commerçants anséatiques.

(') «Toute la dédnctioD de M. le chancelier de TEmpire ne signifie pas antre chose sinon qu'on ne peut avoir en vue que des missions évangéliqaes dans les territoires protégés, — parce que nous ne pouvons attendre que des missionnaîreB évangéliques le sentiment allemand et Torganisation allemande. . . .• {Discours de M, Windthorsi.)

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il ne m'écoute pas avec une attention soutenue; il a ses ordres à envoyer à droite et à gauche; — autrement, avec la bienveillance qu'il a d'ailleurs pour moi, il n'aurait pu en venir à me prêter cette énormité, contre laquelle je proteste de la façon la plus formelle, et que, au nom des gouvernements confédérés, — peut-être M. l'orateur se le rappellera-t-il — j'ai qualifiée d'absurdité (*); — je veux parier de la disparité (entre les confessions). Dans tout mon discours, il ne trouvera pas un passage — j'invite H. le député à me citer comme preuve une seule syllabe — d'où il puisse déduire une telle partialité.

Je m'en suis simplement référé, vis-à-vis de l'Ordre des jésuites, au règlement légal, et je n'ai pas dit un mot de ceci : que je voulusse exclusivement des instituts évangéliques, parce que seuls ils étaient identiques avec ce qui est allemand. Ici sans doute une voix se sera de nouveau fait entendre au fond de la conscience de M. l'orateur, lui demandant s'il n'y a pas des gens qui puissent croire que l'influence internationale et anti-nationale des jésuites soit capable de détacher si bien un Allemand de sa patrie que celle-ci lui devienne tout -à- fait indifférente. Voilà le point que j'ai touché. Mais cependant tous les catholiques ne sont pas jésuites; l'Ordre n'est pas assez nombreux pour cela; et dans la grande masse des catholiques les opinions sur l'Ordre sont très partagées.

Peut-être est-ce la position prise par la presse du parti — position que j'ai voulu précédemment caractériser, en disant que, dans ces dernières années, cette presse s'est toujours trouvée du côté des adversaires de l'Empire allemand, — peut-être est-ce là ce qui est cause que M. l'orateur suppose chez tous ceux qui n'appartiennent pas à la presse du parti, ce sentiment dont je parle (^). Il a un coup d'œil

(^) V. suprà^ p. 29. Le chancelier s'était servi, dans le même sens, d'une expression encore plus forte: bruttUité,

(2) à regard de ces auxiliaires des ennemis de PEmpire.

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