LB JOURNAL DU PARTI- CENTRE
trop clair et trop perçant pour ne pas se rendre nettement compte des conséquences que pent avoir Tattitude de la presse du parti, et ponr ne pas apercevoir qne peu à peu chez le peuple allemand se fait jour cette idée: cla Oer mania ne représente pas r Allemagne, elle ne représente en aucun cas ni d'aucune façon les intérêts allemands». — De là jusqu'à la conviction qu'elle combat, où elle le peut, les intérêts de l'Empire allemand, il n'y a qu'un petit pas, et ce pas même sera fait; les électeurs catholiques arriveront à une telle conviction.
M. l'orateur a commencé son discours en félicitant la Germania de la bonne impression qu'elle a produite sur moi (*). Je ne sais comment elle pourrait me faire une impression, — je ne la lis pas, je ne la reçois pas; car comment recevrais-je une feuille qui prend à tâche de m'oifenser et me blesser personnellement, autant qu'il lui est possible! J'évite avec soin de la lire. Elle ne peut donc me faire aucune impression.
Mais ce qui me fait impression, c'est de voir ici, comme suite de la Germania^ en quelque sorte comme ses cojurant8(^), les hommes les plus considérables d'une grande fraction — je crois même la majorité du Reichstag — donner leur signature. Ceci a produit sur moi l'impression que la Germania^ cette feuille que jusqu'à présent j'ai si peu honorée,
{HUarité.) a une telle puissance de traîner derrière elle à la remorque cette masse de personnes distinguées, considérables, de gens sages et patriotes. Yoilà ce qui m'étonne.
(^Applaudissements à droite.)
[^) «Qaaod M. le chancelier donne une attention particnlière à an organe de presse qni représente habituellement les vues catholiqaes, je peox lui dire que c^est une satisfaction pour moi do voir que nos feuilles font sur lui une telle impression.» (Discours de M, Wmdthorsl.)
(') Eideshel/er. — Dans l'ancienne coutume allemande, celui qui prêtait serment en justice devait être assisté d'une antre personne qui jurât avec lai.
M. le dépnté Windthorst, reprenant la parole, commeDça par maintenir qu'yen fait tontes les Missions, en dehors des évangéliques, se troavaient exclues.
Le prince de Bimarek: Pourquoi?
M. Windthorst répondit à cette interruption: — «Sans doute les autres Missions sont admises en principe, mais on exige déciles qu'elles soient allemandes, or cette condition est rendue impossible par les lois de mai 1873, TËglise catholique allemande, par suite de Toxpulsion des Ordres religieux, n'ayant plus le moyen de former ni de recruter des missionnaires. . . . Est-ce clair? ...»
Le prince de Bismarck: Non, ce n'est pas clair.
L'orateur combattit ensuite le principe de priorité^ c'est-à-dire le priyilége des Missions établies les premières dans une colonie.
Le prince de Blsnarek: Père Weik. (*)
M. Windthorst: «Je ne partage pas sur ce point l'opinion du Père Weik, parce que, selon moi, la priorité porte atteinte au principe de parité entre les confessions.*
Revenant ensuite sur l'interprétation de l'Acte du Congo, l'orateur répéta qu'on devait s'en tenir à la lettre de l'article 6, lequel établit la libre pratique des Missions dans les colonies, sans distinction de nationalité ni de culte, sans aucune entrave ni restriction. C'est-à-dire que l'exclusion résultant des lois allemandes dans un territoire allemand serait inadmissible. (Tonte la question cependant portait sur ce point dans la présente discussion.) — D'ailleurs, c'était précisément de ces lois — la . législation de 1873 — que le Centre persistait à poursuivre l'abrogation; ce en quoi il avait la conscience d'entendre au mieux les véritables intérêts de TEmpire et de son unité ; car sans la liberté religieuse il n'y avait «aucune bénédiction à attendre pour l'Allemagne.»
M. Windthorst ajouta pour terminer: «M. le chancelier de l'Empire ne peut nous faire un reproche de ce que nous voulions recouvrer ce qui no nous a été enlevé que sous Tore -Bismarck. Le gouvernement du feu Roi Frédéric-Guillaume IV, au régime duquel les catholiques souhaitent de revenir, est qualifié souvent de mauvais gouvernement; l'histoire dira un jour quel était le meilleur de ce gouvernement ou de celui du prince de Bismarck. . . .
{Une voix: Olmûtz — Sedan!)
«... Je pense que des signes sérieux vous avertissent qu'il est temps de faire la paix intérieure, de réunir toutes les forces conservatrices allemandes, et de nous assurer enfin la liberté sur le terrain
religieux.»
(Applaudissements au Centre,)
(^) le Père Weik s'était prononcé le premier pour la priorité; t;. cidessus, p. 46.